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plus naturel et plus efficace de la montrer en action, que de la découvrir, pour la mettre en lumière, dans des faits actuels, constatés, dans des personnages vivans, et dans une sphère où le mérite des actions est encore relevé par leur obscurité même? Signaler de tels faits , n'est-ce pas éclairer l'opinion publique , satisfaire à ses besoins, appeler son témoignage à l'appui de l'autorité des préceptes? En exprimant l'estime générale, n'acquitte- l-on pas une dette, plutôt qu'on ne décente une récompense? Quel est celui de nous qui n'aime à répéter le récit d'une bonne action ? Quel est le père de famille qui ne se complaise à en mettre l'image sons les yeux de ses enfans? Quel est celui qui, les entendant proclamer, indifférent et distrait peut-être jusqu'alors, n'éprouve au fond de son cœur une émotion naturelle et d'autant pins salutaire, qu'elle, sera plus nouvelle peut-être? Sa conscience se réveille et répond aux suffrages publics. Faut-il donc ne mettre sons les yeux de la foule, que l'horrible tableau des turpitudes, des crimes de tout genre , des empoisonnement des assassinats , des suicides qui déshonorent la société , et dont on semble prendre à tâche aujourd'hui de prodiguer à chaque instant , et sous toutes les formes , les hideuses images? Ne sera-t-jl pas permis d'offrir quelque contrepoison pour de si funestes enseignement?, de consoler les amis du bien par 3e plus doux spectacles , de protéger la dignité de la nature humaine, en faisant luire au-dessus de, la fange qui souille la société, le pur et bienfaisant éclat des vertus qui l'honorent? Ah1, sans doute, nous ne prétendons pas offrir aux belles actions un prix vénal; mais nous aimons à les révéler, aies louer, en présence de tant d'êtres faibles, ignorans, qui ont besoin d'être soutenus et éclairés par les bons exemples. Nous les choisissons dans les classes les plus humbles, précisément pour que les pauvres sachent bien que nous admirons surtout les vertus du pauvre; pour qu'ils comprennent mieux encore que ces exemples doivent leur servir de guides! Plusieurs conditions sont donc nécessaires pour que de
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semblables institutions atteignent leur véritable but: et d'abord , que le jugement porté sur les actions qu'on entend rémunérer ne soit point légèrement hasardé ; qu'il émane donc par conséquent de juges compétens; que les faits soient constatés avec un- soin scrupuleux; qu'on ne signale que des actions d'un mérite réel ; qu'on s'attache surtout à celles qui présentent un caractère de constance. S'il est difficile de pénétrer dans tes plus secrètes intentions de leurs auteurs, il serait peu équitable, cependant, d'élever sans motifs, snr lei mobiles qui les déterminent, les doutes et ta défiance. Il y a peut-être moins d'inconvéniens qu'on ne pourrait le supposer, à ne pouvoir les scruter avec rigueur t car les récompenses s'adressent moins à la conscience de celui qui les reçoit, qu'à l'âme des spectateurs, et l'instruction qu'elles offrent à ceux-ci est suffisante , lorsqu'on prête à une action louable les motifs ordinaires et naturels qu'elle annonce.
On ne saurait trop recommander que les solennités consacrées à ces rémunérations aient un caractère moral et grave, approprié à leur objet; il est bien d'y faire intervenir les magistrats, d'y associer les cérémonies religieuses, de les rattacher à d'autres solennités publiques. Il faut aussi que le spectacle soit éminemment populaire, qu'il s'adresse au plus grand nombre de témoins; que, surtout, il soit offert 6 cet classes nombreuses auxquelles il doit servir d'enseignement; que la connaissance des bons exemples, que les témoignages de l'estime publique dont ils sont environnés, soient répandus dans tontes les familles. (1)
Nous ne craignons cependant point d'admettre, et d'appeler même les riches et les gens du monde, a être témoins des solennités où cet hommage est rendu aux vertus obscures.
(1) L'académie française a judicieusement adopté l'usage de faire imprimer i un très grand nombre d'exemplaires , et répandre au pris le plue modique, te recueil des récita où uni exposées les belles sciions qui ont mérité l'appUct- . tien des prix Montyon. Les magistrats aUxquel» elle adresse les médailles dut
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L'éclat qui les environne peut seconder aux yeu;. de la foule, auprès des esprits superficiels, les impressions qu'elles doivent exciter. Il est bien d'ailleurs que les classes supérieures viennent présenter ce tribut de leur estime et de leur respect, aux mérites cachés sous les disgrâces de la fortune. Les gens do monde puiseront peut-être plus d'une leçon dans ce spectacle; ils y apprendront à chérir le pauvre, à sympathiser avec lui, a mieux compatir à ses peines, en admirant les caractères sublimes qui se voilent sous de si humbles apparences. De tels honneurs ne doivent point être prodigués, mais distribués avec réserve, comme avec discernement. Us ne doivent point être altérés par des accessoires qui tendraient a flatter la vanité, ou par des circonstances qui pourraient humilier ceux auxquels ils s'adressent. Il n'est point interdit sans doute, de leur donner un caractère utile, d'y joindre une somme d'argent fort nécessaire peut-être à ceux qui les reçoivent; mais ces dons seront enveloppés des formes inspirées par une juste délicatesse, et propres à ménager celle des personnes rémunérées. Jl est à désirer enfin que ces récompenses soient décernées sur les lieux mêmes témoins des actions qui les ont méritées. Cependant lorsqu'elles sont réunies pour embrasser à-la-fois en un même jour ,les belles actions qui ont eu lieu sur la surface entière d'un grand empire; elles reçoivent un nouvel éclat, comme une nouvelle utilité, de ce raprochement et de cet ensemble qui, dans un magnifique tableau, offre des comparaisons si instructives, et compose comme un harmonieux enseignement morale pratique.
Des souscriptions annuelles ont été établies dans plusieurs villes de l' Allemagne, et à Londres, pour former un fonds spécial de récompenses en faveur des bons domestiques. Cet encouragement s'attache essentiellement à la longueur
chaque localité, ont ordinairement aussi le bon esprit d'en faire la r avec une aolennilé convenable , et de célébrer à cette occasion une sor fête de famille. >