EFFETS DES INSTITUTIONS DE PATRONAGE
des services rendus an même maître, comme à la preuve la plus certaine du mérite de ces services; elle couronne aussi le dévouaient, ce dévoùment de l'âme , auquel les soins in? teneurs de la domesticité donnent souvent l'occasion d'un si généreux exercice, et qui ne saurait être payé par un salaire. Quelquefois aussi, dans les campagnes, les propriétaires ruraux- décernent des récompenses aux valets de ferme dont la conduite a été reconnue la plus digne d'estime, et nous avons vu avec satisfaction cette espèce de prix distribuée par des comices agricoles, devenir l'un des ornemens des fêtes rurales. Ce genre d'institutions a une utilité toute spéciale; il témoigne à une classe d'individus placés dans une situation dépendante, la bienveillance et l'affection de ceux à qui elle prête ses services; il relève leur condition à leurs propres yeux, comme dans l'opinion des autres.
En général, les institutions qui ont pour objet d'honorer les belles actions, en les recherchant dans les classes les plus . obscures de la société, peuvent sans doute, comme toutes les antres choses, dégénérer en abus, si elles s'écartent de l'objet__ même qu'elles se proposent; mais, tant qu'elles lui restent fidèles, elles méritent certainement l'approbation des gens de bien; elles donnent à l'humanité un spectacle dons et utile; elles deviennent comme un livre vivant qui enseigne la réa- i ' ltté de la vertu à ceux qui l'ignorent ou qui l'oublient^ elles ' sèment des étincelles, de vie morale au sein de la société; eUfisjjûûfiourent à ennoblir et à améliorer lesjnœurs popu-, laires. . ~"i
article m. ■
Des effets moraux qu'on peut attendre des iaitilutioiu de patronage.
La sociabilité,, source féconde de qualités estimables ef de lumières, occupe un rang considérable dans cette seconde éducation qui, pour l'homme, se prolonge pendant le
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Cours entier de la. vie. Malheureusement celui qui est placé «densune condition malaisée, en recueille plus difficilemeniles bienfaits. C'est déjàpourlui an grand désavantage, que d'être condamné par la nature de ses occupations et la gène qu'il éprouve, à jouir rarement du commerce de ses semblables. N'aggravez pas encore pour lui ce désavantage, en multipliant tes barrières, en le séquestrant en quelque sorte du reste de la société! Trop de circonstances extérieures et matérielles signalent déjà l'infériorité de sa condition; n'y joignez pas des exclusions injustes! Frère moins favorisé, qu'il n'en continue pas moins à être reconnu pour un frère dans la grande famille humaine! Déjà, en se voyant avoué pour tel, il puisera dans un sentiment profond de cette fraternité, des Influences- propres à l'améliorer. Son âme s'ouvrira plus facilement aux affections; son caractère s'ennoblira; son courage s'accroîtra par la sérénité et la confiance.
SI vous repoussez, si vous tenez à part et à distance, ceux que la fortune a entièrement déshérités; réduits à n'entretenir de rapports habituels qu'entre eux, ils confondront leurs mécontentera ens-, associeront leurs plaintes, sentiront leur tristesse, leur découragement s'accroître ; ils échangeront leurs préjugés. Ainsi se forme, en divers pays, à certaines époques, cette caste disgraciée, espèce de parias au sein de ta civilisation, qu'on appelle la populace, et qui, après avoir
... ggé le rebtUdela société, en devient quelquefois le fléau. Elle
a ses habitudes à part, ses traditions, son langagê^son costume. Elle se considérera comme frappée d'une sorte dé réprobation; elle prendra en haine celte société, des bienfaits de laquelle elle est exclue; elle verra dans l'humiliation, une destinée qui lui est assignée en héritage, et se croyant dégra- . dée, elle ne craindra pas de se plonger dans une dégradation réelle. On verra sortir quelquefois de ses rangs,' des êtres ignobles et féroces tout ensemble, qu'on croirait appartenir à une race étrangère, si, à une grossièreté sauvage, Us ne joignaient lès vices d'une corruption profonde.
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Enfermé souvent par la nature et la durée de ses occupations dans une existence silencieuse et solitaire, l'homme de travail alors ne communique guère avec ses semblables, que pour des stipulations pécuniaires; mais tel est précisément le genre de relation le moins favorable au développement dela moralité. Celles qui lui seraient vraiment utiles seraient celles qui se fondent sur la bienveillance mutuelle et sur l'échange des services.
L'ignorance est de sa nature crédule et disposée à une imitation aveugle. Il se rencontre souvent dans les ateliers des villes et même dans les villages, certains sujets qui, un peu plus instruits peut-être que leurs compagnons, doués surtout d'une plus grande loquacité et d'une plus grande assurance, s'attribuent une sorte d'autorité. On les écoute, on les croit sur parole, on leur obéit. Ce sont plus que des guides, que des arbitres; ce sont des meneurs. C'est ainsi que les erreurs se propagent; c'est ainsi que les passions devJ£nii£ût — contagieuses. Ce pouvoir usurpé s'évanouirait en présence de directeurs plus sages et plus dignes de confiance.
Voilà, detouslesgenres de protection, le plus précieux peutêtre, parmi ceux que pourraient offrir à une foule d'individus peu éclairés, un patronage convenablement organisé. Tous les préjugés ne pourront, être détruits; mais de fausses* impressions seront souvent prévenues. Ceux qui se dévouent pour servir les intérêts du pauvre, avec les motifs les plus désintéressés, ont droit à en être accueillis, quand ils lui offrent leurs conseils. Si, en communiquant avec eux, toutes les pré-; ventions de l'ignorance ne se dissipent pas à l'instant, du moins l'intelligence s'ouvre à la lumière, les idées s'étendent, la violence se calme, la réflexion prend naissance; les bienfaits d'une haute civilisation se répandent insensiblement dans les degrés intérieurs des conditions sociales.
L'élude du cœur humain nous apprend qu'il est, pour les personnes placées dans les conditions inférieures, deux dispositions fâcheuses et auxquelles leur situation les expose;