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rable. Les enfans, en présence des auteurs de leurs jours, apprennent le respect , la confiance, la gratitude. Les frères et les sœurs , dans leur réunion assidue , s'exercent à l'assistance mutuelle, conçoivent les premières notions de la justice, en les associant aux sentimens de la bienveillance.
Les femmes qui ont reçu de la Providence un si beau et si touchant ministère, pour répandre et développer la moralité sur la terre , ne peuvent guère l'accomplir, dans la sphère inférieure de la société humaine, qu'aux titres d'épouses, de mères, de sœurs, de filles, en un mot qu'à un titre conféré ■ par les liens de famille. Seul, il les place dans une situation assez favorable à l'intimité, assez honorable, pour qu'elles puissent devenir ce qu'elles doivent être , de vraies institutrices , dont les enseignemens sont d'autant plus efficaces qu'ils sont plus insensibles. Leurs enseignemens sont plus nécessaires peut-être aux hommes laborieux et peu fortunés, qu'à tous autres : la présence des femmes tempère pour eux ce qu'il y a de trop rude dans les habitudes d'un travail matériel; elle adoucit l'amertume des privations ; elle calme les souffrances, elle dispose à la modération, elle fait goûter, dans l'intérieur de la vie domestique, d'intarissables jouissances. En donnant des consolations, elle inspire la patience; en donnant du bonheur, elle prête de^ forces; elle ranime les sources de la vie; elle embellit la destinée; elle compense avec usure les faveurs de la fortune| Les femmes sont appelées à devenir l'un des principaux instrumens de l'amélioration des mœurs populaires; elles y parviendront à mesure qu'elles prendront un plus grand ascendant au milieu des classes inférieures; à mesure que , par leur propre éducation, elles se rendront plus dignes de cette belle mission. Jetez au contraire la femme hors du sanctuaire de la famille; non-seulement vous la dépouillez de ce touchant ministère ; mais vous l'exposez à corrompre les mœurs que sa présence devait épurer. Séduite, entraînée à former des rapports illégitimes, non-seulement elle abdiqué , en se dégradant, sa
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puissance morale, mais elle devient le plus dangereux instrument de dépravation. Lorsque l'histoire des délits et des crimes se déroule devant les tribunaux., qui ne serait Trappe de voir les désordres de mœurs se produire le plus souvent à l'origine des attentats contre les personnes ou les propriétés qui semblent, par leur nature , devoir lui être étrangers? La femme«icieuse se porte à de plus grands excès, connaît moins de freins ; ses vices sont plus contagieux.
L'état de concubinage enlève à la femme, avec sa dignité, le respect qu'elle avait droit d'obtenir, la confiance en ellemême, et cette autorité tonte bienfaisante qu'elle devait exercer au sein de la famille; tes affections perdent dans son cœur et dans celui de son complice, le caractère qui les rendait fécondes en vertus. L'homme y conserve les tristes privilèges de l'égoîsme, en retour des sacrifices qu'il accepte. La présence des enfans n'a plus de charmes, n'inspire plus les mêmes espérances; ils n'ont pins le même avenir, ils ne répondent plus par les mêmes sentimens.
Le concubinage a, sous plusieurs rapports sans doute, des conséquences moins funestes, lorsque, comme en Allemagne et en Suisse, il prélude en quelque sorte à l'hymen, lorsqu'il est généralement et promptement Suivi par un contrat régulier. Toutefois, il arrive alors que les jeunes personnes sont moins à l'abri des dangers de la séduction, et il en résulte, comme 'l'expérience l'atteste, quç les exemples s'en multiplient beaucoup plus (t). Lorsque au contraire, comme dans les grandes villes, et comme dans une partie de- la France, le concubinage vient usurper la place du mariage, et mettre obstacle au contrat, il contribue en. toutes sortes de manières, à pervertir les mœurs populaires. Cenx qui s'abandonnent à ces liaisons coupables, apprennent ainsi à substituer les plaisirs sensuels aux obligations; le caprice, à la fidélité; le cours aveugle des passions, aux sentimens sacres
(1) D'après Bkket , dans le royaume de Wurtemberg, le rapporl dej nais-
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de la nature. L'homme alors se croît libre, mais d'une liberté funeste, celle qui lui permet de sacrifier ceux qui l'entourent - à ses propres passions. La femme rougit de la situation qui eût dû faire son honneur; eHe est dépouillée, pour sa vie entière, du caractère qui alimentait ses vertus et qui servait à les propager. Les deux coupables vieillissent-ils ensemble? ils trouveront peut-être un fardeau dans celte communauté qui devait être leur force. Se séparent-ils? l'un emporte ses remords dans l'isolement; l'autre reste abandonnée dans sou déshonneur. En attendant et pendant que durent les liens
sauces d'eu fan » naturel» à la' totalité des naissances, qui était, avant 16)6, de 3,1 0 tur cent , s'est «levé depuis à 6,34. En Autriche, avant 1785, il était de4,382 sur cent. ' De 1785 a 1815, de 4,704.
En Suède, il était -avant 1815, seulement de 3,81 sur cent , depuis cette époque, il aérait de 7,48.
A Paria, le rapport de* enfens naturel) anx enfans légitimes , qui était de 1808 à 1813, de 65,483, n'a été de 1814 h 1 SI A, que de 60,482, de 1810 à 1830, dé 54,695, de 1831 à 1833, de 53,167, de 1834 k 1836, de 61,158, en 1836, do49,88i»
Il y a donc eu diminution progressive depuis 30 ans, au contraire, danjte* département, le rapport a été croissant
de 1818 a 1823 9,410
de 1823 à 1830 ï,770
, de 1830 à 1836 8,200
(Voyez le discours de M. le baron Dupin, la S décembre 1 838, au Corner. nloire des art* et manufactures.)
En 1 838, la rapport des naissances des entant illégitimes au total des nais.
sauces, a été de 1 à 13,040 ou de 3,088 sur cent.
Le marne rapport est aujourd'hui, suivant Bicket, en Prune,
de ■ i 9,446
Dans le Hanovre, de 8,460
En Saxe, de 3,740
liant le grand duché de Hem, da '..;■ 7,340
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incertains et fragiles d'une fausse société, la confiance, la sécurité ne peuvent y régner. Les deux coupables ne peuvent s'aimer qu'à demi, puisqu'ils ne peuvent pleinement s'estimer; ils se communiquent leurs vîçesj plusqne leurs bonnes qualités.
' Et quelle sera la situation des enfans nés d'un commerce illicite! Déjà leur naissance seule, quelque innocens qu'ils en soient eux-mêmes, met obstacle à la considération qu'ils eussent pu espéref dans le monde, et combien l'espoir de la considération n'est-il pas nécessaire pour développer les qualités du caractère! L'enfant naturel se considère en quelque sorte |I comme un étranger, an sein de la société; il y cherche en vain f\ des appuis; il ne peut réchauffer son âme an foyer domestique; il ne peut ni tourner ses regards vers ses parens pour les honorer 'et cn-èf ro béni, ni presser ses frères contre son cœur. Si c'est une fille, elle aura plus de peine encore à obtenir une position honorable; il loi sera difficile d'obtenir le rang d'épouse et de trière. Les orphelins, quelque malhe.tir.cux qu'Us soient, se trouvent cependant bien moins à plaindre : il leur reste des parens plus ou moins proches; aucune prévention ne les repousse.
Si le nombre prodigieux d'enfans illégitimes qu'accusent aujourd'hui en Europe les états de population, afflige les amis de la morale, en leur annonçant toute l'étendue des désordres qui multiplient de telles naissances, il les l'afflige aussi en faisant prévoir que les enfans issus d'une semblable origine seront beaucoup moins puissamment assistés dans leur développement intellectuel et moral. Gomment ne s'inquiéterait-on pas de cette apparition d'une population nombreuse et toujours croissante, composée d'individus qui ne tiennent à personne par des liens connus, qui ne peuvent avouer lenr naissance, et qui ne vivent point des saintes affections de la famille?
Il est constaté que la mortalité des enfans naturels est beaucoup plus considérable que celle des enfans nés en légi-
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lime mariage (1). Ce 'phénomène s'explique naturellement par le désavantage qu'ont les premiers, de ne pas jouir de la protection que les seconds trouvent au sein de la famille ; il prouverait an besoin combien cette protection est nécessaire à l'enfance. Que si elle est nécessaire pour conserver la vie même de ces jeunes créatures, combien n'est-elle pas plus indispensable encore pour leur procurer les bienfaits de l'éducation pour les protéger contre la misère, et surtout pour les former aux bonnes mœurs!
En Angleterre, les enfans naturels étaient à la charge de la paroisse, lorsque le 18" statut d'Elisabeth (chap. 3, sect. 3) en se fondant sur ce que cette obligation tournait au détriment des Vrais pauvres, et encourageait les mauvaises mœurs en propageant les mauvais exemples, a imposé aux paréos le devoir de pourvoir eux-mêmes aux besoins de leurs enfans illégitimes-, et a ordonné de les tenir en prison jusqu'à ce qu'ils aient fourni caution suffisante pour l'accomplissement de ce devoir. Plusieurs lois ont confirmé cette responsabilité et aggravé les peines (2) : mais elles n'ont pu atteindre leur
(1) II suffira de citer ici l'exemple de la Prusse : en Eo&m Kg, NnnnU.
6»n»,del82oàl831, il est né daju Ce royaume. 2,7(18,907 et 102,6-37
Il est mort . , 476, Ht 60,839
Et pr conséquent sur 1 00 naissances, ilcslmort 0,1767 0,264
Far conséquent U mortalité parmi les enfans naturels a été supérieure d'environ moitié, à celle qui a eu lieu parmi les enfans légitime» (Bicltes : die Btwcgung dtr Bevoelktnmg, etc. Supplément, page 41.)
On estime que depuis le bill de 1834, le nombre des naissances d'enfans illégitimes a diminué eu Angleterre de près de 3000 par an. On l'évaluait en 1831 à 20,000 environ; en 1836, à 17,000 environ.
Le nombre des enfans naturels a la charge des paroisses, était en 1835, pour l'Ângleterre et le pays de Galles, de 71,288
et en 183B, de 01,826 seulement.
Yoy. le 2" animal report , pour 1838, pages 18 et 10. . (2) 7° statut de Jacques l", ebap. 4 ; 60' statut de Georges HI , chap. 61 ; 13' etl4" statuts do Charte» n, chap. 11,