‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 83 sur 132 · S86 S1C0HDB FA&TIX. UTO OI. CHAP. IV · texte numérisé non relu

S86 S1C0HDB FA&TIX. UTO OI. CHAP. IV

l'autorité, cette grande garantie de l'ordre moral dans la société humaine, et que tant de circonstances tendent à obscurcir, se montre ainsi, dans tout son éclat, fortifiée par l'amour, la confiance et la gratitude. Honorez donc le mariage, pour que les titres qu'il confère soient mieux appréciés, pour que les obligations qu'il impose soient mieux senties! Resserrez les liens qui unissent la famille! faites en sorte que chacun de ses membres considère, non comme une charge, mais comme un privilège, les sacrifices qu'il doit faire au autres! M'encouragez pas l'égoïsme individuel, Jà où il faut entretenir le dévouaient réciproque! Ne dites pas, aux paréos ; * Nous « vous offrons un moyen facile de vous débarrasser de vos ente fans, en vous soulageant des frais de leur éducation; » ans ■ enfuis : « Nous vous délivrerons de l'ennui de soigner vos « parens, dans la vieillesse et la maladie ! » Non, non; ne venez jamais encourager l'oubli des devoirs de la nature; venez au contraire en favoriser l'accomplissement ! Protégez surtout les familles vertueuses, écoles domestiques toujours vivantes, où se perpétuent les traditions honorables! (1)

La vie commune a par elle-même une précieuse efficacité pour resserrer les liens qui unissent les hommes; elle enseigne les règles de l'équité; elle accoutume sus égards réciproques; elle exige certaines règles de discipline, qui familiarisent avec les notions de l'ordre; elle excite l'émulation; elle entretient les affections! elle assure aux qualités estimable» un ascendant naturel. A défaut des liens de famille, l'ouvrier trouvera du moins dans la communauté d'existence, des encouragemens et des leçons; l'atelier pourra devenir pour lui comme une seconde famille, s'il y trouve des chef» et des compagnons convenablement disposés. Heureux s'il peut acquérir des amis, et surtout des amis dignes de'ce titre, et dans le commerce desquels il ne puise que de bons exemple! et de louables sympathies !

(1) Voj'. ci-ileYMiï, 1" («nie, Iiv. u, chip, 5, Ml. 0, tome u, page SfiSv

D,9,tizedo, GoOgIC

DU CONTEHTEMEUT. 387

Dans ces écoles d'arts et métiers, dans ces écoles rurales, destinées à former de bons chefs d'atelier, des cultivateurs habiles, unissons donc aux enseignera ens techniques, des directions morales qui préparent, dans les sujets qui y seront formés, des modèles et dés guides pour les classes laborieuses, et qui y propagent un jour les habitudes vertueuses !

Du contentement, dans les classes laborieuses.

Le désir d'un légitime avancement, l'espoir d'une amélioration progressive dans sa destinée, sont indispensables à l'homme de travail, pour entretenir son activité et son courage, au milieu des fatigues qui lui sont Imposées. Et à qui les perspectives d'un meilleur avenir sont-elles plus nécessaires, qu'à celui auquel le présent est si rude? Tel est aussi le motif pour lequel nous avons revendiqué avec instance l'émancipation du travail et la liberté des transactions, pour lequel nous avons invoqué les progrès de l'industrie, et le concours d'un bienveillant patronage.

Mais ce désir, cet espoir, ne doivent point être exagérés; ils doivent se renfermer dans les limites de ce qui est possible, et surtout de ce qui est juste; ils ne doivent point dégénérer en une vague et ardente inquiétude, en une ambition Impatiente, qui chercheraient à se satisfaire par des voles irrégulières, qui porteraient le trouble dans les âmes, le désordre dans les idées. L'existence de l'homme utile en serait empoisonnée; sa moralité en serait affaiblie. Savoir se contenter de la situation qui lui est échue, est pour la créature humaine non-seulement une source de bonheur, mais aussi un devoir. ■ Ce contentement protège l'exercice de plusieurs vertus, garantit de plusieurs dangers, conserve à la raison sa sérénité, à l'âme le calme dont elle a besoin. On peut aspirer a être mieux, sans s'irriter de l'état présent; c'est même une con-

Page 1