‹ De la bienfaisance publique; (volume 5)Chapitre 84 sur 132 · SECONDE PARTIE. LIVRE III. CRU. IT · texte numérisé non relu

SECONDE PARTIE. LIVRE III. CRU. IT

ditioii pour atteindre le but, que de ne pas se hâter hors de mesure, et que de suivre avant tout les conseils de la sagesse.

Savoir être content de son sort, constitue la vraie philosophie populaire. Cette maxime est à l'usage de tous les hommes. Les ambitions les plus vives se manifestent souvent de préférence dans les conditions les plus fortunées. Combien d'êtres estimables, dans les rangs les plus obscurs, se montrent avec un visage satisfait, coulent paisiblement leurs jours ! C'est que le contentement dépend moins des circonstances extérieures, que des dispositions individuelles.

Eloignez donc des regards de l'homme de travail, te spectacle de ces fortunes acquises en un jour, les séductions de ces jeux de hasard qui font obtenir la richesse sans le travail! Eloignez de sa pensée les illusions qui l'agiteraient sans fruit, qui le dégoûteraient de sa modeste destinée! A quoi lui servent ces assemblées, ces processions solennelles et confuses, auxquelles vous le conviez, sinon à lui faire perdre son temps et à satisfaire la vanité de quelques orateurs qui ne s'entendent pas eux-mêmes. Pourquoi l'entretenez-vons de droits prétendus qu'il n'est pas appelé à exercer .directement? Pourquoi lui promettez-vous des avantages chimériques, et auxquels il ne pourrait participer, surtout par la route que vous lui tracez? Où sont ces trésors que vous voulez lui distribuer, sinon dans le développement naturel des travaux dont vous le détournez, et dans le règne de l'équité contre lequel vous tentez de le révolter? On a fait cette judicieuse remarque (1) : les ouvriers que séduisent le plus facilement de telles déclamations, sont précisément ceux qui ont le moins à se plaindre de leur situation présente. Ah! puisque vous portez à la classe ouvrière un si vif intérêt, enseignezlui le calme, la modération, la tempérance! Mettez-la en garde contre les vaines prétentions, contre les besoins factices! Montrez-lui, non ce qui lui manque, mais ce qu'elle

(1) De l'Organisation ioeiaie, par M. Emile Tincens, page 88, tic.

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