‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 123 sur 450 · L1VRE 1. CHAI». I · texte numérisé non relu

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sons ordinaires de l’industrie privée. L'émulation en sera chez lui mieux excitée, mieux soutenue; il s’offrira, aussi de cette manière, une plus grande variété d’occupations entre lesquelles on pourra rencontrer celle qui sera Je mieux à sa convenance.

Par une autre conséquence du même principe, il sera toujours mieux d’occuper l’indigent à la tâche, qu’à la journée. Ce mode aura de plus l’avantage de lui servir d’épreuve.

J)es difficultés qu'on rencontre pour procurer de V ouvrage aux indigens.

La, il faut le dire, est la véritable difficulté dans la pratique. En vain vous trouvez de l’emploi à l’ouvrier indigent, s’il refuse de l’accepter, ou s’il l’abandonne, ou si la personne qui l’occupait, le lui retire. On n’aime point à employer un travailleur imparfait. On prise peu l’ouvrier qui manque de diligence et d’aptitude, et son œuvre paraît toujours payée trop cher. Vous croyez avoir sauvé votre indigent; en revenant peu de temps après, vous le voyez retomber dans la situation dont vous espériez l’avoir tiré. D’ailleurs les personnes qui ont de l’ouvrage à donner, n’emploient qu’avec répugnance les gens qui portent la livrée de la misère. L’indigent lui-même éprouve une timidité qui met obstacle à son succès, dans tout ce qu’il entreprend. Ainsi s’explique l’inutilité des efforts tentés par la bienfaisance, pour procurer de l’ouvrage à la plupart des indigens valides.

11 n’est qu’un moyen d’obtenir de meilleurs résultats : c’est de rendre à l’ouvrier imparfait, la disposition au travail, qui lui manque ; si c’est l’amour du travail, en réveillant son activité; si c’est l’aptitude, en achevant son éducation.

Triompher de l’indolence, surtout quand elle est devenue une habitude, n’est pas une entreprise facile. La bienfaisance doit recourir à la philosophie, pour en découvrir les moyens. Elle sera contrainte alors de s’avouer que le premier de tous est l’aiguillon du besoin. Le besoin est destiné par la nature même à exciter l’industrie. Les peuplades sauvages, après avoir satisfait aux plus grossiers appétits, n’aspirent plus qu’au repos [i] . Les contrées les plus fertiles, dans

[î] « Les peuples des différentes tribus de l’Améri- a que , dit Robertson, passent leur vie dans une indo-

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