LIVRE I. CIIAP. I
De l’emploi libre des indigens, par des particuliers.
Mais pourquoi recourir à ces moyens de contrainte?
S’il y a du travail à donner, pourquoi l’indigent capable de l’exécuter ne l’obtiendrait -il pas naturellement? s’il n’y en a pas, à quoi sert la réquisition?
Cependant, il y a en effet du travail à donner, et l’indigent ne l’obtient pas. Ici il faut pénétrer plus avant, et découvrir les causes.
Ces causes peuvent être très-diverses.
La plus commune, nous l’avons révélée : cest que l’indigent est un ouvrier imparfait; c’est alors sur l’ouvrier, comme nous le disions tout-à-l’heure, qu’il faut agir.
Quelquefois ceux qui pourraient employer, et ceux qui ont besoin detre employés, ne se trouvent pas en présence, en contact les uns avec les autres. On peut ouvrir entre eux les relations qui leur permettront de s’entendre. L’administration des secours publics servira d’intermédiaire. Elle tiendra un registre des indigens qui demandent à être occupés ; elle y indiquera le genre d occupations dont chacun d’eux est capable.
Dans le royaume de Wurtemberg, les gardiens de nuit sont chargés d’un office semblable; les journaliers s adressent à eux pour trouver de l’emploi, et les particuliers leur demandent des travailleurs.
Les bureaux de placement créés par les institutions de patronage, et qui ont déjà été proposes, satisferaient mieux que tout autre moyen, à ce besoin dont les occasions sont si fréquentes; ils laisseraient sans excuse les indigens de mauvaise volonté.
Quelquefois l’indigent est privé des métiers, instrumens, outils nécessaires à l’exercice de sa profession. Quelquefois, exerçant une profession qui l’oblige à avoir un approvisionnement de matières premières, il n’a pas les moyens de s’en procurer. On lui fournira ces objets indispensables, sauf à lui faire seulement l’avance de la dépense, et à convenir avec lui qu’il la remboursera successivement.
Quelquefois l’indigent, couvert des haillons de la misère , n’ose pas se présenter chez ceux auprès desquels il pourrait trouver de l’emploi ; il rougirait, il craindrait d’être vu avec défaveur,