FOURNITURE D’OUVRAGE
de ne pouvoir offrir des garanties suffisantes; il s’éloigne même de ses anciennes relations, redoutant leurs dédains; et ne voulant pas les rendre témoins de sa détresse. On l’aidera à se procurer une mise décente et les effets nécessaires, pour éviter l’impression fâcheuse que produit toujours l’aspect d’un entier dénûment.
Quelquefois la profession de l’indigent est du nombre de celles qui ne s’exercent que pendant une certaine saison de l’année ; quelquefois il arrive que les travaux de sa profession se trouvent restreints, par un changement survenu dans les habitudes des consommateurs, dans les procédés de l’industrie, ou par d’autres causes qui réduisent les demandes du commerce, d’une manière plus ou moins passagère ou durable. Alors; on s’étudiera à lui indiquer d’autres genres d’emploi auxquels il puisse se livrer; on l’aidera à se mettre en état de les remplir.
Lorsque la supension des travaux est de peu de durée, on peut rencontrer plus de difficultés à organiser, pour les indigens, des moyens d’être employés.
C’est surtout dans les campagnes, que les rigueurs de l’hiverenlèvent les occasions ordinaires de travail aux indigens valides, et c’est là aussi que, pendant ce temps, il est difficile de leur créer d’autres moyens de s’occuper. Des métiers de tissage pour la laine ou le lin, la fabrication des bas, les travaux sur le bois ou le fer, s’ils sont introduits dans les villages, offriront alors de précieuses ressources. Mais, cette création ne s’opérera pas toute seule : il faudra que des capitalistes, des chefs d’industrie, des personnes zélées et généreuses, lui donnent le souffle de la vie, en dirigent, en secondent l’essor. De nombreux exemples existent. Pourquoi ne seraientils pas imités?
Souvent, enfin, il faut en convenir, les indigens sont repoussés par ceux qui pourraient les occuper, par le seul effet d’une répugnance instinctive, d’une prévention générale à laquelle leur misère seule les expose. On a une crainte vague que leur détresse ne soit l’effet du vice, la suite de la fainéantise, ou lcsymplùmc de l’incapacité. On redoute d’avoir bientôt un fardeau à supporter, au lieu d’un ouvrier utile. Alors l’intervention d’un répondant, d’un patron honorable, lèvera ces obstacles d’autant plus puissans qu’ils sont moins définis. Il dira quelles sont l’estime et la confiance dont le pauvre est digne; il l’appuiera de sa recommandation, et en expliquant n.
son malheur, il en fera pour lui un titre de plus à la bienveillance.!
Découvrir ces causes diverses, quelquefois si obscures, en triompher, est sans doute une tâche délicate, laborieuse. Il ne suffit pas ici de formules générales ; il faut beaucoup de recherches, de démarches, une certaine expérience. L’œuvre sera plus facile, si une bonne administration des secours à domicile est instituée. Ses membres seroôt naturellement placés pour ouvrir à l’homme diligent les débouchés qui lui manquent, et pour lui obtenir auprès de ceux qui peuvent l’occuper, un accès favorable.
Celte combinaison, lorsqu’elle est exécutable, est, à tous égards, préférable. Elle laisse mieux à l’industrie son cours naturel; elle encourage mieux la dignité du pauvre; elle lui ouvre des emplois plus variés, mieux adaptés aux capacités individuelles.
Si cependant, on ne peut pas réussir à la réaliser, ou du moins à y trouver des ressources suffisantes; si l’industrie privée n’ouvre pas une carrière assez large pour employer les indigens capables de travail, il faudra recourir aux établissemens publics.
Du travail à domicile.
Fourniture d’ouvrage.
En première ligne se présentent ceux qui fournissent de l’ouvrage aux indigens dans leur propre demeure.
Dans ce système, on fournit à l’indigent la matière première, et l’on reprend ensuite les objets confectionnés, en lui allouant un salaire déterminé à la tâche. On lui fournit aussi le métier et les autres instrumens nécessaires, s’il tte peut s’en pourvoir lui-même.
Ce système satisfait spécialement aux convenances , lorsqu’il s’agit de procurer du travail aux femmes, aux vieillards, aux infirmes. Cette classe d’indigens est peu à portéed’aller chercher de 1 ouvrage. 11 est utile que les femmes restent dans leur ménage; les vieillards et les infirmes peuvent difficilement se déplacer, chaque jour, pour aller au travail.