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INSTITUT DE HAMBOURG

aux femmes indigentes, du chanvre à filer, et en emploie d’autres à coudre. A Bâle , la direction charitable occupe aussi les indigens à domicile, par le travail de la filature; le fil est remis à des tisserands, et la toile mise en vente. Cet exemple est suivi dans plusieurs villes de la Suisse et de l’Allemagne. Il est généralement adopté dans celles du Wurtemberg [t]. A Francfort-sur-le-Mein , une société charitable de dames , emploie plus de deux cents femmes indigentes, à coudre, à tricoter, filer, et leur distribue, annuellement, o'oOO florins en salaires.

Le bailli Faber, à Nutlingen, dans le royaume de Wurtemberg, donna, le siècle dernier, un bel et remarquable exemple du bien qu’on peut opérer en employant utilement les indigens de la manière qui vient d’être exposée. Bientôt après, en 1766, cet exemple fut généralement recommandé dans tout le pays, par un rescrit du gouvernement. Il fut prescrit à l’administration des secours publics, de procurer aux pauvres du travail , sans les arracher à leur domicile, comme de leur donner à filer, les occuper dans les champs [2].

La société des amis du travail des pauvres, formée à Anspach , qui a été citée il y a un instant, emploie une partie du montant des souscriptions , à acheter des matières, à payer des salaires,

Continuation du même sujet. — Exemple de l'institut

de Hambourg.

Mais il n’existe, dans l’histoire des secours publics , aucun exemple aussi remarquable de ce genre d’assistance, que celui de l’institut des pauvres de Hambourg, soit qu’on considère les règles qui y ont présidé, le mode d’exécution, ou le succès obtenu. Le généreux baron de Voght en a été le principal créateur, et cette œuvre lui a valu l’une des plus douces illustrations qui puissent s’attacher au nom d’un homme de bien.

Ce fut en 1788, que l’institut de Hambourg adopta la règle fondamentale de n’accorder aucun secours à l’indigent capable de travail, et de n’accorder à celui qui est capable d’un demitravail, que ce qu’il peut gagner à l’aide du travail possible pour lui ; en offrant à l’un et à l’autre l’ouvrage qu’il peut exécuter, et en leur enseignant à travailler dans le cas où cela serait nécessaire.

Les fondateurs reconnurent qu’il est impossible de juger avec certitude si un pauvre emploie toutes ses forces pour gagner sa subsistance, s’il est vrai qu’il ne trouve pas d’ouvrage, ou si cette allégation n’est qu’un prétexte.

Ils réfléchirent que, dans cette incertitude, on court le danger de commettre une grande injustice, si , agissant arbitrairement et à l’aveugle, on refuse l’assistance qui serait due ; ou, ce qui arriverait le plus souvent, d’accorder une assistance qui ne serait pas nécessaire, d’encourager ainsi la fainéantise, et les vices qui en sont la suite.

Us ne virent pas d’autre moyen pour échapper à ces inconvéniens , que d’offrir à chaque indigent des deux sexes, capable de travail, et qui prétendrait être sans ouvrage, une occupation suffisante pour lui procurer le nécessaire.

Us pensèrent que l’ouvrage ainsi offert devait être moins lucratif que celui auquel l’industrie ordinaire donne lieu, afin de laisser à l’indigent un motif pour ne point recourir sans nécessité à l’intervention de l’institut, et pour chercher à se faire employer lui-même.

Us voulurent éviter d’occuper les indigens d’une manière qui put préjudicier aux ouvriers établis, et choisir un genre d’ouvrage facile à apprendre et facile à abandonner.

11s n’adoptèrent point l’idée d’une maison de travail, établissement qui leur parut trop coûteux.

Enfin, ils repoussèrent toute combinaison tendant à imposer au pauvre un travail forcé; surtout dans le désir de conserver dans l’âme du pauvre, ce sentiment de dignité qui ne peut y être trop soigneusement entretenu [3].

[1] C’est ainsi qu’il a été formé des établissemens de filature à Marbach, en 1795 ; à Tubingen, en 1796; à Mark-Groninger, en 1798; àWeinsberg, en 1807, etc.

[2] Voy. l’intéressant ouvrage deM. Schmidlin, intitulé : Allgemeiner umriss des Wurtemberg ischen armen-wesen (Stuttgard, 1830).

[3] L’institut de Hambourg, si justement célèbre, a

été plusieurs fois décrit, et la collection, publiée parles ordres de François de Neufchâteau, renferme, à son sujet, une notice très-intéressante. Mais un tableau historique de cet établissement, depuis son origine jusqu’à ce jour, vientd’étre publié par M. le baron de Voght, lui-même (Hambourg, 1838, en allemand) et nous lui empruntons les détails que nous présentons ici.

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