DE L’EXÉCUTION DU SYSTÈME PROPOSÉ
« personnes, en se chargeant de leur fournir les (t matières et de vendre les produits. 5» La dépense, pendant le courant de cette année, 1835, fut de 2440 marcs; les salaires payés aux indigens montèrent à 4916 m. Les travaux consistèrent essentiellement en épluchage, fdature, dévidage, tissage d’étoffes grossières, coutures, confection de chemises, paillasses , jaquettes, robes, blouses pour les enfans , tricotage de bas et chaussons, et autres ouvrages offerts par le public aux indigens. En 1836, le nombre des travailleurs s’élevait à près de 1300, et les produits des salaires à plus de 19,000 marcs. Le capital del’établissement montait à 33,670 m.[i].
Le salaire payé aux pauvres, de cette manière, est toujours maintenu au-dessous de celui qu’ils gagneraient en se procurant de l’ouvrage par eux-mêmes.
La commission chargée de la direction de ce service, se concerte pour obtenir des commandes, des matières, pour diriger les travaux, avec la députation dite des fabriques , c’est-à-dire avec une commission industrielle, et c’est en partie à un semblable concert, qu’elle est redevable de ses succès.
Boutiques de vente , pour les produits.
Il est des indigens qui sont en état de travailler à leur propre compte, de préparer des objets propres à être versés dans le commerce, mais qui sont embarrassés pour trouver un écoulement aux produits qu’ils ont exécutés. Les ventes instituées par quelques administrations charitables, les soulagent de cet embarras, les encouragent à s’occuper activement, les stimulent aussi à bien faire, par la certitude d’en recueillir le fruit; une émulation salutaire est excitée; le pauvre voit ses efforts jugés et appréciés; le public visite avec intérêt ces magasins où il peut répandre un bienfait, en se procurant un objet utile.
Dans cette combinaison, la matière première peut aussi être fournie à l’indigent, en retenant sur la vente de l’objet confectionné, le prix qu’elle a coûté.
On voit à Stuttgardt un magasin de ce genre, 'qui peut servir de modèle.
[»] Ouvrage précité, page 161.
Mais ce système ne doit être employé que dans une sphère restreinte. Réalisé sur une trop grande échelle, il causerait une concurrence nuisible à l’industrie indépendante; il accoutumerait trop les pauvres à se reposer sur les bons ofliccs d’autrui, pour des soins qu’ils doivent prendre eux-mêmes; il jetterait l’administration dans des embarras qu’elle doit éviter.
Ce système convient particulièrement pour assister les pauvres houleux qui, par les circonstances qui leur sont propres, ne peuvent se mettre en évidence; qui sont souvent capables d’exécuter certains objets d’arts, certains produits de luxe; mais qui ne pourraient en trouver le débit par eux-mêmes. Leur en procurer le placement, c’est les assister de la manière la mieux entendue et la plus délicate.
Moyens de faciliter l’exécution du système
proposé.
Le moyen le plus convenable pour procurer aux indigens en état de faire quelque travail , l’ouvrage dont ils sont capables, sans déranger en rien l’économie naturelle et la marche ordinaire de l’industrie locale, consiste à établir auprès des maisons de secours qui doivent être le centre et le pivot du régime des secours à domicile, un service spécialement organisé à cet effet. On tiendrait dans le bureau de la direction, un registre des indigens susceptibles d’être utilement employés. Ils y seraient divisés en deux classes : la première comprendrait les indigens valides qui sont en état d’exécuter un travail complet; la seconde ceux qui, à raison de l’âge ou des infirmités, ne peuvent faire qu'un demitravail. On y tiendrait note également du genre d’ouvrage auquel chacun d’eux serait jugé plus particulièrement propre. Le même bureau inscrirait sur un autre registre, les personnes qui seraient disposées à fournir de l’ouvrage aux indigens, et celles-ci seraient aussi partagées en deux classes, comprenant, l’une, les personnes qui consentiraient à entrer en rapport direct avec les indigens, pour les employer elles-mêmes; l’autre, celles qui préféreraient en donner la commission au bureau. En comparant entre elles ces différentes indications, aidé d’ailleurs des renseignemens obtenus par l’administration des secours à domicile, sur la diligence et la moralité