LIVRE I. CIIAP. II
« 3° Enfans de 7 à 13 ans ; u 4° Femmes âgées et infirmes ;
« 3° Valides et filles adolescentes au-dessus de 16 ans ;
« 6° Filles de 7 ans à 16 ;
« 7° Enfans des deux sexes au-dessous de 7 ans. « Chaque classe doit occuper un quartier sé- «i paré ; toute communication doit être interdite «i entre les différentes classes.
« Les pauvres doivent être occupés à l’ou- « vrage dont ils sont capables ; soit pour le série vice des autres établissemens des cantons, « soit pour toute autre destination marquée par « la commission administrative. Les heures de u travail sont réglées. La nourriture doit être u fixée de manière à ce qu’elle ne surpasse ni en « qualité, ni en quantité, le régime ordinaire u des travailleurs du canton. Aucun pauvre « n’est autorisé à boire du vin, de la bière ou «< d’autres liqueurs fermentées, sans un ordre « écrit du médecin ;
« L’indigent est appelé au travail à 7 heures « en été, à 8 en hiver; et y est occupé, sauf le « temps du repas, jusqu’à 6 en toute saison. Il «i ne lui est point permis de travailler pour son « propre compte; le produit du travail appartient « à la maison ;
<£ Aucun étranger ne peut visiter le pauvre, « si ce n’est avec l’autorisation du directeur, et u sous les réserves par lui prescrites;
<t Tout pauvre qui viole les règles :
<c Soit, en rompant le silence prescrit,
«t Soit par des paroles obscènes ou inconvenantes.
« Soit en insultant un de ses camarades,
« Soit en manquant à la propreté,
« Soit en négligeant ou refusant l’ouvrage,
(t Soit en feignant l’état de maladie,
«t Soit en détruisant ou gâtant les objets qui « lui sont confiés,
«t Soit en causant quelques dommages à l’établissement,
« Soit en désobéissant aux chefs,
« Est jugé coupable de désordre, confiné dans «t un appartement séparé, soumis à porter dans <t ses vêtemens une marque distinctive, ou à « suivre un régime particulier de nourriture, « prescrit par les administrateurs;
« En cas de contraventions plus graves, ou de
«récidives, il est déclaré réfractaire et puni « plus sévèrement.
« Des inspecteurs sont chargés de visiter pé- « riodiquement la maison; des instructions dé- « terminent les objets qu’ils sont spécialement « tenus d’examiner. »
Les réglemens tracent en détail tous les devoirs des différens officiers de l’établissement [i].
Le régime d’alimentation varie suivant les localités. Dans quelques maisons de travail, on donne de la viande, 3 ou 4 fois la semaine, aux valides. Généralement on accorde une once de thé, du sucre et du lait, aux vieillards des deux sexes, en échange de quelque aliment substantiel. Les enfans au-dessous de 9 ans, sont nourris suivant les besoins de leur âge; les adultes reçoivent de 10 à 14 onces de pain, par jour, suivant les sexes [2]. Des soins bien entendus sont donnés au chauffage des salles, à la ventilation [3]. L’instruction religieuse est l’objet d’une sollicitute particulière [4].
Jusqu’à ce jour, on a lieu d’applaudir aux réformes qui ont eu pour objet de porter dans ces établissemens, un ordre plus régulier, une plus sévère discipline. Cependant, on est frappé de voir que la condition fondamentale qui avait été adoptée, celle de ne pas offrir au pauvre, dans ces maisons, une existenee plus confortable que celle de l’ouvrier indépendant, n’a pas été véritablement remplie, surtout dans certaines contrées ; que les améliorations apportées dans le régime, la salubrité, la propreté , la sécurité deviennent un attrait qui fait desirer d’y être admis ; que les pauvres y sont mieux logés, mieux couchés, mieux vêtus et mieux nourris que s’ils eussent vécu du travail de leurs mains, et qu’ainsi on sollicite comme une faveur de venir y passer ses jours [5].
Maisons de travail , en Suisse.
La Suisse a mis à profit les exemples de l’Allemagne et de l’Angleterre. Les maisons de travail s’y sont multipliées; elles se sont même étendues dans les communes rurales; elles ont pris un caractère essentiellement municipal.
[t] First annnal report, etc. Londres, 1835, page 96.
[2] Voy. Second annual report, etc. circulaire, n°7, page (53.
[3] Ibid., Appendic e, circulaire, page 493.
[4] Ibid. Circulaire, n.8, page 67.
[5] Ibid., Appendice, circulaire, page 497.
2 il