TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. CHAP
dotations, les subventions de l’état, celles des communes, les dons des particuliers.
Elles admettent des pensionnaires payans, moyennant une rétribution de 48 centimes par jour.
La maison de travail de Milan se compose de deux édifices séparés, l’un pour les hommes, l’autre pour les femmes. Elle renferme habituellement 580 à 400 internes des deux sexes; mais elle reçoit aussi mille externes qui viennent y chercher du travail. Enfin, elle fournit du travail à domicile à environ 14,000 personnes par année. Trois élémens divers se réunissent ainsi dans cet établissement.
Les ouvriers internes travaillent ou à la journée, ou à forfait.
La paie des premiers est de 40 centimes pour les hommes, de 50 pour les femmes.
Celle des seconds n’est que de 55 centimes pour les hommes, 25 pour les femmes; mais ils y joignent tout le produit du travail qu’ils peuvent faire en sus de leur tâche.
Les externes sont payés selon la qualité de leur ouvrage, et d’après les échantillons adoptés; le prix est fixé chaque année.
Les internes reçoivent le logement et l’habillement ; on distribue aux internes et aux externes une soupe à volonté, pour le prix de 9 centimes par ration.
La maison de Dieu et des mendions, érigée à Brescia en 1677, recueille près de 250 vieillards indigens des deux sexes.
La maison d’industrie de Venise occupe environ 500 indigens; le gouvernement lui a attribué un privilège pour la fabrication des nattes de roseaux.
Ravie, Venise, Bergame, Lodi, Trieste, la plupart des villes du royaume Lombard-Vénitien possèdent, sous le nom de maisons d’industrie, des ateliers publics et permanens, pour occuper les indigens. Un juge éclairé ne regrette que leur insuffisance [i].
La pi a casa di Lavoro de Florence est citée comme l’un des plus beaux établissemens de ce genre; elle reçoit à-la-fois des valides, des inva-
lides , des mendians envoyés par l’autorité, et des indigens qui y viennent volontairement chercher du travail. Le nombre total variedeOOO à 900. La classification et les séparations qui doivent en être la conséquence, y sont établies. On y fait apprendre divers états. Il y a des ateliers pour des tisserands, des tailleurs, des cordonniers, des cardeurs de laine, soie, colon ; pour des fabricans de tapis en laine, d’étoffes de soie, de rubans, de bonnets rouges pour le Levant : une partie des produits est vendue pour le compte de la maison ; une autre partie est exécutée sur la commande des marchands. Les 2/3 de sa valeur sont réservés à l’établissement, l’autre tiers est délivré aux travailleurs. La discipline est sévère.
L ’ établissement de La mendicité de Sienne a été fondé, est maintenu par le concours des bienfaits particuliers; il recueille les indigens valides des deux sexes, les occupe pendant le jour seulement, de huit heures du matin jusqu’au soir; leur donne en retour la nourriture, le vêlement et une petite rétribution. Un semblable établissement reçoit et soutient à Averro
près de 100 indigens valides.
h’ hospice apostolique de Saint-Michel, à Rome, magnifique monument élevé par la charité, indépendamment des quatre grandes familles de malheureux auxquelles il donne asile, renferme une vaste manufacture de laine qui occupe 800 personnes, et qui fabrique jusqu’à 50,000 aunes de drap, qui jouit du privilège de fournir les draps aux palais apostoliques et aux troupes pontificales. Le cardage, le tissage, la teinture s’exécutent dans les aleliers intérieurs; la laine est filée au-dehors par des femmes. Une chaire de chimie est annexée à cet établissement, et l’enseignement y est dirigé vers l’application aux arts, spécialement à la teinture [2].
I/hospice de Sainte-Marie des anges, dans la même capitale, remplit également en partie l’office d’une maison de travail; sur cinq centuries d’hommes, et autant de femmes qu’il recueille, quatre sont employées à des travaux divers. Un tiers du produit est réservé à Béta-
il] Voy. M. Schizzi : Sulla pubblica beneficenza net reyno lombardo-Feneto , page 40. M. le comte Petiti de Roreto, tome 11, pages 130 et suiv. — D’après les renseignemens recueillis par les commissaires royaux , chargés en Angleterre de l’enquête de 1833, les résultats de ces maisons seraient peu satisfaisans sous le rapport
du produit du travail. Mais ces renseignemens paraissent manquer de certitude. Sur plusieurs points ils sont en contradiction avec des documens authentiques.
[2] Voy. l’intéressant écrit que vient de publier Monsignor Morichini, sous le titre : Ttegl' instituti di pubblicacarild. in Roma, 2e partie, chapitre 3.