‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 145 sur 450 · LIVRE I. CIIAP. II · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAP. II

La distinction fondamentale qui existe entre l’indigence réelle, victime du malheur, et l’indigence apparente, suite de l’inertie; entre celle qui provient du manque de travail, et celle qui dérive de la répugnance du travail, cette distinction sur laquelle reposent les conditions de tout bon régime de secours publics, est aussi la pensée qui avait inspiré le projet de la maison de refuge. Là devait se dissiper le nuage dans lequel ces deux classes d’indigens restent confondus; le doute devait être éclairci. Les indigens eux-mêmes se faisaient connaître , en se soumettant au régime de l’établissement; leurs dispositions étaient jugées par les faits.

La maison de refuge était encore une sorte d’établissement d’éducation pour le travail; les indigens étaient appelés à y prendre le goût, à y contracter l’habitude d’une occupation réglée, à y faire l’apprentissage de quelques professions utiles.

L’établissement admettait des externes et des internes. Les premiers y trouvaient seulement des alimens, dont le prix était imputé sur leurs salaires ; les seconds y résidaient, étaient vêtus. La durée de leur séjour était fixée à quinze jours au moins, six mois au plus; toutefois, on a vu souvent des malheureux venir y chercher un asile seulement pendant un ou deux jours. Des ateliers de divers genres offraient des occupations variées pour les deux sexes, pour les différens degrés de force et d’habileté. Les uns étaient employés à des travaux de terrassement; d’autres au cardage, au tissage, à la confection des vêtemens , à la reliure, à la préparation de la gélatine, etc.

Trois élémens constituaient l’établissement :

Le premier consistait dans un bureau d’interrogation, d’examen, d’investigation continue, sur la capacité et la moralité des pauvres reçus.

Le second consistait dans l’essai, à titre d’épreuve, de la bonne volonté et des moyens propres à chacun, il se divisait en deux sections : l’une pour les indigens à l’état d’interrogation, l’autre pour ceux admis à travailler.

Le troisième consistait dans un système de secours, ayant pour objet d’exercer l’indigent à un travail productif, de lui préparer quelques économies , de le seconder dans la réforme de ses habitudes. Pendant ce temps, on reconnaissait la capacité réelle de chacun , le genre d’assistance ou de remède que sa situation lui rendait plus nécessaire. En conséquence des résultats de cette épreuve, les indigens devaient,

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