fr
Par sa nature même, la maison de refuge se trouvait en rapport avec le système général des établissemens publics; son but se liait soit aux mesures de police relatives à la répression de la mendicité, soit au régime des secours à domicile, à celui des hospices. La direction et la marche de cette maison se trouvèrent donc, à plusieurs égards, subordonnées aux vues de l’administration départementale et municipale; elle eut besoin de leur appui , de leur concours. Tout semblait le promettre; un magistrat recommandable, qui occupait dans cette administration l’une des deux fonctions principales, avait été en même temps l’un des créateurs de l’établissement [3], et contribua de tout son zèle à en préparer la naissance. Mais bientôt, sous son successeur, quelques obstacles se présentèrent; l’alliance nécessaire, mais déjà délicate de sa nature, ne s’opéra pas sans difficultés. Lorsque enfin elle fut consommée, on put espérer pour la maison de refuge, un avenir prospère et durable. Il n’en fut point ainsi. Les circonstances changèrent. L’établissement ne pouvait couvrir à beaucoup près ses dépenses, par les seuls produits du travail; une subvention était indispensable pour y suppléer; il n’avait jamais
[1] Savoir: portion du prix d’acqui-
sition du local 110,000 fr. » c.
Loyer, impositions 62,282 80
Bâtimens, constructions. . . . 548,515 27
Achat de mobilier. ..... 17,154 98
Habillement et coucher. . . . 49,285 85
Total 587,258 90
[2] Dépense totale depuis l’ouverture en 1829, jusqu’au 51 décembre 1852.
Alimens fr. 81,559 45c.
Combustibles 18,014 15
Blanchissage 8,527 75
Dépenses diverses 17,865 29
Écuries 2,828 10
Ateliers 29,855 88
A reporter. . . 158,428 60
cté supposé que l’établissement pût subsister par ses propres ressources, par le seul travail des pauvres. Lorsque les ressources offertes par les souscriptions furent épuisées, il fallut entrer dans une combinaison nouvelle. A défaut de souscripteurs, l’administration départementale pouvait seule se charger de ce fardeau ; elle s’y décida. Le conseil général du département de la Seine vota les fonds requis pour acheter le matériel de l’établissement et 50,000 fr. pour l’entretien annuel : mais ces derniers fonds sont restés sans emploi ; le vote n’en a pas été continué ; les admissions ont cessé, la maison a été fermée; l’édifice a reçu une destination nouvelle et différente. Il est aujourd’hui affecté à un hôpital de malades.
Les motifs qui ont amené ces déterminations administratives n’ont point été communiqués au public, et ne sauraient être discutés ici. Il nous suffit de remarquer que la chute de l’établissement a été l’effet de ces déterminations . et non la conséquence ou delà combinaison économique sur laquelle il était fondé, ou d’un vice quelconque inhérent à l’institution; et que, de ces événemens, on ne peut tirer par conséquent aucune induction légitime contre l’institution considérée en elle-même [4].
Les vues dans lesquelles a été fondée la maison de travail et de refuge de Bordeaux, ont été conçues à-peu-près dans le même esprit. Ouverte en 1827, elle admit d’abord 266 indigens ; elle était destinée à en occuper 500 , mais elle a reçu progressivement une extension nouvelle. Le nombre des individus admis s’étant élevé
Report 158,428 60
Dépenses d’administration, savoir :
Appointemens j
et gages. . fr. 96,656 55 c. I 118,619 55
Frais de bureau. 21,965 j
Total 277,048 15
Et en y joignant l’intérêt du capital employé en frais de premier établissement 29,561 95
[5] Voy. l’ordonnance de police, du 20 octobre 1828.
[4] L’auteur de la Charité légale , en reconnaissant qu’il n’a reçu sur la suppression de la maison de refuge de Paris, d’autre information si ce n’est quelle n existait plus (t. 1er, p. 258), ne la rangeras moins parmi les exemplesqui prouvent, selon lui, que ces maisons de tra • vail portent en elles-mêmes , sous le point de vue économique, les principes de leur destruction . p. 245 et 252.