‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 151 sur 450 · EN LEUR FAVEUR · texte numérisé non relu

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vail a obtenu aussi de puissantes apologies, et des autorités imposantes se sont prononcées en sa faveur.

Lorsque celte institution fut proposée par lord Haie, vers la fin du xvne siècle , scs vues réunirent tous les suffrages, et pendant longtemps sa création obtint l’assentiment universel. On y vit le moyen de prévenir la mendicité par le plus salutaire des antidotes, par le travail. Aux secours ordinaires qui favorisent trop souvent l’oisiveté, elle substituait un mode d’assistance qui, en les bannissant, devenait doublement salutaire. Ces maisons, disait-on, serviront d’épreuve certaine, par l’offre d’un travail régulier, pour discerner les vrais et les faux indigens; le vice et le mensonge seront mis à découvert. Elles seront aussi de vraies écoles ; l’indigent contractera de bonnes habitudes, s’exercera à des ouvrages utiles, sera soumis à une sage discipline. Il ne restera plus de prétexte aux fainéans. Ces maisons ne présenteront que l’exemple du bon ordre et de l’industrie ; elles n’offriront aucun attrait à la débauche ou au vice. Les frais seront en partie couverts par les produits. Les travailleurs ne perdront pas leur temps à aller chercher les matières premières, ou les commandes, ou le débit de leurs ouvrages. Réunis, ils vivront h meilleur marché [3].

Ces espérances furent justifiées dans les commencemens, et l’on s’accorde à reconnaître qu’en Angleterre, les workhouses exercèrent d’abord une influence favorable sur les mœurs de la classe pauvre.

Lorsque, plus lard, les inconvéniens se produisirent, lorsque les objections s’élevèrent, de bons esprits pensèrent qu’il ne fallait pas juger l’institution en elle-même, par les erreurs de ceux qui l’avaient mise en œuvre, et qui l’avaient laissée dégénérer. Mac-Farlandet Morton Eden , qui en ont fait l’objet des observations les plus sévères, n’ont eu garde eux-mêmes de prononcer contre elle un arrêt absolu, et de la condamner dans son principe. Mac-Farland estime qu’on pourrait les rendre très-utiles. Il s’appuie dans cette opinion sur le témoignage et les observations d’IIoward, et sur l’expérience des succès obtenus en quelques localités, notamment à Edimbourg. 11 les considère comme un moyen de réforme pour les fainéans et les libertins. Mais il pense que c’est à la sagesse des gouverne-

tion ix.— [3] Voy. le 7e rapport de la société pour améliorer le sort des pauvres, n. 49 et 57.

mens, qu’il appartient de les rendre en effet propres à une semblable destination [i]. Jérémie Bentham recommande cette institution, comme un élément essentiel d’un bon système des secours publics [2]. John Masson Good la considère comme indispensable dans certaines localités, à raison du nombre et du caractère des indigeris , quoiqu’il donne justement la préférence aux maisons dans lesquelles le travail est offert librement [3].

Plusieurs philanthropes ont fait remarquer qu’une discipline bien conçue, non-seulement prévient les fâcheux effets de la réunion des indigens, mais les ramène à une vie meilleure; que le travail des indigens, alors même qu’il ne serait pas assez lucratif pour couvrir les dépenses de l’établissement, réduit au moins la somme des secours distribués, et encourage ces malheureux à se rendre utiles à eux-mêmes et aux autres. Des économistes ont pensé qu’on s’exagère les inconvéniens de la concurrence, et qu’il est facile d’ailleurs de diriger les travaux de ces maisons d’une manière qui ne contrarie en rien les intérêts des manufactures établies [4]. Les commissaires royaux qui ont procédé avec tant de soin à l’enquête de 1833, en Angleterre, apres avoir signalé tous les écarts commis dans l’administration des maisons de travail, n’en ont pas moins conclu, de la manière la plus positive et la plus formelle , que cette institution doit être maintenue, comme utile et nécessaire, sauf à la ramener à sa vraie destination [5]. Aussi, le parlement, dans le bill du 14 août 1834, cette loi préparée par de si longues investigations, par une discussion si solennelle, a-t-il définitivement confirmé l’existence des maisons de travail, en la perfectionnant.

L’opinion des commissaires royaux, d’accord avec celle des hommes qui, en Angleterre, ont étudié avec plus d’attention cette matière, à l’école de l’expérience, est que les maisons de travail sont éminemment utiles, lorsqu’elles sont convenablement organisées et sagement dirigées. « Il a été reconnu, disent-ils, que la preste que totalité des indigens valides, secourus à «t domicile ne sont tombés dans la misère que

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