LIVRE I. CIIAP. II
naissait à la vue d’un indigent valide, sur la question de savoir si le travail lui manquait réellement, ou si c’est lui qui négligeait le travail. L’occasion lui en sera offerte ; on jugera de sa bonne volonté, de sa capacité; ses vraies dispositions, sa situation réelle seront connues. Si, en effet, il n’a pas su trouver de l’emploi, et s’il se montre propre à une occupation fructueuse, on le dirigera vers celle à laquelle il sera le plus propre, et qui lui promettra le plus d’avantages. Les bons conseils et les recommandations suppléeront à l’insuffisance de ses recherches. Peutêtre même les entrepreneurs viendront -ils demander des sujets à la maison de travail, lorsqu’elle pourra leur offrir de bons ouvriers, garantis tels par une épreuve attentive, et la maison de travail deviendra ainsi une sorte de bureau de placement. Si , au contraire, l’indigent valide se montre ennemi de la fatigue, si l’on reconnaît qu’il répugne au travail, que la fainéantise seule est la cause de l’inaction dans laquelle il demeure, tout prétexte lui sera enlevé, il n’aura droit à aucune assistance. Le fainéant n’osera lui-même se soumettre à l’épreuve qui devra le démasquer. Si enfin il résulte de l’épreuve, que l’indigent est seulement impropre à une occupation productive, parce que son éducation est restée imparfaite; si l’on peut espérer de lui donner la capacité qui lui manque, de lui inspirer le goût du travail, de lui en faire contracter l’habitude, l’établissement le retiendra quelque temps encore, et, de l’épreuve il passera à l’école.
Si la maison du travail doit être limitée, pour les indigens valides, à ces deux fonctions; si elle ne doit leur offrir ainsi qu’un emploi passager, elle procurera une plus large et plus durable assistance aux indigens qui, bien qu’infirmes ou âgés, conservent encore quelques forces. Elle se convertira pour eux en un véritable hospice, en un hospice dans lequel les indigens seront occupés suivant la mesure de la capacité qui leur reste. Ici encore, l’établissement fera sans doute l’office d’école; car les malheureux que l’âge ou les infirmités mettent hors d’état de continuer leur ancienne profession, y apprendront à s’exercer dans quelque autre genre d’occupation. Il sera aussi pour eux un théâtre d’épreuve; car il offrira les moyens de juger ce qu’ils peuvent et veulent faire. Mais à ces deux services il en joindra un troisième : il fournira à ceux qui ne sont capables que d’un travail incomplet et imparfait, un emploi que peut-être