‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 156 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. CIIAP. H · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. CIIAP. H

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Pu travail exécuté dans ces établissemens.

On s alarme de la concurrence que la maison cle travail élevera contre les entreprises de l’industrie privée. « Elle ne pourra, dit-on, offrir “ dc l’ouvrage aux indigens sans l’enlever aux u personnes non indigentes ; donc, ouellen’aura u P0,nt d emploi pour ceux-là, ou elle portera « préjudice à celles-ci. »

Que les adversaires des établissemens publics de bienfaisance consentent ici à s’expliquer clairement! Qu’ils veuillent bien déclarer si, dans leur pensée, il vaut mieux laisser dans l’inaction l’indigent qui est en état de se rendre utile, que de l’occuper !

Là est, en effet, toute la question.

Que l’indigent capable de quelque travail s’occupe chez lui, chez un entrepreneur, ou dans la maison de travail, l’objection reste la même. Dans tous les cas, l’indigent employé est un concurrent dc plus pour les autres ouvriers, et l’ouvrage qui sort de ses mains va, sur le marché, concourir avec celui qui est produit par ceux-ci.

Il suffit que la maison de travail, en occupant les indigens, ne les emploie que de la même manière dont ils seraient employés si, bien dirigés, ils travaillaient chez eux ou chez des particuliers; qu’elle ne leur accorde pas de plus forts salaires, qu’elle ne livre pas leurs produits à un taux plus faible ; et telle doit être, en effet, la condition du système de travail introduitdans ce genre d’établissement. Dans la maison de travail, comme à domicile, il y a un choix à faire pour le genre d’occupation qui convient à l’indigent : ce choix doit être fait avec discernement. Nous allons l’examiner dans un instant. Mais, ce choix fait, que l’indigent travaille à son domicile ou dans un atelier commun, l’effet sera le même relativement à la concurrence générale.

Voudrait-on donc que l’indigent fût assisté sous la condition de rester oisif, même dans sa demeure ?

Croit-on qu’il n’existe pas, pour un indigent doué de la volonté et de la capacité nécessaires pour se rendre utile, un moyen quelconque pour se rendre en effet utile?

Croit-on que les mêmes sommes que consacrerait la bienfaisance à le nourrir oisif, ne puissent être, en partie du moins, données sous la forme de salaires? qu’elles ne puissent, en partie du moins, payer un produit, au lieu de récom-

penser I inaction ! que le bienfaiteur ne puisse devenir en même temps consommateur ! Certainement là où on peut solder l’oisif, on peut occuper le sujet utile.

La concurrence, que la science de l’économie politique proclame comme un principe fécond et salutaire, perd-elle donc ce caractère et devient-elle pernicieuse, parce qu’elle vient à la suite de la bienfaisance ?Qu’on entende quelques entrepreneurs particuliers se plaindre de ce que les pauvres sont occupés, on le conçoit : ils se plaindront tant qu’ils auront des rivaux, quels qu ils soient. Mais que, dans l’intérêt public, on se plaigne de voir multiplier les produits, et fructifier les fonds employés en secours, c’est ce qui ne peut se justifier. Cessons de nous effrayer du travail considéré d’une manière générale; il restera toujours pour lui des carrières ouvertes et inépuisables.

Il reste à savoir s’il n’est pas mieux, en effet, de fournir du travail à l’indigent dans son domicile, que dans un atelier commun.

Les deux méthodes ne s’appliquent pas aux mêmes circonstances ; chacune a son application spéciale. Généralement, il est mieux de laisser le pauvre dans ses foyers, au milieu de ceux qui lui sont unis par les liens de la nature ou de l’amitié, dans le cercle des relations ordinaires de la vie civile. Cependant, il y a des infortunés qui, abandonnés inconnus, sans appui, ont besoin d’un asile et d’un guide. L’éducation du travail sera mieux donnée dans l’atelier commun, surtout s’il faut guérir des habitudes de négligence, d’inapplication, de désordre; l’épreuve y sera plus sévère et plus convaincante. Dans l’atelier commun, on pourra mettre entre les mains de l’indigent, des matières qu’on n’eùt pu lui confier chez lui; on pourra l’employer à un genre d’opérations qui, s’exécutant par un concert d’ouvriers, ne pourrait être à la portée d’une personne isolée ; il y trouvera des métiers, des instrumens qui lui manquent. Le malheureux qui n’a ni famille ni amis, trouvera, dans la communauté où il est reçu, une famille adoptive.

De l’organisation intérieure de ces établissemens.

Les salaires offerts dans la maison de travail ivent toujours être un peu au-dessous des sa-

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