ORIGINE DES DÉPÔTS DE MENDICITÉ EN FRANCE
4° Des individus condamnés au travail pour contraventions de police.
Les trois premières classes sont reçues à titre de bienfait (Pfleglinge) ; la dernière à titre de punition (Straflinge). Aussi, ceux qui appartiennent à la dernière doivent- ils rembourser les frais qu’ils occasionnent, lorsqu’ils en ont les moyens.
Cet établissement possède un capital de plus de 144 mille florins, y compris la valeur de l’édifice et du mobilier; il jouit d’une dotation de 20 mille florins. Le produit du travail s’élève de 2 à 3 mille florins par an. Il renferme environ 80 personnes; mais on a l’intention de doubler le nombre.
Les établissemens de ce genre, sous les noms de maisons de rèformation morale [î], ou de maisons de mendians, de pauvres, étaient dans le Wurtemberg, originairement destinés à recueillir les pauvres étrangers et les vagabonds, plutôt qu’à offrir un asile aux véritables indigens. Mais, depuis que l’administration de la police a plus efficacement réprimé le vagabondage, la destination de ces établissemens s’est étendue, et elles ont pris, à quelques égards, un caractère de bienfaisance. Ainsi celui d’Ofterdingen [2] assiste les pauvres de sa localité; celui de Stullgard accorde l’hospitalité pendant une nuit, avec une soupe, aux voyageurs indigens qui traversent la ville.
En Bavière, les mendians arrêtés en vertu des lois, sont enfermés dans des maisons de correction où divers travaux sont exécutés par eux, le plus souvent au moyen de traités passés avec des entrepreneurs. On cile les ouvrages en marbre et en serpentine, cl les parquets en bois exécutés par eux à Bayreulh, tant pour le mérite et la beauté des produits que pour l’importance du débit qu’ils obtiennent.
La Belgique a conservé également les dépôts de mendicité créés pendant que cette contrée était réunie à la France. En 1834, il en existait 6, savoir :
La Cambre , près Bruxelles, ren- \
fermant 1024 pauvres, j
Bruges 382 I
Namur 274 \ 2320
Hoogstraeten 245 (
Mons 210 l
Beckheim 185
[1] Seel-Hauser.
[2] Voy. Allgemeiner umriss des tVurtembergischen-armen TVesens, paragraphe 80.
Les dépenses réunies montaient à 421,644 fr. Dans quelques-uns de ces établissemens, les travaux de culture sont joints à ceux des métiers. De graves témoignages laissent des doutes sur le mérite de ces dépôts, dans leur état actuel [3].
Origine des dépôts de mendicité en France.
L’histoire des dépôts de mendicité en France mérite d’être l’objet d’une étude particulière. Ces établissemens ont été conçus à deux époques principales, sur des plans généraux et systématiques; ils ont subi des vicissitudes dont les causes, en partie, ne sont pas bien connues, ou du moins 11’ont pas encore été exposées au public, et sur lesquelles on a pu être induit en erreur.
L’obligation du travail forcé, pour les mendians, fut déjà imposé en 1336, par François ier, sous peine de banissement [4]; en 1515, il ordonna d’employer aux travaux publics ceux qui mendieraient à Paris. Vous voyons par une ordonnance d’Henri 11, sous la date du 9 juillet 1547, que les mendians étaient envoyés aux galères. Un arrêt du parlement de Paris, de 1332. prescrivait qu’ils seraient enchaînés deux à deux et employés au curage des égouts. Ces rigueurs excessives manquaient leur but, en assimilant les mendians aux criminels. On voit par le mandement royal du 27 août 1612. qu'il y avait alors des maisons où les mendians valides étaient enfermés : les statuts qui accompagnent ce mandement, ordonnent le classement, prescrivent le travail : pour les hommes, des ouvrages pénibles; pour les femmes, les tilles, les enfans, de filer, tricoter, en exceptant les métiers jurés. Des prédications devaient être faites, dans ces maisons, les jours de fête et les dimanches.
L’ordonnance de janvier 1629 (art. 42) proclame de nouveau le principe du travail obligé, pour les pauvres valides.
Sous Louis xiv, à cette époque mémorable où l’exemple et les prédications de saint Vincent de Paule firent prendre un si grand essor aux institutions charitables, un système général fut conçu pour remédier au fléau, et porter l’ordre dans
[3] Voy. le Voyage en Hollande et en Belgique, par M. Ramon de la Sagra, tome 11, page 144.
[4] Edit d’août 1536, chap. 3, art. 3.