‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 175 sur 450 · CHOIX DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

CHOIX DU TRAVAIL

d’ailleurs comment se régler pour déterminer le montant du secours qui doit être ajouté, afin de suppléer à ce que l’indigent ne peut retirer de son travail. Si l’on veut fixer la tâche, chacun prétendra qu’il n’est pas en état d’exécuter ce qu’on lui demande.

La difficulté redouble, si le travail est imposé par force; car un tel travail n’est toujours accepté qu’avec répugnance, et d’ailleurs le travail, dans ce cas, n’a été rendu obligatoire, que pour triompher des habitudes de paresse. C’est le foyer même de l’activité, qui est éteint.

Ces difficultés s’accroissent encore, lorsque l’indigent n’est appelé ou soumis à l’occupation qu’on lui destine, que d’une manière temporaire; les vieillards eux-mêmes et les infirmes incurables ne comptent pas sur une longue existence, et on obtiendrait d’eux avec peine, de commencer une éducation industrielle. Il n’est donné qu’à une administration éclairée, ferme, active, de triompher de ces obstacles. Elle ne devra point s’arrêter aux mesures qui lui paraîtraient les plus faciles en elles-mêmes.

Le principe fondamental qu'elle doit prendre pour règle, c’est qu’il faut tirer des indigens tout le travail dont ils sont encore capables, soit quant à la qualité, soit quant à la quantité. Aucune faculté de l’indigent, quelque bornée qu’elle soit, ne doit rester inactive.

Ce n’est pas assez d’occuper l’indigent : il faut l’instruire, l’exercer. La capacité de l’indigent ne doit pas être mesurée sur ce qu’il est en état de faire le jour où il réclame l’assistance, mais sur ce qu’il pourrait, étant bien dirigé, devenir propre à exécuter, par l’effet de l’éducation nouvelle qu’il peut et doit recevoir ; autant du moins que le permettent et ses dispositions et son âge, et le temps pendant lequel il recueillera ce bienfait.

Un grand et utile exemple est donné, à cet égard , par les efforts tentés pour donner du travail aux aveugles. On supposait qu’il n’y avait pour eux d’autres ressources que d’être recueillis dans un hospice ou de recevoir l’aumône; tout au plus les employait-on à tourner les roues, comme de simples machines. Cependant lorsque le célèbre Ilaüy eut enseigné aux aveugles à lire et à écrire, on comprit qu’ils

[1] Voy. ci-devant, partie, liv. l«, chap. xi, art. 6, t. 1, p. 467. — [2] De 18 pence à 5 shillings par semaine,

[3] La fabrication des fouets paraît avoir été la plus productive; la vannerie a réussi très-facilement; elle a

Page 1