‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 177 sur 450 · LIVRE I. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAP. IV

Cette proportion doit être mesurée avec exactitude; il laut y satisfaire, mais sans la dépasser jamais. Or, les capacités étant extrêmement inégales, la proportion varie à l’infini, et la tâche, par conséquent, doit varier dans le même rapport. De là, la nécessité d’assigner à chacuïi une tâche relative qu’il soit tenu d’accomplir, et de diviser les travailleurs en plusieurs classes pour l’assistance qu’ils reçoivent. On supposera, par exemple, que les uns peuvent gagner trois quarts seulement de ce qui est nécessaire à leur subsistance.

On commet donc encore une grave erreur, lorsqu’on accorde les mêmes subventions à tous les indigens qui travaillent, ou lorsqu’on leur but subir à tous les mêmes prélévemens sur leurs salaires. Par là on traite avec faveur les paresseux, avec rigueur ceux qui sont les moins capables, et par conséquent les plus malheureux.

Choix du travail sous les rapports économiques .

Rien n’est sans doute naturel que de chercher dans le produit du travail des indigens, un moyen de réduire le montant des dépenses faites pour leur soulagement. Les fonds destinés 'a ces dépenses étant limités, toutes économie obtenue dans leur emploi permet d’en étendre l’application à d’autres besoins de l’infortune. C’est en quelque sorte la multiplication des pains. D’ailleurs les ressources que le pauvre se procure ainsi par ses propres efforts, le rapprochent des conditions indépendantes, et le préparent mieux à y rentrer,

Mais il faut bien se persuader d’avance que le travail des indigens ne peut promettre que de faibles produits, qu’il sera toujours insuffisant, et souvent presque nul; on ne saurait dont se flatter, quelque effort que l’on fasse, d’obtenir à cet égard des résultats importans sous les rapports économiques; les espérances exagérées qu’on a trop souvent conçues, suivies d’inévitables mécomptes, ont occasionné la chute de plusieurs établissemens de travail, en donnant des bases erronées aux calculs sur lesquels on les avait assis.

En effet, la plupart des indigens ne sont capables que d’une partie du travail d’un valide; les autres ne sont capables que du travail le plus faible ou le plus grossier; un grand nombre,

Page 1