‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 179 sur 450 · LIVRE I. CHAP. IV · texte numérisé non relu

LIVRE I. CHAP. IV

douviiers, dans^chaque genre d’occupations.

Le mode le plus opportun consiste donc â louer le travail des indigens â des entrepreneurs de toutes les professions et de tous les métiers, qui consentiront à les employer. Que chacun vienne y chercher les ouvriers dont il peut tirer parti; que chaque indigent puisse s’adresser à l’entrepreneur qui lui fournira l’ouvrage pour lequel il est le plus propre. L’administration prêtera le local, les instrumens; elle interviendra par une médiation bienveillante, pour obtenir aux malheureux placés sous sa tutelle, des stipulations équitables.

Cette combinaison, il est vrai, ne peut s’exécuter qu autant qu’il existe en effet, â la portée de l’établissement, un concours suffisant d’entrepreneurs d’ouvrages divers, qui puissent être appelés à employer les malheureux auxquels le cours naturel de l’industrie n’a pu procurer de l’ouvrage. C’est donc seulement dans les villes, ou du moins dans leur voisinage, qu’un tel système peut recevoir son entier développement.

Il est cependant une branche d’ouvrages à laquelle les indigens peuvent être employés parle mode de la régie, sans inconvéniens et avec un avantage certain : ce sont ceux qui sont destinés au service et à la consommation de l’établissement lui-même dont ces indigens font partie, ainsi, que pour l’assistance à domicile. On les occupera â confectionner les objets d’habillement, de chaussure, etc. Dans les maisons où ils sont recueillis, ils seront occupés aussi à tous les offices domestiques; l’entretien des bâtimens, la culture des jardins, la confection et la réparation du mobilier leur fourniront des ouvrages divers. On y trouvera souvent une économie marquée ; on épargnera du temps ; on emploiera des infortunés qui ne paraissaient propres à rien ; on les occupera dans des instans où ils fussent restés oisifs. La dépense dût-elle être plus forte, on y gagnera sous d’autres rapports. On intéressera plus directement les indigens à leur travail, en le liant à leur bien-être; on formera entre les indigens une communauté de famille; on appréciera mieux leurs dispositions; on pourra combiner leurs occupations avec les règles de la discipline.

Après avoir employé les indigens à leur propre service et pour les besoins de l’établissement dont ils font partie, on les emploiera encore pour les consommations des autres établissemens publics, comme les hôpitaux de malades, par exemple, partout où ces établissemens sont à

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