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L. st

Ou plus de 25 millions de fr.

Les sociétés amicales d’Angleterre sont essentiellement composées d’ouvriers et d’artisans de villes. Le plus souvent, chacune d’elles réunit les ouvriers (Lune même profession. On en rencontre cependant aussi dans les villages, qui sont alors formées de paysans.

11 en est qui sont exclusivement composées

— et sa traduction dans le recueil ci-dessus cité, t. 10. OJSect. l,-,2''et3r du bill.— [3] Sect. de 4 à 14. du bill.

SECONDE PARTIE. LIVRE II. CIIAP. II

ou d’hommes ou de femmes ; il en est qui réunissent indifféremment les deux sexes.

Leurs statuts varient suivant les localités, suivant les professions, suivant les vues de leurs auteurs. Cependant elles reposent en général sur quelques bases communes qu’on peut résumer de la manière suivante :

l°On est reçu , dans ces sociétés, à un âge fixé entre deux limites extrêmes , jamais au dessus de 60 ans.

2° Les sociétaires acquittent plusieurs genres de contributions :

Un droit d’entrée ou d’admission qui varie suivant l’âge de la personne admise ;

Une souscription annuelle , qui varie de 6 à 12 shillings par an , s’acquitte par terme d’un ou plusieurs mois, et quelquefois s’accroît aussi avec l’âge de la personne admise;

Une contribution pour les assemblées générales et pour les fêtes de la société, qui s’élève de 2 à 4 pences ; il y a ordinairement chaque année quatre assemblées et deux fêtes ; les frais de ces réunions consistent surtout en repas communs;

Des subventions extraordinaires, en cas d’accidens survenus à un sociétaire, ou en cas de décès, pour les frais d’enterrement et pour les secours à la veuve et aux enfans survivans;

Enfin, des amendes infligées, soit à ceux des sociétaires qui négligent de se rendre aux assemblées générales, soit à ceux qui violent certaines dispositions des statuts.

3° Ne sont point admis dans la société, ou en sont exclus eu perdant leur mise;

Les ouvriers exerçant une profession qui expose notoirement leur santé ou leur vie ;

Les militaires engagés au service de terre ou de mer;

Les individus qui recevraient les secours de la paroisse.

4° Le sociétaire n’a droit à l’assistance qu’après un certain temps d’admission, une année au moins.

3° L’assistance de maladie se partage en secours aux malades alités, et en secours aux convalesccns ; les premiers sont ordinairement le double des autres. Celte assistance est de 4 ou 3 shillings, par semaine; elle varie en raison de la contribution hebdomadaire ; une contribution

[i] La contribution hebdomadaire est ainsi, à cet âge, de la 48e partie du secours hebdomadaire ; à 58 ans , elle s'élève à deux deniers ou à la vingt-quatrième partie.

hebdomadaire d’un denier, par exemple, audessous de 32 ans , donne droit à un secours de 4 shillings par semaine, en cas de maladie [i] .

L’assistance de maladie ne peut se prolonger au-delà de six mois, dans quelques sociétés; d’un an, dans d’autres.

6° L’assistance n’est point accordée pour les accidens provenant d’ivresse , de libertinage ou d’autres causes honteuses.

7° L’époque à laquelle commence l’assistance pour la vieillesse, varie de 63 à 70 ans.

Elle est généralement égale au secours, pour les convalescens.

Dans quelques sociétés, elle est progressive, et augmente avec l’âge; dans d’autres, elle est fixe et permanente.

8° L’assistance pour l’enterrement ne s’élève pas à moins de trois à sept guinées , et quelquefois elle monte jusqu’à dix [2].

9° Les secours aux veuves sont, dans quelques sociétés, proportionnés à la durée du temps pendant lequel le sociétaire en a fait partie, et à la masse des secours qu’il a pu recevoir;

Ils sont, dans quelques autres, déterminés à un taux précis par les statuts.

10° Les affaires de ces sociétés sont gérées par des officiers élus par elles, choisis dans leur sein et responsables.

Des amendes ou l’expulsion de la société sont la sanction de celte responsabilité, en cas de mauvaise gestion.

Une société du comté de Norfolk, dont sir Thomas Rugglcs cite les statuts comme un modèle, n’admet point de membres au-delà de l’âge de 43 ans. Le sociétaire acquitte une guinée à son entrée, ou un shilling par mois, pendant 21 mois, comme rétribution extraordinaire d’admission, et un shilling par mois, pour rétribution ordinaire, pendant toutle temps desa participation.

En cas d’accident arrivé à un sociétaire, il est fait, au trimestre suivant, un appel de six pences , auprès de chacun.

La môme contribution est payé, en cas de décès. Outre les quatre assemblées générales, la société a deux fêtes pour lesquelles chaque membre paie un shilling; l’assistance est de 3 shillings par semaine, pour les malades et infirmes qui sont hors d’état de sortir, et de 4 shillings,

[2] Elle comprend , outre les frais funéraires, ceux d’un souper, suivant les mœurs du pays. Les personnes les moins aisées attachent aussi beaucoup d’importance à la beauté du cercueil.

SOCIÉTÉS AMICALES EN ANGLETERRE

pour ceux qui peuvent sortir , pourvu que leur maladie ou leurs accidens ne se prolongent pas au-delà d’une année. La société fait d'ailleurs les frais du traitement, ou au domicile, ou à l’hôpital. Elle fait aussi ceuxdes funérailles, et y affecte une guinéc et demie ; elle accorde encore deux guinéesà la veuve et aux enfans,s’ily en a. Les agens de la société visitent chaque semaine le sociétaire malade.

La maladie contractée, ou l’accident survenu par suite de vice, de débauche, ou dans une partie de plaisir, ne donnent aucun droit à l’assistance. La maladie ou l’infirmité feinte, celle dont la cessation n’est pas déclarée , si elle est réelle, entraînent l’exclusion. Le sociétaire détenu pour dettes est exempt de cotisations, mais ne peut participer à la société. Des règles de police sont instituées pour maintenir l’ordre, la décence, les bonnes mœurs, dans les réunions.

Ce qu’il y a de particulièrement digne de remarque et d’éloge , dans cette société , c’est qu’elle s’est donné elle-même, pour administrateurs, quelques-uns des principaux propriétaires et des ecclésiastiques, qui y versent des fions ; elle s’est placée ainsi sous le contrôle de personnes éclairées, impartiales [1] .

L’Écosse a aussi ses sociétés de prévoyance. Sir John Sinclair [2] cite un club établi à Galfton , dans le comté d’Ayr, sur le principe le plus simple : il porte le titre de Penny or I 1 al f penny club [3] ; il est composé d’environ 50 membres; il n’a pas décaissé; mais, lorsqu’un sociétaire est malade, il reçoit de chaque membre un penny, s’il est alité; un demi-penny, s’il est seulement empêché de travailler. On voit un grand nomlire de ces sociétés à Edimbourg, sous le titre de Yearly societies. Les 3/4 de la population laborieuse y sont inscrits. Le nombre des membres varie de 50 à 1000. On n’y admet que des personnes de 18 à 50 ans, et d’une bonne santé ; les femmes y sont reçues. La rétribution estd’un shilling, pour l’admission , et de 2 ou 3 deniers par semaine ; mais ces sociétés ont cela de particulier, qu’elles font, à quelques égards, la fonction de caisse d’épargnes; chaque associé verse , par semaine, 2 ou 3 shillings destinés à payer son loyer, et qu’il en retire à l’échéance du terme: idée ingénieuse et utile.

Douze commissaires visitent les malades : ces derniers reçoivent six shillings par semaine, pendant les treize premières semaines; 3 shillings par chacune des treize suivantes ; 2 par chacune, pour le reste de l’année. La famille du sociétaire reçoit, à sa mort, 4 livres sterling, pour ses funérailles; lui-même reçoit 2 livres sterling et 10 shillings, s’il perd sa femme ou un enfant. La société est purement annuelle , comme son titre l’indique, et c’est une grande imperfection sans doute; à la fin de l’année, les sociétaires se distribuent le restant en caisse ; souvent, la société se prolonge pendant plusieurs années; mais on ne rend pas de compte, et c’est une imperfection plus grande encore.

Les sociétés amicales formées en Angleterre, parles habitans des campagnes, reçoivent ordinairement, le dimanche , les rétributions de leurs membres, et ont ainsi l’avantage de les préserver, ce jour-là , d’aller dépenser leur argent au jeu ou à la taverne. On cite avec é’oges celles de l’Évêché de Durham , et spécialement celles de W inston , de Bishops Auckland. La dernière, fondée en 1798, est exclusivement formée de vieillards ; son but est éminemment religieux et moral; elle assure aussi des secours à ses membres, et, après leur décès , à leurs familles : ces bonnes gens réservent un dixième de leur cotisation, pour assister les indigens étrangers à leur société.

Le révérend Jh. Smith, pasteur de la paroisse de Wendover, imagina en 1799, d’engager les ouvriers et les cultivateurs de ce village à faire, pendant la belle saison, des épargnes hebdomadaires, et à les verser, le dimanche malin , avant l’office , dans une caisse commune pour former un fonds qui serait distribué ensuite à Noël ; il s’engagea avec plusieurs riches propriétaires de ce village, à joindre un tiers en sus à la masse de cette accumulation ; chaque consignataire de 3 shillings recevait delà sorte 4 shillings à Noël , et dès le début , il obtint plus de GO souscripteurs [a].

Sir Morton Edcn fait mention de deux ou trois sociétés, qui prêtent à leurs membres, de dix à quinze livres sterling , sur de bonnes sûretés , pour leur donner les moyens d’acheter une vache , des provisions, etc. L’une d'elles, en 1795,

[î] Voyez Y Histoire de Thomas Ruggles déjà citée ; lettre 41e; les statuts de cette société sont inscrits dans le t. 19e des annales d’agriculture d’Angleterre.

[2] Notice statistique sur l’Ecosse , t.2, p.282.

[5] Société des sols ou demi-sols : voyez l’essai sur les Friendly societies , p. 226.

[4] Voyez le 8e rapport de la société pour améliorer le sort des pauvres.

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a soulage par un prêt de 100 liv. sterl. des malheureux cultivateurs qui , sans cette assistance, eussent été entièrement ruinés [1].

Nous avons eu déjà occasion de citer une société amicale de vieillards, formée à Winston , dans le comté de Durham , d’après les indications de l’évêque de Durham, par le révérend Thomas Burgess, et qui a pour objet d’entretenir parmi eux l’esprit religieux, l’amour delà frugalité, de l’union, et de les occuper à l’étude de l’Ecriture sainte, et à de bonnes lectures. Cette société met aussi en commun des épargnes hebdomadaires. En souscrivant pour un penny par semaine, ses membres de 60 à 70 ans, reçoivent à la fin de l’année le double de leur mise ; de 70 à 80 ans , le triple ; de 80 à 90 , le quadruple, etc. Les aveugles sont assimilés aux sexagénaires. Si le sociétaire meurt dans l’année, sa famille a droit à recevoir la souscription ; la société se compose aussi de membres honoraires qui contribuent d’une guinée, sans prétendre aux avantages [2].

Quelques sociétés amicales ont pour objet unique d’assurer un secours aux veuves, après le décès des sociétaires.

Les sociétés amicales composées exclusivement de femmes, se contentent de souscriptions moins élevées ; le genre d’assistance y est à-peuprès le même. Dans presque toutes, aucun secours n’est accordé aux femmes en couche, si ce 11’est à raison d’une maladie extraordinaire qui serait la suite des couches ou viendrait s’y joindre. M. James Cave, dans son essai sur les sociétés amicales, n'approuve point entièrement les motifs qui ont dicté une semblable interdiction. Mistress Wakefield a fait connaître un club amical de femmes existant àTottenham, dont les statuts renferment quelques particularités intéressantes. Ce club joint à l’assistance accoutumée, une sorte de banque pour des prêts gratuits , destinés à procurer des matières premières ou tout autre objet productif, et qui sont ensuite remboursés de mois en mois par petites parties. La conduite morale des sociétaires est , dans ce club, l’objet d’une attention toute spéciale. Des dames bienfaisantes le protègent de leur présence, de leurs conseils, de leurs dons. 11 reçoit aussi de petites contributions versées par des enfans.

[1] État des pauvres , t. 11. Voyez le recueil des établis semens de charité, t. 8, p. 279.— [2] Voyez le 7e rapport de la société formée à Londres pour améliorer le

11 est digne des amis du bien de participer ainsi aux institutions de prévoyance formées par les hommes laborieux ; les exemples en sont fréquens en Angleterre : souvent un grand propriétaire crée et dote l’institution, pour l’avantage des habitans de la localité. On a vu lord Harcourt joindre une somme égale à la cotisation hebdomadaire du paysan dans sa terre de Nuhemara, comté d’Oxford; les deux mises appartiennent au sociétaire qui en dispose à volonté, sous la seule réserve que le bienfaiteur approuve ses motifs. Il n’est pas rare que des ouvriers laborieux, avec leur seule mise d’un sou par semaine, aient en masse, 3 à 6 guinées. La société d’agriculture de Bath a encouragé ces établissemens par des prix, mais, sous des conditions sagement imposées, telles, par exemple, que celle qui exige qu’aucune partie des fonds ne soit jamais exposée dans des placemens en billets de loterie, ou autres emplois soumis à des chances.

Sociétés de secours mutuels en d'autres contrées

de V Europe .

Les sociétés d’assistance mutuelle de la Hollande sont fondées sur un principe analogue à celui des friendly societies de l’Angleterre, comme elles paraissent être nées de causes analogues. Mais elles se composent chacune d’un bien plus grand nombre de sociétaires ; le terme moyen de leur nombre est de 2000 environ [3], En 1827, on comptait plus de 340 de ces établissemens; la seule ville d’Amsterdam en possédait 63, celle de Rotterdam 39. Cependant, des provinces entières ne les avaient point encore adoptées à cette époque [4]. Près de 72 mille individus faisaient partie des sociétés de la Hollande entière. Les revenus se composaient, en partie du produit des propriétés, en partie de mises, de contributions et d’amendes. Plus de 12,000 individus avaient été secourus pour maladie; 2100, pour inhumation.

Les sociétés hollandaises mettent aussi les frais pour les funérailles de leurs membres, à-peu-

sort des pauvres, n° 47. — [5] C’est environ vingt-deux fois le terme moyen des sociétés amicales de l'Angleterre.

[4] Celle de Groningue, de Drentlie.

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