DISTRIBUTION DES TERRES AUX 1ND1GENS
ment à cette classe à laquelle l’âge, les infirmités interdisent les travaux pénibles; ils ne sont gqère capables que d’occupations sédentaires.
En même temps qu’on étendra, par des améliorations agricoles, les ressources de travail offertes aux indigcns valides, il est donc d’un grand intérêt de donner, dans les villages, plus d’extension aux travaux propres à occuper les indigens débiles. On y peut réussir de plusieurs manières : soit en perfectionnant l’économie domestique, en y portant des soins trop négligés souvent à la campagne; soit en faisant subir des élaborations préliminaires, aux divers produits du sol ; soif en confectionnant sur les lieux mêmes, des objets utiles à la consommation locale, et qu’on se contentait de tirer du dehors. L’éducation des vers à soie, le moulinage des soies, la fabrication du sucre indigène, etc., promettent de l’emploi aux femmes, aux vieillards, aux enfans, aux infirmes. Les vieillards et les infirmes rendront d’utiles services en leur confiant des fonctions de surveillance fil.
Le grand art de la bienfaisance, en matière de travail, consiste, à la campagne comme à la ville, à découvrir et à réaliser des occupations pour ces organisations faibles et imparfaites qui, par mille nuances, séparent l’état de validité complète d’une absolue incapacité.
L’administration publique en France n’avait point méconnu les ressources qu’offriraient les travaux agricoles pour occuper utilement les pauvres. Nous lisons, dans la déclaration royale du 23 juillet 1700, un article qui a pour objet d’encourager ceux qui auront abdiqué une vie fainéante, à s’employer dans les campagnes, à y prendre des établissemens permanens. On leur promet, pendant cinq ans, l’exemption des tailles, pour la culture d’héritages produisant jusqu’à 50 livres de revenu; on accordait, sur les récoltes, un privilège aux laboureurs qui leur auraient avancé les semailles. Ces mesures étaient sages, mais insuffisantes.
ARTICLE VIII
De la distribution des terres aux indigens.
La société instituée à Londres, en 1818, pour
[î] Ce sujet a été traité par M. le vicomte Alban de Villeneuve Largement , dans son Économie politique chrétienne (Livre 7, chapitres 1, 2, 3 cl \'h
l’encouragement de l’industrie et pour la réduction de la taxe des pauvres, pensa que le plus utile secours que l’on put procurer aux indigens, sous la forme de travail en Angleterre, consisterait à distribuer, par petites portions, des terrains aux familles pauvres. Far là, disaitelle, on donnera de l’ouvrage à ces familles, sans l’enlever à celles qui en sont déjà pourvues. Elle appela le concours des amis de l’humanité, l’attention du public entier, sur les questions suivantes :
1° Si l’on offrait ainsi un petit champ, avec les moyens d’y construire une cabane, à des indigens privés d’occupation , sous la condition d’une faible redevance , leur industrie serait-elle stimulée , et cesseraient-ils , dèslors, d’être à la charge de leurs familles respectives?
2° Une famille , chargée de six enfans en bas âge et plus, pourrait-elle subsister sur un champ ainsi concédé , de l’étendue d’un acre et demi à deux acres, en y joignant une vache?
3° Quelle influence aurait une semblable libéralité sur les mœurs et le bien-être des pauvres ?
4° Dans le cas où ce plan serait adopté , quel serait le meilleur moyen d’exécution?
5° Quels autres moyens y aurait-il pour donner du travail aux pauvres industrieux et désœuvrés, sans l’enlever à ceux qui sont occu pés?
Un grand nombre de personnes distinguées, des membres du parlement, des propriétaires ruraux s’empressèrent de répondre à ces questions, et se prononcèrent pour une solution affirmative sur les deux premières, favorable sur la troisième. Us applaudirent aux vues de la société, ils proposèrent de les appliquer, de les modifier ou de les étendre. La société alors s’adressa au parlement, et, forte de témoignages aussi imposans, elle sollicita un bill qui fut, en effet, passé l’année même. Il accorda aux administrateurs des paroisses, en Angleterre, la faculté de faire cultiver par des pauvres, ou de leur affermer des terrains communaux , pourvu qu’il n’y eut pas d’opposition de la part des habilans. Il autorisa même les paroisses à acheter ou à louer des terrains pour cette destination .
d’une manière judicieuse, avec les développemens qu’il comporte et avec les vues d’un administrateur éclairé.
dans le cas où elles en seraient dépourvues, mais jusqu’à la limite de 120 acres seulement!
Avec l’appui de ce bill, la société s’adressa de nouveau au public; elle invita les administrateurs des paroisses à réaliser les plans qui leur étaient tracés, et les particuliers à en seconder 1 exécution. Elle semblait toucher, après tant d efforts , à 1 accomplissement de ses vœux ; son espoir fut trompé, le bill n’obtint aucune exécution. L’expérience, dit-on, a prouvé que ce projet était inexécutable, et qu’il n’avait pas, d’ailleurs, les avantages dont ses auteurs s’étaient flattés. Les terres qui restent incultes sont , en général , de mauvaise qualité ; les frais de culture, accrus encore par l’extrême division des exploitations, ne permettent pas d’en retirer un produit suffisant pour récompenser le travail, surtout en présence de grandes fermes exploitées par des méthodes économiques. Ces faveurs, d’ailleurs, ne tombent que sur le rebut des travailleurs : car tels sont, en effet, les indigens valides sans emploi. Il est mieux que les travailleurs se créent leur propre situation. A ces objections se joignit enfin la difficulté de réunir les capitaux nécessaires. Tout est à noter dans les circonstances de ce grand essai, tenté avec si peu de résultats.
Mais, ce que l’administration publique n’a pu réaliser en Angleterre, de simples particuliers l’ont effectué avec succès. Ladv Bentinck , en 1819, dans le comté de Lorvinglon; le duc de Bedford, en 1850, dans le comté de ce nom , en ont donné l’exemple. Il est vrai que les terres, par eux offertes aux indigens , étaient susceptibles d’une culture avantageuse.
L’Allemagne a été plus heureuse; plusieurs gouvernemens ont pu affecter des terres au travail des indigens, par des concessions à temps. L’Allemagne, il est vrai, renferme une plus grande étendue de terres disponibles et convenables pour cette destination. La Suisse, parti-