LIVRE I. CHAP. IV
Les lots de terre ainsi distribués peuvent être concédés ou pour un nombre d’années détermine, ou à vie ; mais elles doivent être concédées au moins pour quelques années, afin que le cultivateur ait le temps de recueillir le fruit de ses labeurs; elles doivent l’étre toujours à condition qu’il exploitera par lui-même et aidé de sa famille. Souvent il faudra concourir 'a lui procurer des moyens d’exploitation, sauf 'a lui imposer une redevance annuelle pour rembourser cette avance. La concession devra être retirée si la culture est négligée.
On objecte au système de distributions de terre aux indigens, que ces malheureux ne savent souvent ni les faire valoir, ni même les conserver longtemps, et qu’ils retombent bientôt dans leur premier état de prolétaires.
On répond qu’on peut céder ces parcelles aux indigens, sous la condition d’une faible redevance annuelle, et rachetable, avec défense d’aliéner ; qu’avec des soins et des directions convenables, on peut conduire les pauvres à apprécier, à goûter la condition du propriétaire, et surtout qu’il faut, en leur concédant les terrains, leur procurer aussi une bonne éducation d’industrie agricole.
Ces considérations vont nous conduire aux colonies agricoles qui appellent maintenant nos études ; plusieurs d’entre elles viendront s’y appliquer.
Conclusion à tirer des recherches sur les ëta~ hlissemens de travail pour les indigens.
Les difficultés de ce sujet, si graves déjà dans la théorie, se montreront plus graves encore peut-êfre et plus nombreuses dans la pratique. Elles nous expliquent les objections si facilement accumulées contre tous les établissemens de travail, envisagés comme élémens du système des secours publics. Ce qui est un obstacle à l’homme qui agit, devient une objection pour celui qui raisonne.
Mais ces établissemens n’en sont pas moins nécessaires; ils sont possibles; ils peuvent être perfectionnés. Ainsi, loin d’être découragés par la présence de ces obstacles, les amis de l’humanité doivent redoubler d’efforts pour accomplir la grande œuvre.
Les adversaires des établissemens de travail