‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 192 sur 450 · CONCLUSIONS SUR LES ÉTABLISSEMENT DE TRAVAIL · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS SUR LES ÉTABLISSEMENT DE TRAVAIL

n’ont prouvé qu’une seule chose : c’est qu’il faut, en effet, des efforts peu ordinaires et une haute habileté, pour créer et diriger ces établissemens, de manière à en assurer le succès, lis ont du moins signalé les écueils; si c’est à tort qu’ils nous ont détourné d’agir, ils nous ont enseigné à mieux faire.

Ce n’est pas trop, pour atteindre à de tels résultats, de toutes les lumières et de toute la puissance de l’administration publique. Ce n’est pas même assez; elle a besoin de s’allier avec l’industrie privée, comme avec la charité individuelle.

La mission ordinaire de la bienfaisance publique, en cherchant à procurer du travail aux indigens, consiste bien moins à employer les indigens réellement et entièrement valides, comme on le suppose communément, qu’à trouver le moyen d’utiliser les forces imparfaites que conservent encore les indigens placés entre l’absolue incapacité d’agir et la validité complète ; et c’est précisément ce second but qu’on a jusqu’à ce jour trop généralement négligé.

La nécessité de procurer une masse considérable de travail aux indigens réellement valides, ne se produit que dans des circonstances extraordinaires, dans les grandes crises politiques, commerciales ou industrielles, et seulement alors d'une manière temporaire. Des travaux publics sagement organisés sont alors une ressource nécessaire et profitable.

Il ne s’agit pas seulement, comme on le suppose, de procurer du travail à l’indigent; il s’agit souvent de lui donner l’éducation du travail, à tout âge; c’est-à-dire de lui en inspirer

le goût, de lui en faire acquérir la capacité et contracter l’habitude.

Il ne s’agit pas seulement, comme on le suppose, d’atteindre un but économique, en fournissant à l’indigent un moyen de subsister par le produit de son travail, et réduisant d’autant les sommes dépensées en secours : il s’agit surtout d’atteindre un but moral, d’occuper l’indigent utilement pour la société et pour lui-même. Il y a peu à espérer comme spéculation, du produit d'une telle industrie; mais il y a beaucoup à attendre de ses effets sur les mœurs des pauvres, alors même que la spéculation serait infructueuse.

Il est mieux d’appeler l’indigent à un travail libre; mais il est quelquefois indispensable de le soumettre à une occupation forcée. Il est des maladies qui ne se guérissent pas à l’aide des remèdes désirés par le malade.

Il est mieux d’obtenir que l’indigent trouve un emploi naturel dans les diverses combinaisons de l’industrie privée , et de l’aider, pour y réussir, du concours des particuliers, que de former des entreprises au compte des établissemens publics.

Il convient d’offrir aux indigens les travaux les plus variés, afin que chacun soit employé suivant ses convenances; mais ils ne doivent jamais trouver dans les travaux que la bienfaisance leur procure, autant d’avantages que dans ceux qu’un ouvrier indépendant se procure par lui-même.

Telles sont, si nous ne nous trompons, les principales vérités dont la conviction résulte des recherches qui ont fait l’objet de ce chapitre.

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