‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 195 sur 450 · LIVRE I. CIIAI». V · texte numérisé non relu

LIVRE I. CIIAI». V

La question à résoudre consiste à savoir corn ment la colonisation, ainsi conçue, peut diminuer les charges qu’imposeà la société l’obligation des secours publics ; comment aussi elle peut faire espérer aux indigens une existence plus tolérable; car ces deux fins sont, à nos yeux, inséparables et nous n’admettons pas qu’on puisse déporter les pauvres, dans la seule vue de se débarrasser de leur présence.

De la colonisation intérieure. Colonies agricoles.

Leur origine dans l'Europe moderne.

En partant de là, il reste à savoir quelles ressources, quels avantages les divers systèmes de colonisation peuvent offrir pour situer ces malheureux. Le système delà colonisation intérieure nous donne pour eux la transplantation la plus facile, l’exil le moins éloigné; il ne les déporte point hors du pays. Il doit le premier attirer nos regards. Les colonies agricoles ont, depuis quelques années, beaucoup occupé les écrivains philanthropes. Les uns, comme M. le général Van den Bosch, M. de Reverberg, M. de Kirkhoff, M. Édouard Mary, M. Ducpétiaux, nous ont fait connaître les exemples. D’autres, comme MM. Huerne de Pommeuse, de Tournon, de Villeneuve, Deby, de Bellaing, de Montglave, de Raineville, Naville, etc., ont recherché l’application que ces exemples pourraient recevoir, examiné les importantes questions que ce sujet fait surgir, en ont embrassé la théorie tout entière. Leurs travaux simplifient les nôtres, et les éclairent. Ils ne nous laissent que le soin de résumer les faits, et de discuter impartialement les opinions contraires. Grâces à eux, le moment semble arrivé où l’on peut en adopter une, en pleine connaissance de cause.

Les premières colonies agricoles, qui ont offert un emploi aux indigens, n’ont pas été érigées dans l’intention précise et dans le but systématique de créer une destinée meilleure aux pauvres. Elles ont eu pour motif essentiel de mettre en valeur des terres incultes et abandonnées; quelquefois elles ont été fondées par des sympathies religieuses. Des pauvres y ont trouvé un asile et des moyens d’amélioration, en même temps que des ressources, pour leur existence, et peut-être leur ont-elles offert une destinée d’aulant plus prospère, que l’admission

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