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exigent ; s’il arrivera un moment où elles se suffiront à elles-mêmes. Cependant , jusqu’à ce jour, elles se maintiennent dans une situation favorable; les avantages moraux qu’elles produisent sont surtout incontestables. Mais une grande partie des indigens recueillis dans les colonies agricoles de Hollande sont uniquement consommateurs, et ne concourent point à la production ;on ne saurait donc s’étonner que ces établissemens ne puissent subsister par leurs propres ressources [i].
moyen de communication et de transport, le manque d engrais , la stérilité du sol , et spécialement 1 humidité de celui qui avait servi de théâtre à la deuxième colonie.
On accuse aussi les communes et les hospices, de n’avoir envoyé que le rebut des sujets à leur charge.
On s’est plaintdel’inexpérierice des nouveaux colons arrivant des villes, novices dans l’art de la culture; on s’est plaint de leurs mauvaises dispositions. Le plan conçu par la société supposait de leur part un concours d’activité et
§ 6. d’industrie; il ne pouvait qu’échouer lorsqu’ils
ne répondaient à sa voix que par leur mauvaise Colonies agricoles de la Belgique. volonté, leur incapacité et leurs habitudes de
fainéantise.
La Belgique n’avait pas commis l’imprudence de se hâter de détruire le système de répression pour la mendicité, créé par Napoléon sur toute la surface de l’empire. Parmi ceux des dépôts de mendicité qu’elle renfermait, il en était un, près de l’ancien château d’Hoogstraeten , où déjà l’on avait essayé de faire travailler les détenus à la culture des terres.
C’était un acheminement vers les colonies agricoles; c’était un essai qui eût demandé à être étendu , et qui eût pu, avec moins de difficultés, avec moins de frais, atteindre à-peu-près au même but.
L’exemple donné par la société de bien fa i— faisance de Hollande, l’impulsion imprimée par les encouragemens du gouvernement, détermiminèrent, en 1822, la réunion d’une société de bienfaisance pour la Belgique, formant alors la partie méridionale du royaume des Pays-Bas; et bientôt celle-ci s’occupa à créer, à l’instar de la première, et sur le même plan, des colonies agricoles libres et forcées pour les indigens.
Les premiers résultats ne répondirent point aux espérances que la société avait conçues. La plus grande partie des terres était mal cultivée, envahie parles mauvaises herbes, le bétail était mal entretenu, dépérissait; la plupart des colons, loin de puiser dans la culture leur nourriture et celle de leurs bestiaux , avaient besoin que la société vint à leur secours par de nouvelles avances d’argent et de vivres.
On en accuse en partie le mauvais choix du local, isolé à l’extrémité d’une province, sans
Un rapport du capitaine Van der Bosch signala ces mécomptes et les dangers qu’ils faisaient naître, les avances faites parla société s’accroissant de jour en jour, sans qu’on entrevît le moment où elle en serait couverte. On acquit la triste certitude que les colonies libres ne pourraient subsister par les seules ressources du travail volontaire combinées avec les souscriptions. On résolut de recourir à un emprunt, pour obtenir un nouveau capital disponible, et de changer, dans ses bases mêmes, le régime de ces premières colonies, en ne s’abandonnant plus à la bonne volonté des colons, et en se rapprochant du système des colonies forcées. L’administration reprit donc à son compte la culture des terres, le bétail; elle retira les fermes aux colons qui se trouvaient en défaut de remplir les conditions établies , par leur incapacité ou leur négligence ; elle les transforma en simples journaliers, et ne conserva le caractère de fermiers, qu’aux colons émancipés qui payaient exactement le fermage de 550 florins. La plupart des familles émancipées renoncèrent à une émancipation dont elles ne savaient ou ne pouvaient pas profiter. Quatre seulement en acceptèrent définitivement le bienfait.
Le régime des colonies libres de la Belgique fut à-peu-près assimilé à celui des colonies forcées, à cette différence près, que dans celles-là les colons vivent en famille et non en communauté.
Le salaire d’une famille, dans ce nouveau système, s’éleva de 5 à 7 florins, par semaine.
[i] M. Ramon de la Sagra , dans l’intéressant Voyage présent de ces colonies. Le témoignage d’un si bon obcn Hollande eten Belgique qu’il vient de publier, donne servateur mérite la plus entière confiance, des détails très-circonstanciés et satisfaisans sur l’état