COLONIES AGRICOLES DE LA BELGIQUE
Il fut réglé à la journée, pendant les six premières semaines, et ensuite à la tâche; il lut payé en monnaie de plomb [i].
La société renonça, pour le moment du moins, à multiplier les colonies libres.
Le nombre des colons libres s’était élevé, dans les trois premières années, de 400 à 079; dans les six années suivantes, il décrût de 005 à 017.
Le nombre des décès, du ier avril 1820 au 51 mars 1828, fut seulement de 18; terme moyen, G par an.
En 1820, la société institua une colonie forcée, à une petite distance des précédentes, au milieu des bruyères de Mcrxplas- Ryckcvorsel, près Hoogstracten (province d’Anvers), et dans cette nouvelle création elle fut mieux récompensée de ses soins.
Le dépôt fut érigé sur le modèle de celui d’Ommerchans.
Par un traité passé avec le gouvernement, en janvier 1825, la société s’engagea à recevoir, loger, nourrir, vêtir mille mcndians valides des deux sexes, au-dessus de l’âge de G ans, et pendant seize années, moyennant un abonnement fixe de 50 florins, par individu.
Par l’article 6 de l’ordonnance royale du G novembre 1822, il fut réglé que tout individu trouvé mendiant serait traduit devant les tribunaux, à moins qu’il ne préférât être renvoyé dans l’un des établisscmens de la société ; il fut réglé aussi que tout mendiant arrêté par l’autorité compétente, au lieu d’être envoyé immédiatement au dépôt, pourrait demander d’être admis dans une colonie libre. C’était ensuite, sur une décision du conseil de discipline de la colonie, qu’il était, s’il y avait lieu, transféré à la colonie forcée ou dépôt de réclusion.
Le nombre des mcndians reçus dans ce dépôt s’éleva, pendant les premières années, de 450 à 900, et décrût dans les années suivantes, de
Chaque ferme construite coûta environ 2500 florins ; mais on renonça bientôt à ces conslruc-
[î] Cette monnaie, dans les colonies de Hollande et de Belgique, n’a cours que dans l’établissement même; elle a été imaginée pour que les colons ne fassent point un mauvais usage de l’argent qu’ils gagnent, en le dépensant au dehors.
[2] Voyez la lettre du capitaine Van der Bosch à M. Huerne de Pommeuse, rapportée par ce dernier,
[3] Les colonies de la Belgique contenaient, en 1829,
tions. Ou prit le parti d’établir seulement des écuries, des étables, des greniers , des fourneaux, et de retenir les mendians dans l’édifice principal qu’ils habitent en commun, et où ils rentrent chaque soir après le travail.
En 1829, 250 hectares de bruyères avaient été défrichés, mis en culture. L’hectare avait produit, terme moyen, une valeur de 75 florins; non compris les plantations, les pépinières, les semis. L’assolement était sexennal, sans jachères.
Les salaires étaient réglés à 4, 5 ou 6 sols (40, 50 ou GO centimes), par jour, suivant le mérite du travail.
Les mendians sont divisés en trois classes. Être élevé à la première est une récompense; descendre à la troisième, une peine. Le mendiant qui se rend coupable de quelque faute est consigné au peloton de punition où il est employé aux travaux les plus désagréables; si la faute est plus grave, si le coupable s’obstine, il est envoyé à la salle de police, ou réduit au pain et à l’eau, ou même il est condamné à l'isolement et à l’inaction absolue. On sépare des autres mendians ceux qui se montrent incorrigibles, pour en former une classe séparée [2].
Les hommes et les femmes habitent des quartiers distincts, et sont constamment séparés.
On voit des mendians qui possèdent quelque talent, et qui donnent des leçons à leurs camarades.
Un curé, un maître d'école sont attachés à l’établissement.
Les colons reçoivent des instructions, suivent les exercices (Inculte ; des récréations leur sont même accordées.
Dans les quatre années qui ont suivi la création de la colonie forcée, il est sorti 52G mendians qui ont été jugés capables d’être rendus à la vie indépendante, et, sur ce nombre, 26 seulement y ont été ramenés, après être retombés dans les habitudes de la fainéantise et du vagabondage [3].
Les événemens de 1850, qui ont séparé la
environ 1550 individus de tout sexe et de tout âge. Les trais du premier établissement s’étaient élevés à environ 785,000 florins : 155,000 florins avaient été fournis par les souscriptions volontaires ; 050,000 obtenus par des emprunts. La société se flattait de rentrer dans ce capital au terme de 10 ans, au moyen de l’amortissement à 4 pour cent du capital emprunté. Les recettes annuelles de la société se composaient d’une somme de 50,000 florins de souscriptions, et d’environ 44,000 qui