TROISIÈME PARTIE. LIVRE I. CHA1>. V
Belgique de la Hollande, ont exercé une influence inévitable sur les colonies agricoles du premier de ces deux étals. Le divorce politique a dù faire sentir ses effets à un genre d’établissemeris qui, fondés dans le même esprit, avaient été soumis jusqu’alors au même gouvernement ; les exemples de la Hollande ont cessé d’être pour la Belgique une source de lumières, un sujet d’émulation, un encouragement. Les souscriptions qui soutenaient en partie la création récente , ont subi en Belgique , par suite des circonstances, une réduction très-sensible : à peine se sont-elles élevées, en 1830, à 11,000 florins, en 1831, à 6000; elles ont fini par s’évanouir à-peu-près. Elles se trouvaient ainsi hors d’état de remplir les engagemens contractés [i].
Les rapports les plus récens ne donnent pas à connaître que cet état de choses se soit amélioré.
Dès la même époque, les recettes qui jusqu’alors avaient excédé les dépenses, leur devinrent notablement inférieures [2].
De l'utilité des colonies agricoles, considérées comme ètablissemens de bienfaisance en fa* veur des indigens.
Apologies et objections.
Arracher les indigens au désœuvrement, à la
corruption des villes, à l’air impur des réduits qu ils y occupent, les transporter au sein de la campagne , leur offrir , dans cette existence rajeunie , un théâtre d occupations utiles , une vie réglée et active , un spectacle serein et riant, un régime également favorable à la santé et aux bonnes mœurs , est un but capable d’exciter le zèle des amis de l’humanité. Il était digne d’inspirer à des âmes généreuses un concert d’efforts et de sacrifices. Honneur à ceux qui se sont proposé un tel but et qui l’ont atteint! Rien ne doit surprendre dans les témoignages de philanthropes qui ont visité les colonies agricoles de la Hollande, qui ont applaudi à leur création. Nous ne reproduirons point ici ceux qui ont été rendus aux colonies agricoles de la Hollande et de la Belgique, par MM. Édouard Mary et de Kirckhoff, et par d’autres voyageurs dont les relations ont été déjà souvent citées.
Nous recueillons avec un intérêt particulier les impressions qu’ont reçues deux écrivains français , qui ont tait de ce sujet la matière spéciale de leurs méditations , et qui ont visité ces colonies , en bons observateurs , et en amis du bien.
En décernant de justes éloges au système d’établissemens dont les sociétés de bienfaisance de La Haye et de Bruxelles avaient donné l’exemple, on a fait remarquer avec raison que les deux pays où il avait été conçu et réalisé , étaient précisément ceux qui se trouvaient déjà pourvus des institutions de bienfaisance les plus parfaites, et où le régime de ces ètablissemens laissait le moins à désirer. Ainsi d’une part,
lui étaient payés en vertu de contrats par les communes, les ètablissemens publics ou particuliers.
On avait remarqué en général que les communes se montraient peu empressées à profiter des offres qui leur avaient été faites, pour placer leurs indigens dans ces colonies.
[î] Voyez le Rapport de M. Ducpétiaux, dans la Revue encyclopédique de décembre 1832.
[2] Un rapport présenté, en 1832, par M. Ducpétiaux, inspecteur-général des prisons, établit qu’en 1831 , les
dépenses s’étant élevées à 135,406 flor.
Plus, pour intérêts dus 9,721
Les recettes ne s’étaient élevées qu’à. 82,578
Déficit 62,549
Le produit des exploitations ne dépassait guère 23,000 florins. La destinée de cet intéressant établissement se trouvait ainsi gravement compromise. La so-
ciété avait contracté des emprunts pour. 803,000 flor.
Elle n’avait remboursé que 134,000
Elle redevait 669,000
Les circonstances s’opposaient à ce qu’elle put en contracter de nouveaux.
Elle redevait, pour intérêts arriérés 47,393 flor.
A divers, pour fournitures, etc 49,627
Total. . . . 97,020 97,020
Ainsi, son passif montait à 766,020
Elle n’avait, pour y faire face, qu'un actif en terres, constructions, etc., de. . 511,250 Et en récoltes d’environ 25,000
Total 533,250