LIVRE I. CHAR. VI
branche semble maintenant se porter vers Marseille, pour essayer des établissemens dans l’ancienne régence d’Alger. Le prix de transport du Havre aux Etats-Unis a varié, dans les derniers années, de 33 à 120 francs par tête.
II y a aussi des émigrations provoquées, et des émigrations spontanées. Les premières sont quelquefois provoquées, encouragées, soit par les états qui appellent les colons, soit, mais plus rarement, par ceux que les colons abandonnent . Quelquefois la provocation émane de certaines compagnies qui offrent aux érnigrans une situation ou des services. Quelquefois ces deux modes de provocation se combinent ensemble, comme lorsque des compagnies concessionnaires de vastes territoires promettent aux colons qui viennent les exploiter, soit des lots de terrains, soit d’autres avantages déterminés. Ces compagnies publient leurs programmes [i] ; elles ont leurs correspondans en Europe, dans les ports. On stipule des contrats en bonne et due forme. Quelquefois des avances sont faites au colon, sous l’engagement de servir pendant un certain temps. On trouve ordinairement dans ces contrats, ce qui est exigé des colons, ce qui leur est promis ; mais on se demande souvent quelles sont les garanties de l’accomplissement de ces promesses, et comment les colons seront protégés contre les erreurs, les faux calculs ou les fraudes des spéculateurs et des faiseurs de projets.
Les vraies indigens qu’une détresse réelle conduit à prendre le parti d’émigrer, ne peuvent appartenir qu’à la classe des adultes et des valides. Us sont de deux sortes : les uns sont des cultivateurs; dans une contrée essentiellement agricole, où l’industrie manufacturière, la navigation, n’ouvrent aucune autre carrière aux travailleurs; où les travaux des champs étant limités par l’étendue du sol, par l’absence des améliorations, le nombre des cultivateurs dépasse les besoins de la culture, le sort des métayers, des journaliers devient toujours plus fâcheux; c’est en partie l’état de l’Irlande, c’est
« vailleurs ordinaires, de 25 à 30 livres par an , indé- « pendamment du logement et de la pension;
« Et pour les artisans, 50 livres.
« On désire surtout des constructeurs de navires, des « forgerons, charpentiers, corroyeurs, selliers, chape- « liers, chaudronniers, jardiniers, mécaniciens, me- « nuisiers, scieurs, maçons, plâtriers, tailleurs de pierre,
« couvreurs, tanneurs. »