POUR L’ASSISTANCE A DOMICILE
ARTICLE PREMIER
Origine et premières formes de l’assistance à
domicile.
L’assistance à domicile occupe le premier rang parmi les secours publics, à raison de son importance, de son étendue; elle doit précéder et préparer, dans l’ordre naturel des choses, les autres modes d’assistance, qui ne sont appelés qu’à compléter ou suppléer ses œuvres.
Elle semble, au premier coup-d’œil, être l’espèce de secours la plus simple et la plus facile.
Elle est cependant celle qui s’est le plus tard établie, régularisée; elle est celle dont l’histoire est le moins connue, dont les principes sont le moins déterminés, dont l’application est le moins perfectionnée; il est même des contrées où elle est à peine introduite.
C’est que la bienfaisance publique s’éveille d’abord par les sollicitations qui lui arrivent; elle s’émeut des effets qui, les premiers, viennent frapper ses regards. Elle agit quand elle se sent provoquée. Les souffrances du pauvre retiré à l’écart, renfermé au sein de sa famille, restent longtemps pour elle un secret; elle ne songe point à soulager les maux qu’elle ignore.
Longtemps donc l’administration publique s’en est remise à l’action de la charité individuelle, du soin de découvrir et de soulager les pauvres à leur domicile. Les ministres des cultes sont devenus, dès l’origine, les dispensateurs
naturels de ce genre d’aumônes. Leurs exhortations ont provoqué les dons: l’exercice de leurs fonctions les rend confidens de l’infortune; ils servent ainsi d’intermédiaires entre le riche et l’indigent. Les diacres, dans l’église primitive, avaient l’honorable et touchante mission de recueillir et de distribuer les aumônes. Des troncs furent placés dans les temples, pour en recevoir le dépôt. Les secours à domicile furent ainsi considérés, offerts, administrés, comme une chose du domaine de la piété et de la conscience. Le voile du secret devait même environner ces bonnes actions, pour leur conserver tout leur mérite, avec leur pureté. Un tel mode d’assistance semblait se refuser à subir des règles, comme ’a manifester ses œuvres.
Tel fut, pendant plusieurs siècles , l’état des choses, dans la société chrétienne; il subsiste même encore en partie aujourd’hui ; il doit continuer, par l’effet des mêmes causes. Aussi longtemps que les ministres des autels seront pénétrés du véritable esprit de leur mission, ils seront les premiers bienfaiteurs des infortunés, comme leurs plus dévoués consolateurs; les dons des fidèles tendront aussi à s’écouler par leur organe, avec une juste confiance.
Lorsque le clergé était le distributeur exclusif des aumônes, une relation directe entre le riche et le pauvre se trouvait sans objet ; le pauvre ne se fait connaître des personnes laïques, qu’en allant frapper à leur porte.
Cependant, un premier mode d’assistance à