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RÉSULTATS DE CE GENRE D’ASSISTANCE

tantôt aa fabricant, tantôt au débitant et au boutiquier.

De là , sans doute, comme autant d’inévitables conséquences, les suites désastreuses qui en ont été tant de fois signalées, qui ont si souvent et si vivement excité les alarmes des hommes publics en Angleterre, attiré l’attention du parlement et provoqué une réforme dans la législation de la matière.

Ainsi s’était produit une tendance continue à l’extension des secours appelés extérieurs , en Angleterre. Chaque jour voit s’affaiblir, de la part de l’indigent, la répugnance à solliciter les secours; on voit s’accroître en même temps, pour le distributeur, et les difficultés qu’il rencontre pour apprécier les besoins réels, et les motifs pour accorder plus que le nécessaire [ij.

L’assistance si facilement prodiguée aux individus valides, tendait à les rendre moins propres au travail. A la campagne, on se plaignait de ce que la diligence, l’honnêteté, la capacité disparaissaient chez les travailleurs employés à l’exploitation des terres; le fermier ne trouvait plus que des êtres paresseux, ignorans, hostiles, dans les coopérateurs dont le concours et l’affection lui étaient nécessaires; il les voyait changer continuellement de services; il n’obtenait d’eux que les deux tiers de l’ouvrage qu’il en devait attendre; les égards mutuels cessaient entre eux. On se plaignait de ce que les travailleurs, ainsi assistés, n’exécutaient qu’un faible labeur, quoique mieux rétribués, que les travailleurs indépendans; les gens valides refusaient le travail offert, par la certitude d’être mieux traités en recourant à l’assistance de la paroisse [2J.

On a vu des fabricans se concerter avec leurs ouvriers, pour attester que ceux-ci ne gagnent pas une rétribution suffisante. Des branches entières de manufactures ne fleurissent que par l’abus des secours, et par les primes qu’elles en recueillent, à l’aide de l’abaissement des salaires [3]. Ainsi, l’ouvrier indépendant, laborieux , souffrait des faveurs accordées à l’in-

[1] On cite, parmi tes indigens admis et secourus, entre autres un emballeur qui gagnait une livre sterling par semaine, une veuve qui recevait de la compagnie des Indes une pension de 70 livres sterling, etc. On assure que 30 pour cent du montant du secours accordé sont dépensés à la taverne (Voyez le Rapport précité, p. 44). — Voyez aussi le Rapport du comité de la Chambre des communes, en 1817.

[2] Voyez le Rapport précité, t. !«•, p. G8 à 71 .

digent valide par le cours naturel des choses. Souvent le montant du secours surpassait celui du salaire réel. L’ouvrier indépendant est d ailleurs obligé* par les convenances, de conserver une tenue dont l’indigent est dispensé [4].

Mais, ceux-là même au profit desquels ces abus avaient été introduits, qui semblaient devoir profiler directement d’un tel système, ont été précisément ceux qui en ont ressenti les plus grands dommages. Ce système a augmenté et la misère qu’il eût dû soulager, et le mécontentement qu'il devait apaiser [5].

Envisageant le secours paroissial comme un privilège qui leur appartient, les indigens l'exigent à titre de créance; ils se plaignent de ce qu’il est trop limité, de ce qu’on exige d’eux quelque travail en retour. Le refuse-t-on, ils s’irritent. L’accorde-t-on , ils en abusent. Réclamant toujours davantage, ils finissent par se soulever contre les distributeurs qui ne peuvent suffire à les satisfaire. Ils se dégoûtent des occupations utiles; ils se dégradent; ils se livrent au désordre, à l’intempérance; ils perdent toute pudeur; les liens de famille se relâchent, se détruisent; il n’est pas pour elle d’intérêts communs; ses membres ne veulent plus s’aider, dans la maladie, s’ils ne sont payés à cette tin. la démoralisation parmi eux devient générale [6].

Du mécontentement qu’éprouvent à-la-fois et l’ouvrier indépendant qu'on décourage, et le valide paresseux qu’on ne réussit point à rassasier, des fausses combinaisons employées pour régler la distribution du travail, est née cette guerre funeste des salaires, qui a désolé quelque temps le territoire de l’industrie, et qui la menace d’une ruine totale. Le salaire soumis à un tarif artificiel est arraché par l’importunité, la fraude ou la violence; il est ensuite dissipé par l’intempérance. De là les émeutes, les troubles de l’année 1830 [7].

Les filles qui cèdent à la séduction, y trouvent un bénéfice. La fille-mère obtient le double de ce qui serait accordé à une veuve, chargée

« On a vu, disent les commissaires, un inspecteur de « paroisse forcer un propriétaire de renvoyer deux ex- « celions travailleurs pour prendre deux mauvais pau- « vres » (Ibid.^ ibid., p. 79).

[3] Rapport précité, p. 73 à 7(5.

[4] Ibid., ibid., p. 77.

[5] Ibid., ibid., p. 48 et 87.

[6] Ibid., ibid., p 49,50, 89 à 90.

[7] Ibid ., ibid., p. 87.

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