TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CIIAP. I
d’un enfant légitime [1]. Aussi se marie-t-elle plus facilement; les fautes qu’elle a commises servent à constituer sa dot. C’est même une spéculation productive, que de faire déclarer nul le mariage duquel sont nés des enfans, parce que la mère obtient ainsi , pour eux , la pension allouée aux enfans naturels, et c’est une ressource dont profitent en effet des Irlandais dont le ma- 1 iage n a été célébré que par la cérémonie du culte catholique [2].
Ici est le tableau trace par les témoignages les plus respectables, des abus qui s’étaient progressivement développés en Angleterre, par une vicieuse distribution des secours à domicile.
Ces abus, cependant, ne se reproduisaient pas partout au même degré, dans toutes les parties de l’Angleterre. M. Samuel Bernard, dans le précieux recueil de la société formée à Londres pour améliorer le sort des pauvres, a signalé plusieurs localités où le mode de secours adopté est soumis aux règles les plus sages [3]. Les enquêtes de 1817 et de 1834 attestent aussi qu’un certain nombre de paroisses forment une exception remarquable. Ce sont surtout celles ou les officiers de la paroisse ont eu la fermeté nécessaire pour exécuter les lois dans leur véritable esprit, et où ils ont eu le rare bonheur d’être soutenus dans cette difficile et courageuse persévérance [4].
Ce ne sont donc point précisément les lois ellesmêmes, ce n’est pas du moins le célèbre statut d’Elisabeth, ce n’est surtout pas le principe de cette législation, qu’il faudrait accuser des maux dont gémissait l’Angleterre ; ce serait seulement la vicieuse application que ces lois ont reçue. ■Telle est du moins l’opinion des Ruggles, des John H i 1 1 , des Pérégrine Courteriay, qui ont recueilli avec tant de soin les lumières de l’expérience acquise pendant deux siècles. Telle est celle du savant et judicieux économiste, M. Mac- Culloch. Telle est la conviction que se sont formée les commissaires des enquêtes exécutées avec tant de soin en 1817 et 1834, d’après le vœu du parlement. « Il résulte de l’enquête, di- <c sent les commissaires royaux, dans le rapport « présenté en 1834, qu’une subvention obligée
en faveur de 1 indigent, peut être générale- « ment administrée sur un principe sain et bien u défini, et que, sous 1 action de ce principe, on « obtiendrait une certitude plus complète que « l’indigent ne périrait pas par le besoin ; alors “ le mendiant et le vagabond seraient dépouillés “ de leur arme : le prétexte de la faim. Alors le “ Pays serait garanti en imposant des conditions “ te,,es qu’elles seraient aussi utiles à l’indigent assisté, qu’au pays dont il reçoit l’assitance » [5].
Le bill de 1834, rendu sur le rapport de ces commissaires, a donc tendu plutôt à détruire les abus nés d’une vicieuse application des règles anciennes, qu a changer dans ses principes essentiels, le système de ces règles. Déjà de notables ameliorations ont ete obtenues par le premier essai qui en a été fait, au milieu de nombreuses difficultés. On peut en juger par les résultats obtenus relativement à la taxe du pauvre en 1833 et 1856.
Année terminée au 25 mars
Montant de la taxe levée dans d’Angleterre et le pays de Galles. . . .
Sur quoi : employés en secours aux indigens. . .
En poursuites judiciaires, renvois de pauvres. . .
Frais relatifs à la taxe.
Pour autres sujets. . . .
7,373,8071. st. 6,354,537 l.st.
Assistance à domicile, donnée par des sociétés charitables, dans les villes de l’Angleterre.
On estime que les bienfaits répandus soit par des associations philanthropiques, soit par la charité individuelle, ajoutent encore au moins 5 ou 4 millions sterling, aux secours distribués en Angleterre et dans le pays de Galles.
En général , ces sociétés semblent avoir pour but essentiel, de suppléer à ce qui manque au régime d’administration des secours publics par
[1] Rapport précité, p. 169.
[2] On cite l’exemple d’un magistrat qui, dans un seul jour, a eu à prononcer sur 12 cas de nullités de ce genre (Voyez le Rapport précité, t. 1er. p. 177, 178).
[3] Il signale en particulier les directions données en 1798 aux inspecteurs du district de Stoke dans le comté
de Buks ; le mode de secours paroissial observé à Vendover-Buks; la manière de gouverner les indigens dans la paroisse de Sleipton-Moyne, comté de Glocesler, etc.
[4] Ibid., ibid., p.35 et 227.— [5] Voyez le Rapport précité, t. p. 227,228. —[g] Voyez le 2<-- Rapport annuel, 1833, append. du l«r tableau.