‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 242 sur 450 · ASSISTANCE PAR DES SOCIÉTÉS CHARITABLES · texte numérisé non relu

ASSISTANCE PAR DES SOCIÉTÉS CHARITABLES

les officiers de paroisse , c’est-à-dire d’aller à la recherche des indigens qui craignent de se produire eux-mêmes , de visiter plus ou moins assidûment les indigens secourus, de leur porter des consolations , des avis , des encouragemens, d’exercer sur eux une salutaire surveillance , en même temps que de les assister par des secours pécuniaires. Ainsi , bien que les sommes distribuées par ces associations viennent s’unir à celles qui proviennent de la taxe des pauvres, l’action morale exercée par ces sociétés est essentiellement différente , devient même et à quelques égards réparatrice des effets produits par l’emploi de cette taxe.

Souvent ces associations réunissent à-la-fois l’assistance morale et religieuse, à l’assistance matérielle; elles cherchent à répandre l’instruction, à encourager le travail, en même temps qu’à soulager la misère. La plupart d’entre elles s’attachent à une spécialité déterminée [1 ] .

La plupart des paroisses de Londres possèdent des sociétés bienfaisantes dont la sollicitude embrasse les nécessités des pauvres situés sur leur territoire [2]. Celle de Spitalfields , en 10 ans , a secouru près de 100,000 malheureux , y a consacré plus de 20,000 livres sterling. Il n’est pas dans la capitale de la Grande-Bretagne , de paroisse qui renferme autant d’indigens que celle de Spitalfields ; il n’en est pas aussi où la charité s’exécute d’une manière plus généreuse, plus active, plus éclairée. La société a établi pour principe fondamental, que les secours doivent reposer sur les informations les plus détaillées et les plus sévères. On visite assidûment les malades , les femmes en couche, les infirmes, les vieillards; on assiste avant tout les pauvres honteux ; les secours se règlent sur la conduite des indigens.

[1] Nous demandons la permission de renvoyer au tableau que nous en avons esquissé dans le Visiteur du pauvre ; on peut consulter surtout les deux ouvrages publiés par MM. Arrivabene et Gustave de Gérando, que nous avons déjà plusieurs fois cités et qui donnent sur ces sociétés des détails circonstanciés.

[2] Society for charitable purposes, etc.

[3] En 1809, le Dispensaire général, avait déjà soulagé à lui seul 125,310 malades. Le dispensaire de Surrey, fondé en 1777, avait, en 1809, été utile à plus de 92,000 malades; celui delà Cité, fondé en 1789, à 54,000; celui de bloomsbury, fondé en 1801, à 9000; celui de l’est, fondé en 1782, à 70,000; dans le Dispensaire royal universel pour les enfans, ouvert en 1818, 10,288 en-

Un grand nombre de dispensaires est également entretenu par des associations volontaires pour faire traiter les malades. Le premier exemple fut donné par le Dispensaire général , institué à Londres, et qui dutses succès au docteur Ilulme [3]. Un rapport du docteur Lettson fit sentir au public l’utilité de ce genre d’établissemeris, et sur le même modèle il s’en forma un grand nombre dans la capitale et dans les autres villes de l’Angleterre.

Plusieurs d’entre eux font en même temps l’office de bureaux de secours pour les noyés , les asphyxiés, et les personnes frappées d’autres accidens subits. La plupart ont un certain nombre de visiteurs qui se rendent au domicile des malades.

Nous devons au précieux recueil formé par la Société instituée à Londres pour améliorer le sort des pauvres, la connaissance d’une foule d’associations formées dans un but philanthropique sur tous les points de l’Angleterre , s’étendant quelquefois jusque dans les districts ruraux , et du bien qu'elles ont contribué à opérer par des moyens de tous genres. Cette estimable société embrassait elle-même toutes les branches de secours dans ses investigations, comme dans scs vues d’amélioration : la construction des chaumières, leurs jardins, l’alimentation des pauvres, leur chauffage, etc. [4]. Elle s'est occupée de guider les pauvres dans le choix des objets de leurs consommations, de les mettre à l’abri des bénéfices exagérés des détaillans, surtout à encourager leur activité et leur bonne conduite. Elle a donné d’excellens conseils aux personnes bienfaisantes.

Parmi les nombreuses sociétés qui se sont formées dans les diverses contrées de l’Angleterre, pour soulager les indigens à domicile, il

fans ont été admis pendant l’année 1822 seulement, et 22,330 pendant le cours des 5 premières années. Sur ce dernier nombre, 20.170 ont été guéris ou soulagés; 840 seulement ont succombé.

Il serait à désirer qu’on eût aussi les résultats comparatifs du nombre des malades guéris dans chacun de ces établissemens, et le tableau des malades qui y ont été traités, d’après le genre des maladies.

[4] Voyez les statuts de cette société dans le Recueil des mémoires sur les établissemens d'humanité, publié par ordre de François de Neufchâteau, tome xu, 1i 2 3>- cahier, n° 5, page 19G; et un résumé de ses opérations, dans l’introduction du 2y cahier du tome xiii.

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