ASSISTANCE A DOMICILE. HOLLANDE
des secours publies ; là où cette ressource est insuffisante , on y supplée par la taxe; mais la taxe n’est exigée que dans un seul cas, et par forme de supplément. 11 y a donc une portion des paroisses en Écosse, qui ne connaît point la taxe des pauvres; dans les autres, on dresse deux listes d’indigens : la première comprend les indigens assistés sur le fonds des collectes (kirksession) ; la seconde, ceux pour l’assistance desquels il faut recourir à une contribution répartie [i].
Il n’y a donc pas de réglement général et uniforme dans cette portion de l’Angleterre, pour l’exercice de la bienfaisance publique.
La distribution des secours est confiée, en Écosse, à une commission d’administrateurs pris parmi les propriétaires, les marguilliers , les contribuables, les notables , et dans les corporations de chaque localité. La répartition est généralement faite avec sagesse et mesure; et sans doute on est redevable au choix de ces administrateurs, qui donne au pauvre pour protecteurs et surveillans, ceux qui sont le mieux placés pour apprécier sa situation, et qui sympathisent le mieux avec ses souffrances.
Aussi s’accorde-t-on à reconnaître que les effets de ce régime sont généralement salutaires; on ne lui reproche point les inconvéniens et les abus qui, en Angleterre, ont excité tant de plaintes.
On doit à sir Morton Eden un précieux relevé du nombre des indigens comparé à celui des habilans, dans 508 paroisses de l’Ecosse. Il donne sur 1,026,245 habitans seulement, 18,069 indigens inscrits au rôle des secours publics : c’est environ 18 sur 1000, terme moyen ; c’est le 1/5 ou le 1/6 de la proportion qui existe en Angleterre [2]. Le docteur Chalmers nous apprend que, dans les paroisses rurales de l’Écosse, le montant des secours publics distribués ne s’élève pas au-dessus de 25 livres sterling par mille habitans; dans les paroisses qui n’ont point recours à la taxe, et qui soutiennent leurs indigens avec les seuls produits des libres offrandes recueillies dans les églises, cette dépense ne monte même qu’à 20 livres sterling par individu [3]. C’est à peine un trentième de la pro-
[1] Voyez le rapport du comité de l’assemblée générale de l’Église d’Écosse, en 1827, annexé aux rapports faits à la chambre des communes d’Angleterre, en 1818, appendice n« 11.
[2] Voyez État des pauvres , etc., appendice n° 19.
portion qui existe en Angleterre, entre la taxe des pauvres cl la population. D’après le témoignage du même auteur, cette somme de 20 livres sterling représenterait le cinquième du montant des secours indispensables aux indigens, sur une population de mille hab i taris, et les quatre autres cinquièmes seraient fournis par les bienfaits spontanés des particuliers. On serait conduit par celte expérience, à évaluer à une livre sterling environ par dix habitans, la totalité des secours nécessaires annuellement au soutien des indigens.
Dans les villes d’Écosse, les fonds destinés aux secours publics sont généralement centralisés; le produit de la taxe forme une caisse commune, et ses produits sont répartis entre les diverses paroisses, à raison de leurs besoins, pour suppléer à l’insuffisance des offrandes faites à la porte des églises. Le docteur Chalmers critique fortement ces mesures [4].
Le régime de secours adopté par les communautés religieuses dissidentes en Ecosse , paraît au docteur Chalmers, digne d’être pris pour modèle. Là, toute la charité est libre, volontaire; là, tout malheur est soulagé, parce qu’il est bien connu et qu’il trouve sympathie [5].
De l'assistance à do?nicile, dans le nord de
l'Europe.
Hollande.
Le vénérable Howard avait coutume de dire que , dans le cours entier de ses voyages, il n’avait rencontré nulle part un régime de secours aussi régulier, aussi parfaitement entendu que celui qui existait alors en Hollande, et si une telle autorité avait besoin d'être confirmée par d’autres témoignages, on pourrait en citer plus (l’un dans les écrivains qui ont été à portée d’observer ce pays, avant l’époque des désastres que la guerre a attirés sur lui, vers la fin
[3] Christian and civil Economy , 1. 11, chap. 15, p.186 et 209.
[4] Christian and civil Economy , t. 11 , chap. 12 p. 152.
[5] Ibid., chap. 13, p. 207.