‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 245 sur 450 · TROISIEME PARTIE. LIVRE II. CHAI». I · texte numérisé non relu

TROISIEME PARTIE. LIVRE II. CHAI». I

du siècle dernier. On a remarqué que les règles administratives adoptées en Hollande , depuis un temps assez reculé, pour la distribution des secours à domicile, ont une analogie assez marquée avec celles qui sont suivies en Écosse [1].

La rigueur du climat, la longueur des hivers, ajoutent beaucoup aux nécessités des pauvres, dans les régions du Nord , et le prix élevé des objets de première nécessité contribue encore, en Hollande, à rendre leur condition plus difficile. Ces circonstances elles- mêmes ont concouru, sans doute, à exciter tout ensemble, et le zèle de la bienfaisance individuelle, et la sollicitude de l’administration publique; les secours ont été plus abondans; ils ont été appliqués avec plus de discernement. On a sagement établi en principe, que l’hospitalité, dans les établissemens publics, devait être réservée aux malheureux qui ne peuvent être secourus dans le sein de leur propre famille. Les secours à domicile sont devenus ainsi la matière essentielle de la bienfaisance publique; il ont été organisés sur toute la surface du territoire. Les distributions sont faites essentiellement en nature ; elles consistent en pain, vêtemens, combustibles; elles se modifient suivant les saisons et les autres circonstances; elles se graduent suivant l’étendue des besoins de chaque famille, et suivant le nombre des membres qui la composent. Afin de parvenir à une répartition aussi bien réglée, l’administration des secours procède à des explorations diligentes, attentives, assidues : l’inspection des pauvres est exercée avec un soin qui permet difficilement au libertin, au paresseux, de surprendre la pitié publique. C’est dans cette vigilance que l’on cherche et que l’on trouve la garantie d’un bon emploi. Aussi la Hollande ne se plaint point d’être affligée par le fléau du paupérisme.

Une partie des sommes appliquées «à ce service provient du revenu des dotations, du produit des dons et legs ; une seconde est obtenue par des collectes volontaires, et c’est le fonds le plus considérable ; le surplus est fourni par les subventions des communes.

La proportion du montant des secours, soit avec le nombre des indigens, soit avec la population totale, varie suivant les provinces.

Dans la province de la Hollande septentrionale, le montant des secours publics est à-peu-

près de 7 florins par indigent, terme moyen; il s’élève jusqu a 20 florins, dans la Hollande méridionale; jusqu’à 22, dans la Zélande, dans la frise; jusqu a 2b, dans la province de Groningue. La moyenne est de 14 florins et demi, par indigent.

Le rapport du montant des secours à la population totale n’est que de 480 florins environ sur mille habitans, terme moyen ; dans la province de Frise, de 600 florins; dans celles de Drenthc et d’Over-Yssel, il s’élève à 1000 florins; dans celle d’Utrecht à 1400 florins environ ; dans celle de Groningue, à 1300 florins ; dans celle de la Hollande septentrionale et dans la Zélande, jusqu’à 2000 florins; dans celle de la Hollande méridionale, la moyenne est de 1100 florins, par mille habitans.

On compte actuellement en Hollande :

358 administrations de secours à domicile , dans les villes, et 2,528 dans les campagnes.

Totai. . . 2,884

Sur ce nombre, 2677 ont rendu leurs comptes en 185b, et fait connaître qu’elles avaient assisté :

Pendant l'année entière. . 114,551 indigens.

Et temporairement. . . 123,215

Total 237,766

Et sur ce nombre, dans les villages :

Pendant l’année. . . . 70,406 Temporairement. . . . 74.224

Total 144,630

Les secours distribués ont monté à 5,081 ,1 71 fl . 87 c., ou moyenne par indigent, 12 fl. 96, y compris les frais de sépulture [2].

Quoique les secours à domicile soient considérés en Hollande comme une branche de l’administration municipale, le gouvernement s’est réservé une haute inspection sur ce service et sa direction suprême.

Belgique,

La Belgique a conservé l’organisation des bu -

[i] Voyez la dernière partie de l’ouvrage de Howard, hollandais de Postelwhayt. — [2] f'oyagc en Holland' et l’article pauvres, dans le Dictionnaire de commerce et en Belgique , par M. Ramon de la Sagra, t. 1er, p. 118-

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