ASSISTANCE A DOMICILE. BELGIQUE ET HAMBOURG
reaux de bienfaisance établis par la législation française.
Leurs revenus, en 1832, s’élevaient ensemble à 3,308,099 f.
Depuis 1831 jusqu’en 1834, ces bureaux ont assisté 617,128 indigens;la moyenne des secours été de 8 fr. 60 par tête et par an [î] .
Les collectes volontaires y sont généralement moins productives qu’en Hollande; les secours y sont aussi généralement plus faibles, soit dans leur rapport avec la population totale, soit proportionnellement au nombre des indigens. Dans la province de Namur, la moyenne des secours distribués pour une population de mille habilans, ne s’élevait, en 1827, qu’à 230 florins; dans celles de Liège et de Limbourg, à 400. La moyenne des secours, par indigent, ne montait, dans la province de Namur, qu’à 1 florin 78; dans celles du Hainaut, de Liège, du Brabant méridional, elle ne s’élevait pas à 5 florins; la moyenne totale pour la Belgique était de 4 florins et demi par indigent.
La province de Luxembourg offre, sous le premier point de vue, un exemple remarquable. La somme totale employée aux secours ne donnait que 31 florins pour mille habitans, quoique la moyenne du secours fût de 6 florins 34/100 par tête d’indigent [?].
Hambourg..
Hambourg étaitdésolé par la mendicité et par la fausse indigence; devenu intolérable, l’excès de ce désordre en fit chercher le remède, et procura à l’administration des secours, dans les mesures qu’elle employa, l’appui de l’opinion publique.
On eut le bon esprit de faire reposer le régime des secours sur la base d’une information régulière. La ville lut divisée en soixante quartiers ; trois commissaires furent désignés par chaque quartier, et « le grand nombre d’hommes <t distingués qui offrirent de se charger de ces » pénibles fonctions, dit l’historien, attestera à u jamais le patriotisme bienfaisant des Hambour- « geois [3]. » On remit à chaque commissaire un tableau de questions relatives, en regard des-
[1] Voya<)Q précité, 1. 11, p. 86.
[2] Voyez les tableaux annexés au Rapport du mi-
quelles devait être tracé le résultat des vérifications faites sur la situation et les besoins de chaque famille pauvre, d’après des visites attentives et le témoignage des voisins. On estima approximativement ce qui était indispensable pour l’entretien du pauvre.
Ce préliminaire établi, on publia, au mois d’octobre 1788, un avis annonçant qu’à l’avenir aucun indigent, s’il méritait réellement l’assistance, ne devait rester ignoré; les pauvres furent informes, par des listes imprimées, du ressort assigné à chaque commissaire, et le public fut invité à diriger auprès de l’administration, tout indigent qui n’aurait pas été secouru.
Dès-lors, on cessa de faire la charité aux mendians.
Les commissaires établissaient, d’après des témoignages authentiques, s’il fallait ;
1° Accorder à l’indigent un secours hebdomadaire, ou seulement lui procurer de l’emploi;
2° Lui fournir des lits, des vêtemens, retirer des effets mis en gage ;
3° Faire traiter un malade, ou envoyer des enfans à l’école.
Sur une population de 107,000 habitans, il se trouva, en 1788, 3903 familles qui avaient besoin de prompts secours : elles comprenaient 7391 individus ,
Savoir : femmes 4/7 hommes 1/7 enfans 2/7
600 étaient sans lits; 2000 privés de linge.
Dix années étaient à peine écoulées, que la moitié des indigens était rendue à une vie utile, et pouvait gagner sa subsistance par le travail. Le nombre de ceux qui étaient assistés se trouva réduit aux termes suivans:
1° Vieillards septuagénaires 1.592
2° De 40 à 60 ans, atteints la plupart de maladies
chroniques 908
3° Au-dessous de 40 ans, estropiés et infirmes. . 189
Total 2,689
Tous étaient logés, couchés, vêtus, nourris, occupés.
Les mœurs des pauvres ressentirent, à Hambourg , une amélioration non moins heureuse que leur existence physique. La maison de cor-
nistre de l’intérieur du royaume de Pays-Ras, en 1828.
[3] Voy. l’Hist. de l’institut de Hambourg, 1838, p, 20.
rection , qui en contenait 446 en 1788, n’en comptait plus que 147 en 1798.
La guerre malheureusement vint troublcrces combinaisons salutaires , et les désastres qui accablèrent la ville de Hambourg, en multipliant les infortunés, renversèrent l’établissement formé pour les soulager. Cependant, le zèle des Hambourgeois ne s’est pas découragé. Dès 1814 et 1813, ils commencent à restaurer l’institut des pauvres; en 1817, une nouvelle instruction est publiée. En 1829, on la reproduit, on la complète ; chaque année un compterendu est imprimé , et fait connaître les fruits obtenus.
L’institut des pauvres est dirigé par un grand et un petit collèges , composés en partie de membres de l’administration publique, en partie d’inspecteurs des pauvres et de chefs des maisons de pauvres. Ces deux collèges sont divisés en députations ou commissions qui se partagent les diverses branches de service, savoir : la gestion des biens et de la caisse , le secrétariat, l’admission des pauvres, les écoles, le traitement des malades, les sépultures. Un administrateur supérieur préside au service dans chacun des six cercles de la ville ; il est assisté par des inspecteurs. Deux curateurs dans chacun des 68 quartiers, prennent soin des pauvres et sont chargés de tous les détails du service; chacun d’eux , terme moyen , pourvoit aux besoins de 20 familles.
L’institut accorde six espèces d’assistance:
1° Un secours ordinaire et hebdomadaire;
2° L’éducation gratuite des enfans;
5° Leur placement à la campagne;
4° Des secours extraordinaires en argent ou en vêtemens ;
5° Le traitement en cas de maladie ;
6° La recommandation pour faire admettre dans un établissement hospitalier, les indigens qui réunissent les conditions exigées.
L’institut se charge aussi quelquefois de la rétribution pour les funérailles, d’après les usages du pays.
II y a un secours temporaire et un secours définitif, un secours d’hiver et un secours d’été.
Les indigens n’obtiennent le secours permanent , que lorsqu’ils ont dans la ville un domicile de trois ans au moins; autrement ils reçoi-
[i] On recommande particulièrement de ne point accueillir trop facilement les plaintes fondées sur un prétendu manque de travail; car l'expérience enseigne que