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ASSISTANCE A DOMICILE. DANEMARK, SUÈDE ET NORWÈGE

les bons conseils, les consolations, les encouragemens. Il considère les soins d’ordre et de propreté , comme étant tout à-la-fois et possibles et nécessaires pour le pauvre.

Le minimum du secours ordinaire, par semaine, est de 8 pfennings; le maximum de 12 pfennings, pour une personne seule; de 3 marcs, pour une famille entière [i].

En 1836 , l’institut a assisté 3303 familles indigentes, tant en deniers qu’en nature. Le terme moyen de l’assistance a été de 36 marcs et 13 pfennings, par famille.

11,400 pauvres malades ont été traités gratuitement à domicile. Chaque malade a occasionné une dépense moyenne de 3 marcs 12 pfennings [2].

Indépendamment de cet institut, il existe à Hambourg une association charitable formée, depuis quelques années, par des dames qui se vouent au soulagement des pauvres et des malades. Les membres de cette association s’engagent à visiter personnellement les indigens , pour leur prêter une assistance morale et matérielle; elle s’impose la règle de ne donner que des secours en nature. Ces secours sont spécialement destinés à la classe des indigens honnêtes et estimables ; l’association prend donc, sur le compte de ceux qu’elle assiste, les informations les plus scrupuleuses ; elle cherche d’avance à s’assurer de la quotité des secours qu’ils reçoivent déjà , soit de la bienfaisance publique, soit de la charité privée, afin de ne lui fournir que le complément indispensable à leur subsistance. Elle encourage les indigens valides à exercer leurs forces , à exploiter leurs ressources , et, dans ce but, elle leur procure du travail quand ils cri manquent. Elle s’étudie surtout a améliorer les mœurs des indigens par les influences de la religion et de la morale; elle comprend la charité dans toute sa haute et sainte mission , comme un ministère d’amour [3].

Les bons exemples sont féconds. Les villes de

[1] Le marc commun de Hambourg vaut 1 fr. 53 cent, monnaie de France, et le pfenning environ 10 cent.

[2] Voyez le Précis de l’histoirede V institut de Hambourg, que M. le baron de Voght vient de publier en allemand. Hambourg, 1838, p 160.

Brême, de Lubeck, ont suivi celui qu’avait donné Hambourg [4]. Le Danemarck, voisin et témoin du bien qui s’était opéré, assisté par les conseils d’un philanthrope qui y avait puissamment contribué , s’associa à ces bienfaisantes institutions. Déjà Kicl , dans le Holstein, et quelques villes du Jutland, avaient formé des établissemens de secours sur les mêmes principes ; déjà le pasteur Rezcwilz avait attiré l’attention publique et les méditations des gens de bien sur les soins à donner aux pauvres [5] , lorsque le gouvernement voulut, en 1792, en donner un à Copenhague, qui put servir de modèle. Le réglement du 9 mars 1793 présenta une sorte de code au régime des secours à domicile, dans cette capitale et ses faubourgs. Unité dans la direction, division du travail dans l’action exécutive, examen préalable de la situation de l’indigent, visites fréquentes, surveillance assidue, règles prescrites pour que l’indigent n’obtienne que le juste degré d’assistance indispensable; telles sont les bases principales de ce régime.

Les administrateurs, fonctionnaires gratuits et choisis parmi les notables, se partagent les districts, et chaque district est formé de manière à contenir environ quinze familles indigentes, dont l’administrateur devient ainsi comme le tuteur légal. A ce titre, il examine, constate, inspecte, assiste, donne tous les soins d’une bonté éclairée ; mais aussi guide de ses conseils, excite à la diligence, à l’économie, à l’ordre, à la propreté [6].

On distingue les secours entiers et les secours partiels ; ceux d’hiver et ceux d’été.

Le secours entier est limité à un maximum fixe; il est réservé à ceux qui sont entièrement dépourvus et ne peuvent rien gagner.

Le secours partiel est gradué d’après certaines conditions; il est subordonné , par exemple, au nombre et à l’àge des enfans, à la réunion de plusieurs individus dans une vie commune, à la possibilité d’être aidé par des pareils, des amis , des voisins.

On paie quelquefois le loyer; mais on ne fournit jamais à l’indigent la somme destinée à l’acquitter. Les secours sont donnés en nature, et les objets qui les composent sont obtenus à un

[5] Voyez le2e Rapport publié par M. Sieveknig sur cette association , à Hambourg, 1854.

[4] Magasin de Goettingue , t. 1er, 4e partie, art. 13.

[5] Ueber die Besorgung der Armen. Copenhague, 1769.— [6] Voyez le réglement du 9 mars 1792, art. 21.

prix moindre que celui auquel il les aurait achetés [1].

Un tribunal de police est institué spécialement pour les pauvres; la direction des pauvres est elle-même investie d’une autorité légale, pour réprimer un certain genre de fautes qui ne pourraient être l’objet de poursuites judiciaires : elle punit l’ivresse, la paresse, la brutalité, la désobéissance des enfans , la dureté des parens, le manque de respect des indigens envers leurs supérieurs. Les peines peuvent être infligées par trois directeurs ou administrateurs réunis; elles consistent à subir des réprimandes publiques , à faire amende honorable , à être détenu pour quatre semaines dans la maison de force [2].

On évalue à 14 écus [3] par tête et par an, la somme nécessaire, à Copenhague, pour la subsistance d’un indigent. A l’établissement du régime fondé en 1792, une somme de 90,000 écus a été la dépense annuelle des secours à domicile pour environ 4000 familles qui furent alorstrouvées, par le dénombrement, en droit d’y participer. Les 2/3 de cette somme furent fournis par des dons volontaires. Pour provoquer et recueillir ces dons, on eut recours à des souscriptions, à des quêtes; on plaça des troncs chez les marchands et banquiers, aux tribunaux, dans les auberges, les cafés, les clubs, les cabarets, dans tous les lieux fréquentés; on donna des concerts et des représentations théâtrales. Le surplus de la somme a été fourni par des perceptions établies à cet effet et par le produit de certaines amendes.

Malheureusement, la guerre survenue de 1807 à 1815, le changement opéré dans le système monétaire du Danemark, déconcertèrent l’administration des secours, et accrurent d’une manière imprévue le nombre des indigens. On voulut accroître aussi les ressources ; on recourut à des taxes qui paralysèrent la bienfaisance privée et multiplièrent les prétentions de ceux qui aspiraient à en partager les produits.

La Norwège, la Suède ont adopté un système de secours à domicile conçu dans le même esprit que celui dont Hambourg avait offert l’exemple. Fondé sur la classification des pauvres comme sur sa base, éclairé par les investigations et la surveillance, réglé dans les limites des besoins réels, il paraît avoir porté ses fruits, sans

[1] Voy. le réglement du 9 mars 1792, art. 31 à 37.

[2] Ibid., ibid ., art. 152 à 157. — [S] L’écu corres-

L1VRE II. Cil AI>. I.

avoir entraîné aucune exagération , ni occasionné aucun abus.

De l'assistance à domicile en Àllema(jnet

Prusse.

Déjà, et depuis un temps assez reculé , les caisses des pauvres de divers états, et spécialement celles de la Silésie, avaient adopté des règles pleines de sagesse. Cependant, vers la tin du siècle dernier, ces institutions obtinrent des améliorations remarquables. Le pasteur Wagemanu, le chanoine de Rochow, et d’autres philanthropes chez lesquels le zèle s’unissait aux lumières, donnèrent à-la-fois les avis et les exemples. Une louable émulation fut excitée. Les gouvernemens s’associèrent à ces généreuses pensées. Depuis 1815, elles ont pris encore un nouvel essor.

Le régime des secours à domicile est placé, en Prusse, sous la direction supérieure du gouvernement, et lui est redevable de l’unité et de la régularité qui y président. La confection de la liste des pauvres et leur classement sont les mesures essentielles qui préludent à toute distribution. Des directeurs choisis parmi les notables examinent et vérifient scrupuleusement la situation du pauvre. La liste est renouvelée chaque année, discutée et arrêtée par le magistrat ; la liste générale du cercle est adressée au gouverneur. Le nombre des indigens assistés paraît être de 21 sur 100 moindre qu'à Hambourg; les secours qu’ils reçoivent, plus faibles aussi de 28 pour 100 [4]. La première classe des indigens comprend ceux qui 11e peuvent se procurer par eux-mêmes aucune portion de leur subsistance, ou qui du moins ne peuvent gagner audelà de 1 kreutzer et demi par jour; elle reçoit le secours entier. La seconde classe comprend ceux qui peuvent s’aider eux-mêmes, en gagnant jusqu’à un demi-gros; elle reçoit la demi-portion, à titre de complément. L’orphelin touche la portion entière ; l’enfant qui a encore ses pa-

pOnd à environ 2 francs 83 cent, monnaie de France.

[4] Voyez Julius : Jahrbiicher; 1833 , pag. 502 et suiv.

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