ASSISTANCE A DOMICILE. PRUSSE
rens, la demi-portion. Les distributions consistent, partie en grain ou en pain, partie en argent ; les indigens reçoivent aussi la sépulture sans frais et d’une manière décente. Le premier fonds destiné à y pourvoir se compose de dons privés et volontaires, de quêtes dans les églises, calés, auberges et autres lieux publics; on présente la bourse des pauvres aux baptêmes, noces etautres réjouissances ; on la porte touslcs quinze jours chez les particuliers aisés. Les biens des pauvres décédés sans héritiers, le produit de certaines amendes, forment une seconde source de moyens; enfin, en cas d’insuffisance, une contribution additionnelle est exigée des habitans, mais ne peut excéder le 1/ 12e de celle qu’ils paient à l’état.
L’administration des secours publics de la ville de Berlin avait eu à lutter, pendant quelques-unes des années du commencement de ce siècle, contre des circonstances fâcheuses qui avaient tout à-la-fois accru les besoins et affaibli les ressources; elle cessa, en 1805, de faire arrêter ses comptes; en 1814. de les établir. En 1821 seulement, l’autorité municipale fit connaître au public le résultat de ses opérations ; à dater de la même époque, un nouveau régime fut organisé [i] , et dès-lors , en devenant accessible aux études des amis de l’humanité , elle leur présente d’utiles sujets d’expérience.
L’un des principaux mérites de ce régime consiste dans l’unité qui y préside, l’harmonie qui règne entre ses élémens.
Soixante-ct-une commissions subordonnées à la direction des pauvres qui leur sert de centre, se partagent les divers quartiers de la capitale. Chacune d’elles se compose d’un certain nombre de députés, de manière à ce que chaque député soit chargé de l’inspection de 10 à 12 ménages indigens. A chaque commission sont attachés un médecin, un oculiste, un chirurgien, un pharmacien [2].
Cette administration embrasse, en même temps que les secours à domicile , les écoles gratuites, l’hospice des orphelins, la maison de travail, l’hospice destiné à recueillir les vieillards des deux sexes, et trois autres plus petits réservés aux vieilles femmes [3]. Chaque commission est
[1] Voyez le travail publié à Berlin, en 1828, par ta direction des pauvres, sous le titre : Die oeffentliche Armenpflege in Berlin , p. 1 et 2.
[?] Voyez le travail précité. Beilage A, p. 257.
chargée d’examiner la situation des indigens qui réclament les secours, de leur distribuer les secours mensuels ordinaires, ou les secours extraordinaires en argent qui sonlaccordésdans des cas pressans, de faire traiter gratuitement les malades, de procurer le chauiïge pendant l’hiver, de faire admettre les enfans aux écoles ; elle prend soin de les faire vacciner, place les orphelins dans des familles particulières, veille à leur bien-être physique et moral , présente à la direction les vieillards, les infirmes, pour les faire admettre dans les asiles publics, fait donner d’une manière convenable la sépulture religieuse et civile aux morts; elle fait délivrer les certificats d’indigence, obtenir l’exemption des impôts à ceux que la misère met hors d’état de les acquitter, provoque et recueille les dons volontaires, exerce, enfin, sur la conduite des pauvres une surveillance assidue et éclairée. On a eu le bonheur de rencontrer des hommes dévoués et capables, en nombre suffisantpour bien remplir ces pénibles et délicates fonctions [4].
Il n’est rien à quoi l’on s’attache avec plus de soin , que de recueillir sur les indigens qui sollicitent les secours, les informations lesplus complètes. Des feuilles dont le modèle est imprimé , renferment une série de vingt-cinq questions qui embrassent tous les détails de leur situation, et auxquelles il doit être satisfait avant que l’inscription aux secours soitaccordée [5]. Elles comprennent l’âge, l’état de la santé, la capacité du travail, les ressources antérieures, les causes qui les ont détruites ou rendues insuffisantes; le nombre des membres de la famille et les circonstances qui leur sont personnelles, l’appui que l’indigent peut espérer de ses parens , amis, voisins, etc. On a soin de lui faire connaître d’avance que la caisse des pauvres deviendra son héritière, et de s’assurer qu’il accepte cette condition.
L’administration publique a fort bien senti , à Berlin , ce qui rendrait désirable un concert général et permanent, entre les opérations des sociétés privées de bienfaisance, et la direction des pauvres. Un ordre du cabinet [6] et une publication du magistrat [7] ont provoqué cet accord, en ont fixé la base. La direction a réussi à
[3] Ibid., ibid., lre section, p. 5.
[4] Voyez l’ouvrage cité plus haut, p. 12 et 52.
[5] Ibid., ibid., page 58. — [6] En date du 5 mai 1819. [7] En date du 4 février 1825.