LIVRE II. CIIAP. I
fonder ces utiles relations avec trente-deux institutions libres de la capitale de la Prusse fi].
Le nombre des indigens malades admis chaque année au traitement, roule entre 10,600 ou 12,000. Sur une moyenne de 11,080, 7612 ont été guéris ; 1486 ont été transportés à l’hôpital, et 622 ont succombé. Le rapport des décès aux guérisons est ainsi de 1 à 12.
Les frais occasionnés par le traitement des malades roulent entre 11 et 15,000 écus : moyenne 12,700 écus. C’est un peu plus d’un écu par malade [2]. Sur cette somme, les médicamens figurent pour environ 7000 écus; le traitement des médecins et chirurgiens , pour 4000 à 5000; les bains, pour 200 à 270 [3]; les frais de sépulture, pour 150 à 160.
La dotation des diverses caisses qui dépendent de cette administration, comprend un capital de plus de 200,000 écus de Prusse, lequel s’accroît chaque année du montant d’un grand nombre de legs et de donations.
Les secours à domicile proprement dits occasionnent une dépense moyenne de 38,800 écus, répartie entre 3175 indigens : c’est près de 13 écus par ménage et par année [4].
Les villes de Berlin et de Postdam doivent au conseiller aulique de Krantz, une institution spéciale, fondée il y a 40 ans, pour soutenir les ouvriers qu’une circonstance quelconque prive de pouvoir exercer leurs métiers. Une réunion de souscripteurs l’entretient; deux d’entre eux visitent l’indigent , et proposent le secours s’il y a lieu. Les associations de ce genre sont, depuis cette époque, fort multipliées en Allemagne.
Berlin possède aussi des associations et des caisses de secours, dans chaque paroisse, pour diverses corporations. Cette capitale compte encore au moins dix fondations charitables et diverses sociétés qui se proposent un but plus ou moins analogue.
Saxe : Leipzig.
Tous les états de l’Allemagne n’ont point en-
core londé un régime général et régulier de secours à domicile, ou 11e l’ont pas perfectionné au même degré. Dans un grand nombre d’entre eux, ce régime a reçu , cependant, surtout depuis 1815, une forme nouvelle et un développement bien entendu. Il suffira d’en citer ici quelques exemples.
A Leipzig, cette institution porte un caractère essentiellement municipal ; elle a été exécutée en 1830. L’institut qui a été fondé à cette époque, se rapproche à beaucoup d’égards de celui de Hambourg [5]. Il ne se borne point à soulager l’indigent, à lui conserver l’existence ; il s’applique surtout, par une sage et bonne direction des secours, à faire en sorte, que les ind igens continuent à se rendre utiles à la société, ou le deviennent autant qu’il est possible. Il ne reconnaît comme vrais indigens que ceux auxquels manquent soit les forces physiques ou la capacité intellectuelle pour le travail, soit l’occasion de travailler. Il offre ses avis à ceux qui tombent dans la misère par le défaut de diligence ou d’économie ; mais ne les assiste que s’ils suivent ces avis, et les abandonne à euxmêmes s’ils les repoussent. II ne rejette point les malheureux qui sont tombés dans l’indigence par leurs propres fautes ; mais il lient compte de ces fautes dans la mesure et l’emploi des secours [e]. 11 ne pourvoit qu’aux nécessités indispensables,et seulement entant que le pauvre ne peut y subvenir par ses propres ressources. Dèslors, il met un soin attentif à définir, à consta ter ces nécessités, comme à apprécier ces ressources. II exige le travail de ceux qui en sont capables, et suivant la mesure de leurs forces; il l’exige des vieillards et des enfans eux-mêmes, suivanlle mode et la proportion qui conviennent à leur âge ; il en procure l’occasion à chacun d’eux ; il assigne divers degrés à l’indigence, et distribue les secours sur une échelle correspondante. Il marque aussi la durée des besoins, la variation qu’ils subissent en raison des saisons et des circonstances; son assistance cesse ou se modifie dans les mêmes rapports; elle diminue par conséquent en été.
Le maximum du secours, calculé pour un
[1] Voyez l’ouvrage ci-dessus cité, p.24.
[2] Ibid., ibid., p. 62 et 64. — On a omis de faire connaître quelle est la durée moyenne de la maladie.
[3] On fait un usage assez abondant des bains russes; le nombre de ceux qui sont administrés dépasse 6000 dans l’année.
[4] L’écu, rixdaler ou thaler de Prusse équivaut,
comme on sait, à environ 3 fr. 71 c. monnaie de France.
[5] Voir un écrit publié à Leipzig, en allemand, sous ce titre : Exposition du nouvel établissement des pauvres, érigé en 1830, et un extrait de cet ouvrage dans le Bulletin de la société des établissemens charitables de Paris, t. 1er, p. 265.
[6] V oyez l’écrit ci-dessus cité, sect. 5, art. 5 à 8, 11.