ASSISTANCE A DOMICILE. SAXE ET WEIMAR
adulte en santé, sur la totalité des besoins de nécessité première, est évalué comme il suit :
Habillement. . . 8 écus 15 gros par an.
45 écus 12 gros, ou 177 fr. 45.
Et par semaine 21 gros; 5 fr. 2.
Le secours en nature obtient toujours une juste préférence [i].
L’institut de Leipzig a réalisé une idée dont le vœu a été plus d’une fois exprimé par les philanthropes. Il s’est occupé de loger les indigens qui se logent toujours si mal eux-mêmes ; il a offert, sous le même toit, une habitation convenable à ceux qui pouvaient être ainsi réunis. Un réglement préside à celte espèce de communauté, y maintient l’ordre et l’harmonie. L’institut aide les autres à acquitter le prix du loyer; mais en s’entendant directement avec le propriétaire, et sans jamais prendre un engagement, ni acquitter la totalité [2].
Le service de santé assiste les indigens malades. Les médecins qui y sont attachés donnent leur avis sur l’opportunité du transport à l’hôpital. S’il est possible et plus à propos de faire traiter le malade à domicile, on lui procure les soins, les médicamens, le bouillon; le médecin alors doit tenir un registre exact de la marche et de l’issue de la maladie [3].
La visite des indigens est confiée à un ordre spécial de fonctionnaires : les Patrons des Pauvres (Armen-Pfleger) ; Leipzig a le bonheur de trouver dans ses murs assez de citoyens charitables pour se dévouer à ces pénibles fonctions, de manière à ce que chacun d’eux ait sous son patronage 25 à 50 familles. Ces patrons ou visiteurs ont un double office : ils examinent la situation de l’indigent qui se présente, et les titres qu’elle peut lui donner à l’assistance ; ils surveillent la conduite de l’indigent assisté, et dirigent l’emploi des secours. Une feuille d’informations destinée à faire connaître tous les détails de la situation de l’indigent, renferme 60 questions auxquelles il doit être satisfait; et le visiteur doit donner son avis dans un rapport dont le modèle renferme 28 articles [4]. Tout est prévu dans ce double cadre. Mais l’une des plus
[1] Écrit ci-dessus cité, art. 1 à 4, 14 à 25, 50, 52, 40.
[2] Ibid., ibid., art. 42 à 4(5. —[3] Ibid., ibid., sect. G.
[4] Ibid., ibid., sect. 15, art. 1 à 49.
Alimens chauds. . 15
Pain 8
Loyer 8
Chauffage et éclairage 6
nobles fonctions, l’un des devoirs les plus essentiels du patron, est d’entretenir ou de ramener l’indigent dans les voies de la morale ; de le diriger et de le contenir par ses conseils, ses encouragemens, de lui servir de consolateur. Des instructions rédigées dans un excellent esprit le guident à son tour.
Leipzig, centre d’un vaste commerce, théâtre de foires célèbres, reçoit beaucoup d’étrangers. La bienfaisance a dû se montrer hospitalière envers eux. Un ordre spécial de secours a été organisé dans ce but ; le commerce en a fait les fonds; l’institut des pauvres l’applique. 11 est accordé quelquefois à des marchands qui se trouveraient dans le besoin; et s’élève alors de 16 gros à 4 thalers [5]; quelquefois, aux ouvriers compagnons qui n’ont pu trouver d’ouvrage; quelquefois, aux indigens de passage; quelquefois même, aux mendians recommandés par la police. Il est limité dans ces deux derniers cas, à un taux pour l’un de 5 à 16 gros; pour l’autre à 2 ou 4.
La réunion qui préside à cet institut, sous le titre de Directoire des pauvres , se divise en plusieurs comités qui gèrent ou surveillent les diverses branches de services. Des inspecteurs de district embrassent l’ensemble du service dans leurs quartiers respectifs, et servent de centre aux opérations, pour les faire concourir au but [6].
Indépendamment de cet institut , Leipzig possède aussi une administration publique des aumônes [7], dont l’existence remonte, si nous ne nous trompons, à une ancienne époque, et dont l’office consiste à distribuer, en effet, des aumônes aux indigens de la ville ou étrangers; elle procure aussi un traitement gratuit aux malades, places des enfans dans des ateliers, donne la sépulture gratuite.
Weimar.
La capitale du grand-duché de Saxe-Weimar, dont le nom rappelle tant et de si hautes gloires littéraires, mérite d’occuper aussi un rang distingué dans l’histoire des établissemens utiles à l’humanité. L’administration des secours a do-
[5] De 2 fr. GO c. à 15 fr. 60 c.
[6] Voyez l’ouvrage ci-dessus cité, sect. 14.
[7] liaths-Almosen-Amt.
TROISIÈME PARITE.
micile y participe du caractère d’une institution municipale, mais se coordonne avec l’action du gouvernement; elle rallie en même temps à elle la direction eu la surveillance de diverses londations de bienfaisance, et, en leur servant de centre, elle imprime aussi à l’ensemble des opérations une salutaire harmonie. Elle est assistée par les préposés des divers quartiers de la ville, et par un certain nombre de Patrons des pauvres, choisis parmi les notables habitans, sur les rapports desquels les secours sont accordés, déterminés, qui président à l’emploi de ces secours, et qui exercent sur les indigens une inspection légale.
Indépendamment des secours en argent, Ses indigens sont assistés pour le paiement de leurs loyers; ils reçoivent des secours en pain, soupes, vêtemens, chauffage, médicamens, bains, bandages; ils obtiennent gratuitement les soins du médecin, du chirurgien, des gardes-malades. Sur une population d’environ 10,000 habilans, 300 à 330 familles participent aux distributions de secours et d’argent. Le montant de ce secours varie depuis un jusqu’à seize gros, par semaine [ i] . Quelques familles obtiennent par an au-delà de 20 thalers [2] ; mais la moyenne est de 7 thalers [3] par famille. Les secours en argent forment environ la moitié de la totalité de l’assistance.
Les personnes que la loi ou le devoir appellent à assister les malheureux, celles qui leur sont unies par les liens de famille ou par ceux des corporations, spécialement dans les communautés d’arts et métiers, sont tenues d’abord d’accomplir cette obligation, et les secours publics ne sont accordés que dans le cas où cette première assistance serait impossible ou insuffisante. On n’assiste les indigens qui n’ont point le domicile légal, que dans le cas d’urgente nécessité, et sous la réserve du remboursement. Tout indigent, quels que soient son âge, sa débilité, ses infirmités même, doit employer utile-