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ASSISTANCE A DOMICILE. BADE ET SUISSE

Grand-duché de Bade.

Ici encore, le gouvernement concourt, des deniers publics, à compléter les sommes nécessaires à l’assistance du pauvre; il dirige, protège, surveille le système général de la bienfaisance publique; une société libre et généreuse s’allie à l’administration, dans tous les degrés de la hiérarchie, et du centre déploie scs ramifications sur toute l’étendue du territoire. Elle est essentiellement composée de dames; son siège principal est à Carlsrube; scs annexes ou succursales sont à Heidelberg , Manheim , Fribourg, etc.

Le secours est réglé d’après la situation personnelle de l’indigent, sa capacité, ses ressources, ses besoins réels. On examine donc scrupuleusement avant tout s’il n’est pas sollicité par la fainéantise. Il est mesuré aussi sur le mérite et la conduite de l’indigent, sans toutefois que les torts du malheureux autorisent jamais l’extrême rigueur d’un refus absolu.

Les malades et les infirmes occupent le premier rang parmi les indigens assistés; ils sont secourus, même alors qu’ils ne seraient pas dénués de toutes ressources, si les frais de la maladie sont au-dessus de leurs forces. Les médecins et chirurgiens publics sont tenus de les soigner gratuitement ; les médicamens sont fournis sur les ordonnances de ces hommes de l’art, par les pharmaciens, suivant une taxe ; le prix en est remboursé par la caisse dotale des aumônes, et à défaut par la caisse centrale. Le coucher, les alimens reconnus nécessaires au malade pauvre, sont fournis de la même manière. Le médecin doit aussi avertir, lorsque la maladie est de longue durée, et prévenir du moment où le malade est rétabli. En cas d’urgente nécessité, tout autre médecin ou chirurgien doit aussi prêter son assistance; mais alors ses visites lui sont payées d’après la taxe. Les indigens reçoivent aussi gratuitement une sépulture décente.

L’âge, la faiblesse, l’impuissance au travail forment une seconde classe d’indigens, assistés à domicile par des fournitures d’alimens, de vêtemens, de chauffage. On les aide aussi à acquitter leurs loyers.

A Carlsruhe, une somme de 50 mille florins

[î] En 1832, 29,324 florins et 37. — [2] C'est environ

environ est employée en secours à domicile [1]. Elle se répartit sur environ 200 familles indigentes, formant un millier d’individus. C’est environ 150 florins, terme moyen, par famille et par an, ou 50 florins par tête [2J.

De Vassistunce à domicile en Suisse .

Dans aucune région en Europe , excepté l’Angleterre, la recherche des moyens les plus propres à prévenir et à soulager l’indigence n’a excité un intérêt plus vif et plus universel qu’en Suisse ; nulle part les hommes éclairés et les amis du bien ne concourent avec une plus louable émulation à l’accomplissement de cette grande œuvre. De grandes améliorations résulteront certainement, à une époque prochaine, du concours de leurs études et de leurs efforts. Contraint de saisir aujourd’hui le système des secours à domicile dans les cantons helvétiques, tel qu’il est, à la veille des perfeclionnemens qui se préparent, nous y puiserons cependant d’utiles exemples, et nous nous instruirons aussi par les critiques qu’il éprouve.

Les secours à domicile sont distribués en Suisse avec une libéralité très-étendue; ils dérivent de 5 sources : les bourses des pauvres, les subventions communales, les tribus ou corporations, les associations de souscripteurs, les aumônes privées. Ceux qui y participent se divisent en deux classes : les uns en jouissent à titre de droit, en vertu des privilèges de bourgeoisie; les autres les reçoivent comme des bienfaits purement facultatifs.

Les bourses de pauvres sont, en Suisse, comme en Allemagne, le résultat d’anciennes fondations pieuses qui se perpétuent en diverses localités. Leur produit varie d'une manière sensible; il n’est jamais et ne peut être en rapport avec le nombre et les besoins réels des indigens; aucune règle, aucune condition ne sont déterminées pour l’emploi des revenus. Dans un assez grand nombre de communes , elles suffisent pour assister les indigens. Mais la plus grande partie, se trouvant insuffisante, recourt à la caisse municipale. Les souscriptions, à peine ouvertes, sont toujours généreusement remplies ; quelquefois il s’en forme plusieurs à-la-fois dans une seule et même ville.

67 francs 50 cent., à raison de2 francs 25 cent, par florin.

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