‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 256 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CHAR. J · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CHAR. J

On se plaint de ce que les secours accordés sur les fonds publics sont généralement délivrés en argent, appliqués avec peu de discernement; de ce que l’indigence née du vice, de la dissipation, usurpe trop facilement, à titre de droit, l’assistance qui ne serait due qu’au malheur; de ce qu’on impose au pauvre l’obligation de présenter lui-même sa demande, au lieu d’aller à la recherche de l’infortune cachée et timide; de ce que l’administration des secours manque trop souvent d’indépendance, de fermeté ou de lumières ; de ce que les secours se croisent, au lieu d’être distribués de concert. On signale, spécialement dans le canton de Vaud , des communes où le quart des habitans est porté sur la liste des pauvres. Dans ce canton où règne une aisance si générale, le huitième de la populalation , à ce qu’on assure, participe aux secours publics [i].

Mais on aime à faire connaître aussi quelques exemples dignes d’étude. Ainsi, à Nyon , les personnes charitables ont eu l’heureuse idée de se partager les familles indigentes, en prenant chacune la résolution de ne s’occuper que de celles qui leur sont confiées; elles ont ainsi réalisé ce patronage direct et individuel qui est la base essentielle d’un bon régime d’assistance.

A Zurich, chaque indigent assisté est placé sous la surveillance d’un membre de l 'Institut de secours , qui doit faire tous les trois mois un rapport sur la conduite et la situation de cet indigent.

Il existe dans presque tous les chefs-lieux de cantons helvétiques, des sociétés de secours ou des directions charitables, dont le zèle s’applique essentiellement à la distribution des secours à domicile, ctqui publientannuellement Iecompterendu de leurs opérations. A Bâle, trois sociétés se partagent l’assistance des malades, la visite des indigens auxquels sont remis des secours en nature, la confection des soupes économiques.

A Berne, pendant que l’hôpital des bourgeois distribue aux familles bourgeoises pauvres , de

[1] Voyez un écrit très-intéressant, publié en 1833, à Berne, sous ce titre : Briefe iiber das J rmen-ivesen, voorziiglich im Canton Bern.

Voyez aussi un écrit très-bien pensé, de M. le pasteur Berger : Du paupérisme dans le canton de Vaud. Lausanne, 1836.

Voyez enfin les Actes de la Société suisse d’utilité publique, pour les années 1835, 1838 et 1837.

[2] Sur une population de 174,000 âmes. On est frappé

1 argent, des denrées; pendant que les abbayes (anciennes confréries et tribus) soutiennent ceux de leurs membres qui sont atteints par l’indigence, la direction des pauvres pourvoit aux nécessités des habitans de la ville qui ne jouissent ni du privilège de la bourgeoisie, ni de celui de l’incorporation. Mais ces habitans, pour être secourus, doivent avoir séjourné plusieurs années dans la ville, y avoir travaillé, y avoir mérité l’estime par leur conduite. Chaque quartier a son directeur, ses visiteurs, ses médecins : près de 300 familles participent à cette dernière classe de bienfaits.

A Lausanne, la Chambre des pauvres bourgeois, celle des pauvres habitans, celle dite des Creuzers , la Société de bienfaisance, se répartissent l’assistance tà domicile, suivant la condition des indigens ou la nature des secours.

Le gouvernement du canton de Vaud a l’usage de faire, au commencement de chaque année, une distribution générale de secours aux indigens; mais elle ne produit guère que 3 ou 4 francs pour chacun. Les communes de ce canton, d’après une moyenne de dix années, dépensent annuellement 370,000 fr. environ [2] pour le soulagement de leurs pauvres; 22,600 individus y participent. Sur ce nombre, 1820 sont étrangers au canton; 7301 sont en état de travailler; 1000 ont l’habitude de mendier; 1100 sont infirmes; 3300 sont invalides par l’effet de l’âge; 670 appartiennent à la classe des enfans illégitimes; 1900, à celle des veuves et des orphelins.

Indépendamment des secours distribués par l’hôpital, divers établissemens concourent, dans la ville de Genève, au soulagement des pauvres : le bureau de bienfaisance, la commission de secours, la société de secours, la fondation ïronchin; diverses bourses sont instituées dans la même ville pour l’assistance des indigens étrangers [3].

Les 10 communes rurales qui environnent cette ville ont conservé les bureaux de bienfai-

de voir que le nombre des indigens est proportionnellement moins fort dans les villes; il est beaucoup plus considérable dans les communes catholiques. (Voyez Du paupérisme dans le canton de Faud. p. 3 et 4).

[5] La bourse française en assistait en 1817. 131

La bourse italienne 22

La bourse allemande 27

La bourse luthérienne 29

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