‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 257 sur 450 · ASSISTANCE A DOMICILE. ITALIE · texte numérisé non relu

ASSISTANCE A DOMICILE. ITALIE

sance qu’elles tenaient de l’organisation française.

Les cantons protestans ont en général remplacé les secours que distribuaient avant la réformation les ordres religieux supprimés, par des institutions civiles auxquelles ils ont affecté le revenu des anciennes fondations. C’est ainsi que r Atmosen-Anslalt de Ilâle avait consacré une dotation d’environ 40 mille florins de revenus, avec le produit de laquelle il assistait environ 300 indigens [i].

De r assistance à domicile en I/alie.

Le pays de toute l’Europe le plus visité, l’Italie, est l’un de ceux qui sont le moins bien connus. La brillante parure que lui composent ses monumens, les chefs-d’œuvre des arts, captive les regards et les éblouit. Ses institutions , ses mœurs se dérobent à l’étude.

Le régime des secours publics suivi dans ces belles contrées a donc été peu exploré. On est frappé à l’aspect des majestueux édifices qui servent d’asile aux diverses classes d’infortunés; mais on a peu de notions sur les secours portés à la demeure de l’indigent. Une misère apparente s’étale trop souvent sur la voie publique sous les formes les plus hideuses. Celle qui se dérobe aux regards n’est pas l’objet d’investigations régulières ; les recensemens qui en sont dressés, s’il en existe, la nature et l’étendue des souiagemens qui lui sont donnés, sont rarement portés à la connaissance du public.

Cependant, la charité chrétienne qui a multiplié sur tous les points de l’Italie les asiles ouverts à l’infortune, qui les a si richement dotés, n’a pas cessé de s’exercer aussi avec une libéralité indéfinie, sur les indigens retenus dans leurs propres demeures. Généralement, cette branche d’assistance n’était soumise à aucune

[1] On peut consulter sur le régime des secours publics en Suisse, une notice fort précieuse publiée par M. le professeur Chavannes, dans la Feuille du canton de Daud, année 1827, n. 179 et 180.

L’auteur du présent ouvrage a publié aussi sur le même sujet, en 1831, quelques notices d’après les informations qu’il avait recueillies en Suisse, dans le Bulletin de la société des établissemens charitables, 1. 1, n. 3 et 4. — Mais on trouvera surtout une abondante

règle. I)cs distributions abondantes se faisaient périodiquement aux portes des monastères et des palais ; on y admettait tous les individus qui se présentaient. Les ecclésiastiques, dépositaires des aumônes privées, étaient à-peu-près les seuls dispensateurs des secours donnés à domicile; il n’existait aucun rôle des pauvres, aucune classification; les résultats étaient nécessairement ignorés. Au commencement de ce siècle, les gouvernemens de l’Italie ont cependant commencé à comprendre que celte branche de la bienfaisance publique est aussi pour l’état et un intérêt et un devoir. L’administration française, pendant qu’elle a été en vigueur dans une portion de ritalie, a concouru à introduire un régime de dispensation régulière pour ce service.

A une époque où les circonstances avaient singulièrement multiplié à Rome les infortunes privées, l’administration française dut s’occuper avec une vive sollicitude de leur apporter les souiagemens nécessaires. Elle eut le bonheur de pouvoir s’aider des conseils de l’illustre philanthrope qui, après avoir créé les établissemens de Hambourg, avait si puissamment concouru à améliorer ceux de l’Autriche , du Danemark, etc. [2]. Le régime des secours à domicile fut organisé à Rome d’après les plans les plus parfaits que l’expérience ail jusqu’à ce jour suggérés en Europe, et s’y établit sans effort et avec le succès le plus complet. Le nombre des personnes qui se présentèrent pour participer aux nouvelles distributions dépassa 30 mille; mais des informations prises avec soin réduisirent le nombre des vrais indigens à 12 ou 13 mille; c’est-à-dire environ à un neuvième de la population. Les secours furent accordés en nature ; les pauvres furent visités assidûment ; une somme de 170 mille écus romains, portée ensuite à 220 mille, pourvut aux besoins de cette foule de malheureux [3]. Le même régime fut étendu à tout l’état romain.

Ce régime, momentanément suspendu, a été remis en vigueur, avecquelques modifications, par

instruction dans les rapports annuels que publient les diverses associations charitables dans ce pays.

[2] M. le baron de Voght voulut bien se rendre à Rome, tout exprès pour apporter son généreux concours à cette grande œuvre, en accédant aux vœux de l’amitié, qui se félicite de pouvoir exprimer ici sa gratitude envers cet homme de bien.

[3] Voyez les Etudes statistiques sur Borne . parle comte de Tournon, liv. vi. chap. 7.

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