‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 258 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CIIAP. I · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CIIAP. I

le souverain pontife Léon xii. Un motu-proprio du 16 décembre 1826 en détermine les règles. La direction du service est centralisée dans la Commission des secours, présidée par un cardinal. Chaque quartier, chaque paroisse d’un quartier ont leur congrégation chargée de former le tableau des pauvres, de s’enquérir de leurs besoins. La commission seule statue sur la quotité et la répartition des secours. Les indigens sont visités soigneusement; des précautions sont prises pour le bon emploi des secours. L’assistance se partage en trois branches : ordinaire, extraordinaire, et d'urgence. Les effets remis aux indigens sont fabriqués à la maison de travail , marqués d’un timbre ; il est interdit sous des peines sévères de les vendre et de les acheter. Le trésor pontifical fournit annuellement 172,000 écus à la commission des secours.

Du reste, plusieurs anciennes institutions concourent encore, dans la capitale du monde chrétien , à répandre des aumônes sur des pauvres domiciliés. Ainsi, X Aumônerie apostolique fondée par Innocent xii distribue 500 écus par mois, le plus souvent sur les ordres du pape lui-mème, et fournit les fonds des distributions périodiques que l’on fait en monnaie, aux fêtes de Pâques, de Noël , et à l’anniversaire du couronnement du pape régnant [i]. Ainsi la caisse de la Daterie, celle des Brefs, celle de la loterie, ont aussi leurs distributions, soit individuelles, soit générales. Plusieurs congrégations ou confréries assistent, chacune suivant leurs ressources et dans leurs sphères respectives, les pauvres qu’elles prennent sous leur patronage. Les revenus de plusieurs fondations spéciales sont appliqués dans le même but. Quelques-unes de ces institutions assurent des dots aux jeunes filles. Il en est une qui promet aux pauvres l’assistance gratuite des gens de loi, dans toutes les affaires litigieuses [2] ; il en est une qui fournit des aumônes aux détenus [3].

Les administrations civiles, qui avaient été in-

[1] Ces secours sont d’un demi-paule ou d’un paule par tête. La dernière ne s’élève pas à moins de 2400 écus romains.

[2] La confrérie de St-Yves.

[3] L’archi-confrérie de St-Jérôme.

Voyez DegV istituti di pubblica carità in Homa, 5e partie.

[4] En 1851,1a somme totale distribuée sur le revenu

slituées dans le royaume d’Italie, sous le gouvernement de Napoléon, pour les secours à domicile, ont été maintenues par le gouvernement autrichien sous une autre forme. Les congrégations de charité président à ce service dans la plupart des villes, en même temps qu’aux autres branches de la bienfaisance publique.

Un grand nombre de fondations plus ou moins anciennes (Luoghi pii) alimentent en diverses manières le même service. A Milan, par exemple, 1 institution de Ste-Corone fait soigner gratuitement les malades qui peuvent être traités chez eux; sur le produit de diverses autres fondations, on distribue annuellement plus de mille dots, et chaque semaine, des secours individuels pour une somme de plus de 506,000 1. italiennes [4]. Dans la seule province de Venise, on compte 6 commissions de bienfaisance et 298 instituts aumôniers. 5500 pauvres participent aux secours ordinaires; 72,600 reçoivent une assistance extraordinaire, suivant les circonstances et l’étendue de leurs besoins. Le trésor public supplée pour un 5e environ, à l’insuffisance des revenus.

L’application des secours à domicile est confiée aussi , en Piémont , à des congrégations de charité, établies sur les divers points du territoire, subordonnées à des congrégations provinciales qui, elles-mêmes, ressortissent d’une congrégation générale résidant à Turin , et présidée par l’archevêque de cette ville [5]. Les associations de charité, les fondations pieuses viennent concourir au même but; elles pourvoient spécialement aux besoins d’une classe de pauvres qui mérite les plus grands égards, et qu’il est difficile de découvrir, celle des pauvres honteux. La congrégation de St-Paul a été fondée en 1565, à Turin, dans celte louable intention; elle a chargé 12 visiteurs de prendre soin des pauvres honteux , dans les divers quartiers de la capitale. Elle fait traiter aussi gratuitement les malades pauvres, à domicile. L’œuvre pie de St-Louis de Gonzague, dans la même

de ces fondations, s’est élevé à 558,000 livres italiennes.

[5] Cette organisation a été réglée par des lettres-patentes du 20 juillet 1719.

En Savoie , la direction supérieure est confiée à un Conseil supérieur de charité, et les distributions des secours à des conseils de charité locaux (ordre royal du 15 juin 1825). Cette organisation semble imitée de l'ordonnance royale rendue en France le 51 octobre 1821.

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