SYSTÈME GÉNÉRAL DES SECOURS A DOMICILE EN FRANCE
cité, diverses associations de dames de charité, formées dans les diverses paroisses, visitent, assistent les indigens incapables de travail , à raison de leurs infirmités [1]. Elles recueillent les souscriptions de leurs membres et les dons des particuliers.
L 'office de la miséricorde , à Gênes, remonte à l’année 1500; le magistrat de la miséricorde, à 1449; l’institution des dames de la miséricorde, à 1506. Tous trois coopèrent à l’assistance des pauvres; le second joignait à ces fonctions l’exercice d’une juridiction destinée à assurer la conservation du patrimoine des pauvres. Naples possédait au commencement du xvne siècle, u w mont de la miséricorde et un mont des pauvres , fondés par des nobles napolitains, pour assister les pauvres honteux, les infirmes , les prisonniers , et distribuer des dots à de jeunes filles indigentes. A Florence, la respectable institution des Bons-Hommes de St-Martin prend soin des pauvres honteux; la congrégation de St-Jcan-Baptiste , érigée en 1700 , distribue du pain, des vêtemens , des lits, aux familles les plus misérables. A Sienne, la compagnie dite des disciplinaires , embrasse, dans des libéralités, des services variés et inlelligens en faveur des pauvres; la compagnie de la miséricorde assiste les malades à domicile, et se charge même de les garder quand leur étatl’cxige.
Les compagnies de la miséricorde sont fort anciennes en Italie ; elles y sont aussi fort multipliées ; la plupart d’entre elles ont pour objet l’assistance des prisonniers.
On est affligé de voir les anciennes congrégations charitables de l’Italie dégénérer quelquefois avec le temps. Mais l’autorité publique a pris soin de ramener ces institutions au but pour lequel elles avaient été fondées; on rend à un grand nombre la justice qu’elles restent fidèles à l’esprit de leur création [2].
Considéré dans son ensemble, le régime des secours publics paraît suffire pleinement , en Italie, aux nécessités de la classe indigente, par les ressources que mettent à sa disposition les abondans revenus des élablissemcns charitables partout où il reçoit une direction prudente , bien entendue [3]. Mais, dans des contrées où le penchant à la mendicité est favorisé
[1] Une ordonnance royale du 8 niai 1826 a donné à cet institut des réglemens fort sages.
[2] Voyez M. le comte Petili de ïtoreto : Saggio sulla mendicità . etc.; 1. 11, chap. 11, art. 7.
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par diverses circonstances, la libéralité de l’assistance n’a souvent que trop contribué à encourager cette mendicité qu’elle cherchait à éteindre, en lui faisant seulement prendre une autre forme. Un administrateur des secours publics en Italie, aussi distingué par son zèle que par ses lumières, signalait, il y a peu d’années encore, cette fâcheuse tendance et les suites funestes qu’elle entraîne pour l’aisance et la moralité du peuple. Il cite en particulier la ville de Crémone qui, en 1824, sur une population de 28,000 habitans , comptait 1750 pauvres entretenus aux frais du public, et dans leur nombre 1600 secourus à domicile [4].
ARTICLE Vil.
France.
Système général des secours à domicile.
L’assistance des indigens à domicile occupa de bonne heure en France la sollicitude de nos rois. On aime à voir saint Louis en poser les bases, en chargeant des commissaires de dresser le rôle des pauvres laboureurs, que l’Age ou les infirmités mettraient hors d’état de travailler, afin d’assurer leur soulagement. Les ordonnances de 1556. 1546, 1586 confient aux curés, vicaires et marguilliers le soin de dresser le rôle des indigens, pour leur distribuer l’aumône raisonnable. La déclaration de juin 1642 institua les bureaux des pauvres, en y appelant un choix de notables habitans avec les curés et les marguilliers, et traça quelques règles pour la distribution des secours.
Le plan proposé à l’Assemblée constituante, par son comité de mendicité, tendait à séculariser entièrement cette branche de la bienfaisance publique, à déterminer par des règles légales les conditions d’admission aux secours, leur quotité, le mode de leur application : il resta en projet. Les nombreux décrets par lesquels la Convention nationale essaya ensuite de réaliser ce plan, en le construisant sur les bases les plus
[3] Ibid.,ibid., art. 8.
[4] M.le comte Folchino Schizzi. Voyez la préface de sa traduction italienne du Fisiteur du pauvre, p. xxvm et suiv.