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SECOURS A DOMICILE DANS LES DÉPARTEMENS

se cache , à la découvrir adroitement , à relever son courage abattu par des secours non mendiés, et surtout par des moyens de travail. Les pauvres honteux , voilà l’objet spécial de sa sollicitude ; belle inspiration que l’administration publique ne saurait réaliser , et dont l’exécution est tout à-la-fois salutaire et difficile ! pensée dont l’accomplissement estsurtout désirable dans les grandes villes [1] !

Quelques exemples des secours à domicile, sur divers points de la France.

A Lyon, la distribution des secours à domicile est confiée à six bureaux de charité, composés chacun de 12 administrateurs, sous la direction suprême d’un conseil général et d’une commission administrative de cinq membres, qui portent ainsi dans les opérations l’ensemble et l’harmonie. Dix à onze mille indigens, sur une population del45 mille habitans , participent à ces secours ^généralement donnés en nature, et dont la valeur totale s’élève annuellement de G4 à 70 mille francs. C’est environ 6 à 7 francs, par tête et par an. Mais, à côté de cette administration civile et municipale, presque toutes les paroisses de la ville possèdent des sociétés des dames de la miséricorde , et ce qu’on appelle les œuvres de la marmite , desservies par des sœurs, institutions qui datent de plus d’un siècle, formées et animées par la charité religieuse, placées sous la direction des curés, qui cependant se concertent quelquefois aussi avec les bureaux de bienfaisance. Les dames de la miséricorde contribuent à-la-fois et par leurs souscriptions, et par l’activité de leurs soins , visitent les pauvres, leur distribuent le pain , le bouillon , les pommes-de-terre , le charbon , et

procurent aux malades le traitement gratuit et les soins nécessaires.

Plusieurs œuvres spéciales, formées dans divers quartiers de la même ville , assistent à domicile un certain nombre de vieillards, d’infirmes , de malades.

Une association de souscripteurs a érigé, sous le nom de Dispensaire, une institution analogue à celles qui existent à Paris, pour le traitement des malades à domicile. Son service est divise en Barrondissemens. 1500 à 1700 malades en recueillent chaque année les bienfaits. Le nombre de ceux qui sont guéris est à-peu-près de la moitié; la mortalité est à-peu-près de 1 décès sur 13 malades traités ou sur 6 et 1/2 guéris. Les malades ne peuvent rester plus de trois moisen traitement. La moyenne de la dépense est d’un peu plus de 0 francs par malade , pour toute la durée du traitement.

Parmi une foule d’établissemens philanthropiques dignes d’intérêt, Lyon en a vu former un, dans ses murs , pour l’assistance des malades à domicile , dont, si nous ne nous trompons, elle a donné le premier exemple, celui des gardesmalades ou veilleurse t veilleuses charitables. Né en 1831 , il a reçu des améliorations récentes. Leur service est gratuit ; il est organisé par paroisse; il se beaux opérations du dispensaire; il est réparti de manière à ce que chaque veilleur ou veilleuse soit appelé à tour de rôle. Les gardes-malades joignent à leurs soins empressés les exemples et l’influence des vertus chrétiennes. Pris dans la classe peu aisée, ils vont, après les fatigues de la journée , passer la nuit auprès du lit d’un pauvre souffrant , et lui portent ainsi un tribut bien méritoire.

Cinq maisons de secours sont dirigées à Bordeaux, par les bureaux de bienfaisance qui ressortissent eux-mêmes d’une administration centrale ; elles sont desservies par des sœurs de charité; 18 mille indigens environ, sur une

[1] Les bienfaits de la famille royale forment à eux seuls une branche essentielle de secours, qui vient se joindre aux divers modes d’assistance à domicile. Distribués avec une abondante libéralité, avec un discernement attentif, avec une rare délicatesse , ils ne sont jamais sollicités en vain, ils ne se font jamais attendre; ils vont souvent chercher ces infortunes qui se dérobent aux regards, qui s’aggravent par les souvenirs du passé; ils ménagent la dignité du malheur en consolant ses peines; ils joignent souvent aux dons les témoignages d’un généreux intérêt. Leur application, du

reste , n’est point concertée avec les opérations de l’administration publique; souvent il en résulte un double emploi; mais souvent aussi le secret est une condition imposée à cet ordre de secours, par les circonstances qui l’appellent et par les motifs qui l’accordent.

Pendant la restauration, la grande-aumônerie distribuait une assez grande abondance de secours pécuniaires sur des fonds provenant du produit des jeux. Ces secours étaient généralement accordés sur des listes arrêtées par les curés de la capitale.

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