‹ De la bienfaisance publiqueChapitre 281 sur 450 · TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CHAP. II · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. LIVRE II. CHAP. II

Irer pour une part plus ou moins sensible, dans le régime alimentaire de la classe des indigens qui est affaiblie par l’âge , les infirmités où l’excès de la misère : en Angleterre les pauvres euxmêmes mangent de la viande [i],

11 ne s’agit pas d’accorder à l’indigent au-delà de 1 absolu nécessaire; il ne s’agit que de ranimer, de fortifier, par des alimens plus substantiels, un malheureux qui , en recouvrant ses forces , recouvrera ses moyens d’existence.

La culture de la pomme de terre est venue, de nos jours, offrir une précieuse ressource pour les indigens; aliment sain, agréable, nourrissant, son prix est ordinairement modique, son apprêt est facile. Les bureaux de bienfaisance, dans les campagnes, devraient avoir chacun un petit champ de pommes de terre cultivé par les indigens eux-mêmes, ou, à défaut, faire une collecte de ces tubercules auprès des propriétaires aisés qui en récoltent. La distribution de quelques boisseaux de pommes de terreaux ménages indigens, qui se pratique dans certaines localités, est quelquefois plus convenable que celle du pain.

En Italie, dans les États-Unis, on fait, pour la nourriture du pauvre, un usage très-utile de la farine de maïs, préparée soit en soupe, soit en polenta. Rumpford avait beaucoup recommandé 1 usage de celte substance, et avec raison. Il n’en est pas qui soit plus salubre , et qui, avec des propriétés aussi nourrissantes, fatigue moins l’estomac. Son analyse chimique a fait connaître qu’elle renferme beaucoup de gomme: elle convient aux tempéramens les plus faibles, aux santés les plus ruinées; elle est favorable même aux malades; son prix est très-modéré; elle se prépare très-facilement et de diverses manières. Nous nous étonnons qu’on n’en fasse pas un usage plus fréquent et plus général pour le régime des indigens [2].

Des vêtemens.

S agit-il de vêtir le pauvre? des réflexions du même genre se présentent. Il y a ici une question d économie, une question d’hygiène ; il y a aussi une question de morale.

La question d’économie consiste à déterminer les vêtemens qui, au prix le plus modique, font le meilleur usage. Sa solution se modifie suivant les lieux, les climats, les temps, suivant les progrès de l’industrie. Les progrès de l’industrie permettent aujourd’hui de mieux vêtir le pauvre à moins de frais; de lui fournir des tissus de coton, des objets tricotés, qui autrefois n’étaient pas à son usage. Puissent-ils étendre chaque jour ce bienfait [3]!

La question hygiénique n’a point encore obtenu , de l’administration des secours publics, l’attention qu’elle mérite. Le choix des vêtemens importe beaucoup à la santé du pauvre. Le manque de linge et l’insuffisance des vêtemens sont, au témoignage unanime des médecins, l’une des causes les plus fréquentes des maladies dont il est atteint. De là le défaut de propreté; de l'a les incommodités produites par les rigueurs de la température, les intempéries de la saison, surtout pour les personnes que leur travail appelle en plein air. Que le pauvre puisse toujours couvrir sa tête et avoir les pieds chauds; il serait à désirer que l’industrie parvînt à mettre les tissus imperméables à sa portée, par la modicité des prix; alors, avec des vêtemens et une coiffure plus simples, il serait mieux garanti.

La question morale a aussi son intérêt; il faut au pauvre du linge et des vêtemens qui lui permettent de conserver les habitudes de propreté, et de se présenter convenablement. Quelque misérable qu’il soit, évitons-lui tout ce qui

Malades 62,398 [1] Voyez la préface de M. IVassaifaux Foreign com-

Employés et gens de service. . . 1 ,054 munications onpoor laïcs. Londres, 1834, p. 102.

Indigens 12,800 [2] La culture du maïs demande à être propagée en

89,123 kil. d'os y ont été employés. Fiance ; les départemens de l’est et ceux du midi sont

2,824 hectolitres de charbon ont été consommés par les seuls où son mérite soit apprécié. On peut tirer cette préparation. aussi à bas prixjde l'Amérique des^approvisionnemens

Des appareils semblables fonctionnent à Lille, à de cette farine.

Lyon, à Metz; dans la première de ces villes, le litre M En certains lieux, à Stuttgard, par exemple, on a de soupe revient à 7 cent, et 1/2 , et le litre de bouillon découvert le moyen d’employer les débris des vieux haaccompagné d’une ration de soupe à 22 et 1/2 cent, billemens de laine, en les lavant, en les cardant, pei- ( Voyez les diverses notices publiées à ce sujet par gnant, filant, et en tissant ensuite, mêlées avec des fils M. d’Arcet). neufs, les matières qu’on en retire.

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