LIVRE II. CHAH. II
mense, alors même qu’elles se borneraient à laire adopter au pauvre un bon régime hygiénique, si elles pouvaient y réussir.
Les sœurs de charité, qui, parmi notis, desservent des maisons de secours, sont admirables dans leur zèle à visiter les malades; leur coupd’œil est exercé ; elles forment d’excellens auxiliaires pour les hommes de l’art. L’institution des veilleuses charitables, si heureusement conçue et exécutée à Lyon, a un autre avantage : elles demeurent d’une manière continue près du lit du malade; elles peuvent ainsi donner les soins constans que souvent le traitement exige. Puisse cette institution se généraliser dans nos villes ! A défaut et en attendant, on cherchera dans la famille, parmi les parens, les amis du malade, et souvent avec succès parmi d’autres Pauvres, des personnes intelligentes et dévouées pour lui rendre les services que son état réclame.
Les curés de villages, parmi tant de belles attributions qui leur appartiennent, deviennent aussi d’excellens auxiliaires au médecin du pauvre, lorsque eux-mêmes possèdent quelques notions §ur [es maladies les plus ordinaires, sur les médicamens d’un usage le plus général. Ils suppléent, s’il le faut, le médecin, et dans tous les cas le secondent.
Mais les sœurs, les garde-malades, les ecclésiastiques, ne doivent jamais oublier qu’ils ne sont pas médecins, et vouloir, dans les cas difficiles surtout, substituer leurs avis aux prescriptions des gens de l’art. Qu’ils soient munis du moins d’un bon formulaire et d’un manuel pratique sur la préparation et l’emploi des médicamens simples [i].
Une institution, sous le nom de Cliniques ambulantes [2], prit naissance en Allemagne vers la fin du siècle dernier, et offre un exemple digne d’être imité. Conçues d’abord dans l’intérêt de la science, ces cliniques ont été dirigées vers un but d’humanité. Elles furent essayées par quelques universités qui n’avaient point à leur portée d’hôpitaux propres à servir de théâtre pour l’enseignement de la clinique médicale. La première fut établie à Gœllingue, de 1775 à 1782, par le célèbre professeur Baldinger ; il choisissait parmi les indigens les malades qu’il
Le conseil général des hospices de Parisa aussi adopté etpublié, le 13 juillet 1830, un réglement sur le même service.
[2] Ou institution de visites pour les malades (Besuchs- Anstalten ).