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TRAITEMENT DES MALADES A DOMICILE

visitait, suivi de quelques élèves, et en traitait ainsi 70 à 80 par mois. Erlangen suivit cet exemple en 1779, sur une plus grande échelle; Halle, en 1788; Iéna, en 1791. Les bons effets qu’on obtint firent donner bientôt à l’institution plus d’étendue; Hambourg, le Hanovre et la plupart des contrées de l’Allemagne, la complétèrent successivement en organisant un service général pour le traitement gratuit des pauvres [i].

Le vrai médecin des pauvres est loin de considérer sa tâche comme accomplie, quand il a tracé une ordonnance; ses conseils embrassent le régime entier du malade; il examine si l’infortuné est pourvu de tous les objets qu’exige le succès du traitement, s’il reçoit les soins nécessaires. Il remonte à l’origine présumée du mal, afin de connaître si la misère n’en est pas la vraie cause, ou si des excès ou des désordres y ont contribué. Il ne lui suffit pas de guérir le malade; il lui donne, pour l’avenir, de salutaires conseils; il l’éclaire sur les écarts, les erreurs qui pourraient encore compromettre sa santé; il lui trace les règles d’une bonne hygiène. Une carrière indéfinie s’ouvre à la charité du médecin des pauvres bien pénétré de l’esprit de sa mission : il sait consoler, encourager le malheureux qu’accablent à-la-fois tant de disgrâces; il lui cherche des protecteurs ; il en remplit J’office.

L’établissement des bains gratuits figure au premier rang pour les services rendus aux indigens; il n’apporte pas seulement un précieux moyen de traitement en cas de maladie; il fait aussi partie essentielle d’un bon régime hygiénique. Dansla plupart des villes de l’Allemagne, ce service fait partie de l’institut des pauvres; les bains sont donnés sur la prescription du médecin , au moyen d’un billet dont l’indigent est porteur. A Munich, la modique somme de 200 llorins par an suffit à cette dépense [2].

Les eaux thermales, les bains de mer, si utiles pour la cure de certaines infirmités, sont malheureusement peu accessibles aux pauvres gens qui n’habitent pas dans les environs. Mais une bienfaisance éclairée a levé pour eux une portion des obstacles. Le bon roi Stanislas avait fondé en Lorraine un fonds de secours spécial ,

pour transporter et faire traiter un certain nombre d’indigens , aux eaux de Plombières. A Ems, 120 pauvres sont logés, nourris, traités gratuitement pendant la saison des bains, à l’aide de quelques fondations, et des dons versés par les personnes qui fréquentent Les bains [a]. A Londres, une société charitable, formée en 1796, procure aux pauvres des bains de mer ; elle a fait construire à cet effet une maison près de Margate; on les y transporte à peu de frais, sur la Tamise; ils y sont soignés et nourris à raison de 5 shillings pour les adultes, et 2 et 1/2 pour les enfans, par semaine. La chimie, qui est parvenue de nos jours à imiter artificiellement les eaux thermales, offre le moyen de rapprocher le remède, de l’indigent qui ne peut aller le chercher. Ces préparations artificielles, exécutées dans les hôpitaux et hospices des villes, si elles n’offrent pas absolument les mêmes avantages, permettent cependant d’administrer aux pauvres, suivant les besoins , des bains composés, des fumigations et des douches. A Paris, les beaux appareils de l’hôpital Saint-Louis donnent gratuitement des bains composés, à tous les indigens inscrits qui y sont envoyés par les médecins.

Les indigens malades peuvent être traités à domicile sous trois formes différentes : par les consultations et le traitement externe donné dans les hôpitaux, par les dispensaires, par les bureaux de bienfaisance ou autres administrations de secours analogues. Mais ces trois formes ne s’appliquent pas aux mêmes circonstances.

La première convient aux pauvres, atteints d’infirmités qui leur permettent de sortir de chez eux, comme les maladies de la peau, des yeux, les rhumatismes, les ulcères, etc. Ils trouvent dans les hôpitaux ou hospices les bains, les pansemens, appareils , et certains genres de préparations médicales ; ces secours leur sont donnés sous la surveillance des médecins.

Les dispensaires , généralement établis par des sociétés de souscripteurs , 11e peuvent assister des indigens réduits à une extrême détresse. Ne iournissant ni linge, ni coucher, ni bouillon, ni aliment, ils supposent que le malade est en possession de toutes ces choses, ou peut se les procurer par lui-même; ils supposent aussi

[1] Voyez Hæberl, Abhandlung iiber ocffentlichc Armen-und Krankenpflege. Munich, 1813, pages 182 et 2 13.

[ü] Voy. l'ouvrage irifitulé

Historisch-statistiche

Darstellung der Armen-Pflege in München. Munich. 1808, p. 85. — [3] Le séjour et le traitement de chaque malade cause une dépense d'environ 10 flor. La durée du séjour est évaluée à 4 semaines.

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